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L’organisation et la passation des évaluations nationales dans le premier degré (rapport de l’Igesr), [qui a concerné aussi des CP à 12]. Les commentaires du Café et de ToutEduc

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L’organisation et la passation des évaluations nationales dans le premier degré

À la rentrée 2019, des évaluations nationales exhaustives ont eu lieu à l’entrée en CP et enCE1. Ces évaluations sont conçues par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) en collaboration étroite avec le conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN). Il s’agit de la deuxième année de mise en place de ce dispositif.

En septembre 2019, des inspecteurs généraux se sont déplacés dans vingt-trois académies pour observer plus de deux cents séquences de passation collective et individuelle et mener des entretiens avec plus de cent-cinquante enseignants.

Ils ont pu constater que cette seconde édition des évaluations nationales à ces niveaux a pu bénéficier de l’expérience de l’année précédente qui a permis d’apporter certains ajustements utiles au dispositif. Si les évaluations proposées correspondent globalement aux attentes des enseignants qui ont, le plus souvent, supprimé les évaluations locales préexistantes, des évolutions sont néanmoins encore attendues en particulier pour les évaluations de mathématiques.

Les enseignants ont également pu s’appuyer sur l’expérience acquise l’année dernière pour que les passations se déroulent dans de bonnes conditions. Ils ont veillé à ce que tous les élèves puissent être évalués, y compris les élèves en situation de handicap. Les enseignants ont organisé les séquences de passation dans des conditions rassurantes, permettant d’éviter le stress des élèves, tout en veillant au respect des consignes indiquées afin qu’ils puissent ultérieurement comparer les résultats de leurs élèves avec des résultats plus larges (circonscription ou département).

Auteurs : Brigitte Bruschini, Ollivier Hunault, Johan Yebbou (pilotes), Philippe Galais, Bertrand Richet, Marena Turin-Bartier, inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche

Télécharger le rapport d’inspection générale

Extrait de education.gouv.fr du 21.12.19

Extrait du rapport :
[...] En éducation prioritaire, les enseignants de CE1 ont régulièrement organisé des regroupements de deux « classes à 12 » pour permettre à un des deux enseignants de faire passer les épreuves de fluence à ses élèves, ce qui est tout à fait pertinent.

 

Evaluations CP - CE1 : L’inspection piégée mais pas mouillée...
Manipulation et impasses. Comment apprécier réellement la portée et l’intérêt des évaluations nationales de CP et CE1 ? Probablement en ne suivant pas l’exemple de l’Inspection générale qui accepte de ne visiter que les écoles qu’on lui indique. Probablement en suivant le modèle de l’Inspection générale qui ne cache rien de ces entraves mises à son enquête... Au final le rapport ne nous apprend qu’une chose : même en sélectionnant les écoles, il y a encore des enseignants qui ne voient pas l’intérêt des évaluations nationales.

Des écoles soigneusement sélectionnées

Avec les inspecteurs généraux, et notamment à B Bruschini, I Hunault et J Yebbou qui dirigent ce rapport sur " L’organisation et la passation des évaluations nationales dans le premier degré", il convient de bien lire les rapports.

En effet on apprend dans ce rapport qu’il repose sur la visite de seulement 43 écoles (sur 36 434 écoles élémentaires et primaires). De plus celles ci ont été soigneusement choisies par les Dasen. " Les écoles visitées n’ont pas été choisies par les inspecteurs généraux... ce sont les DASEN qui ont choisi les écoles visitées".

Malgré ce choix, il reste encore une école sur trois où les évaluations ne convainquent pas. "Dans deux tiers des cas, les inspecteurs généraux ont constaté une véritable adhésion au dispositif d’évaluation proposé. Pour le tiers restant une certaine indifférence est notée", affirment les inspecteurs. Evidemment après cette mention on prendra les résultats du rapport avec beaucoup de précautions, par exemple quand il affirme que " les évolutions apportées conduisent les enseignants à accepter et à apprécier le dispositif proposée.

Et pourtant des évaluations problématiques

Mais, là aussi, le rapport nuance lui-même cette affirmation. Ainsi les évaluations de français "sont appréciées" et "répondent bien aux besoins". Mais, " les évaluations de mathématiques font, dans leur globalité, l’objet de critiques. Si la moitié des exercices est appréciée... l’autre moitié est moins bien comprise et certains exercices sont majoritairement critiqués et rejetés par les enseignants. Ces évaluations ont effectivement besoin d’évoluer".

Le rapport note aussi que " La durée des séquences reste un sujet de préoccupation avec des temps de passation pouvant atteindre près d’une heure dans certaines classes".

Enfin , sur l’intérêt de ces évaluations, les inspecteurs soulignent que " les entretiens ont été menés pendant la seconde quinzaine de septembre et n’ont donc pas permis d’évaluer l’exploitation pédagogique des évaluations dans les écoles, celle-ci n’ayant pas encore commencé."

Manipulation et impasses

En mai 2019, R Goigoux démontait les résultats des évaluations nationales et parlait de manipulation. En septembre , les syndicats reconnaissaient quelques progrès dans leur conception mais posaient la question des finalités. " Notre crainte est grande que ces évaluations servent de prétexte pour assigner à la maternelle une mission réduite à une préparation à l’école élémentaire au détriment de toutes les autres finalités. Prenant ainsi le risque de créer de la difficulté scolaire notamment chez les élèves dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire".

On retrouve tout cela dans ce rapport. La manipulation et l’impasse sur les finalités. Rappelons aussi que, alors que JM Blanquer veut définir un nouveau métier enseignant, ces évaluations, permettant de mesurer "l’efficacité" de chaque enseignant, sont la base de cette redéfinition du métier comme l’explique C Maroy.

F Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du Café du 13.01.20

 

Evaluations CP-CE1 : l’acceptabilité s’améliore, des questions restent (rapport d’inspection générale)

Les évaluations nationales au CP et au CE1 "entrent dans le paysage scolaire" et "le regard des équipes est généralement positif sur les évaluations", estime l’inspection générale dans un rapport que vient de publier le ministère. Les auteurs soulignent que "dans toutes les écoles où les inspecteurs généraux se sont déplacés, les équipes ont tenu à souligner une amélioration de la situation par rapport à l’année dernière", sans parler pour autant de satisfaction. Ils ajoutent qu’ils n’ont pas choisi les écoles visitées, qui l’ont été par les DASEN, sans dire s’ils considèrent pour autant l’échantillon comme représentatif.

Ils notent que, "dans deux tiers des cas, les inspecteurs généraux ont constaté une véritable adhésion au dispositif d’évaluation proposé. Pour le tiers restant une certaine indifférence est notée (...). Pour eux, l’utilité du dispositif n’est pas encore évidente ou démontrée."

En ce qui concerne la conception des évaluations, ils notent que pour le français, "aucun exercice n’a reçu de remarques négatives par plus de trois équipes sur les 43 rencontrées", mais seule "la moitié des exercices des évaluations de mathématiques semblent acceptés et appréciés des enseignants".

Les conditions de passation posent questions. "Les inspecteurs généraux ont constaté des écarts entre les consignes écrites et leurs observations (...). Il est difficile d’estimer l’impact de ces changements de consignes (...). Laisser 30 secondes au lieu de 10 secondes pour effectuer un calcul comme ’4 + 9’ peut permettre à un élève qui ne dispose pas du résultat en mémoire ou d’une procédure efficace pour le retrouver, de trouver le bon résultat alors qu’il en serait incapable dans le temps normalement imparti." De plus, "les inspecteurs ont constaté dans certaines classes des cas isolés d’élèves copiant de nombreuses réponses de leurs voisins (...). Ces écarts posent d’abord la question de la comparabilité des résultats, sans qu’il soit possible, dans les conditions de travail de la mission, de savoir s’ils ont ou non un effet. L’allongement de la durée augmente-t-il la réussite des élèves en leur donnant plus de temps pour répondre ou au contraire nuit-il à cette réussite en créant une phase de doute plus longue au cours de laquelle l’élève modifie une réponse qui était correcte, ou en augmentant la déconcentration des élèves ? L’allongement de la durée a-t-il ou non un effet sur la copie entre élèves ?"

Le rapport s’intéresse aussi à l’utilisation de ces évaluations. Les inspecteurs ont demandé aux professeurs "s’ils connaissaient ou utilisaient les fiches mises à disposition sur le site Eduscol pour accompagner chacun des exercices proposés dans les évaluations et donner des pistes pour les remédiations". Seul un enseignant sur trois (32,5 %) déclare connaître l’existence de ces fiches et en avoir utilisé au moins une. Les auteurs suggèrent en revanche que ces évaluations pourraient avoir un effet en amont (ou en aval) : "Des résultats particulièrement faibles (...) en comparaison des résultats de la circonscription ou du département, peuvent conduire les enseignants de la petite section au CE2 d’une école élémentaire et des écoles maternelles associées à repenser l’enseignement à ces niveaux", par exemple pour pallier un déficit de vocabulaire révélé par les tests. De même, un IEN (inspecteur de circonscription) "peut choisir de modifier le plan d’animations pédagogiques suite à des carences détectées (...), modifier les animations pour les enseignants de cycle 1 (la maternelle, ndlr) afin d’apporter des éclairages spécifiques sur un point de fragilité décelé à l’entrée du CP".

Mais les inspecteurs n’ont pas trouvé trace de ces conséquences qu’ils semblent appeler de leurs vœux : "Dans aucune des écoles visitées, les directeurs ne semblent avoir été informés des changements qui ont pu être menés dans la circonscription suite aux résultats des évaluations nationales de la rentrée 2018. Les évaluations ont-elles eu un impact sur les formations qui seront déployées cette année ? Des accompagnements vont-ils être organisés pour mieux aider les écoles qui accueillent les élèves les plus fragiles ?"

Dans la plupart des écoles visitées (84 %), "les équipes ont déclaré avoir transmis les fiches individuelles de résultats des élèves aux familles", mais les pratiques sont très diverses, de la "simple transmission de la fiche avec note explicative" aux "entretiens individuels systématiques avec toutes les familles". Mais d’autres écoles s’y refusent, les enseignants de deux d’entre elles affirmant "que les résultats ne reflètent pas le niveau réel des élèves".

Si, au total, les évolutions apportées depuis l’année dernière "conduisent les enseignants à accepter et à apprécier le dispositif proposé" et si la tonalité générale du rapport est plutôt positive, les auteurs n’en posent pas moins des questions sur sa conception, sur les conditions de passation et sur l’usage qui en est fait.

Extrait de touteduc.fr du 13.01.20

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