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Le Sénat vote la création des Etablissements publics locaux d’enseignement international (EPLEI) (Le Café, ToutEduc)

20 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Loi Blanquer : L’école à deux vitesses instituée
Blanquer socialiste ? Probablement pas. Mais face aux amendements de la majorité de droite du Sénat, le ministre se positionne à gauche et joue avec ça. Pourtant la loi Blanquer ramène une conception de l’Ecole très droitière. Le 16 mai, le Sénat a adopté la création des EPLEI, c’est à dire le retour des petits lycées, scolarisant les enfants des meilleures familles à part de la maternelle à la terminale. Il pérennise les jardins d’enfants comme une alternative à la maternelle. L’Ecole française était marquée par les inégalités sociales. Au soir du 16 mai elle est divisée entre Ecole du peuple et Ecole des classes privilégiées.

Les EPLEI adoptés
"Je suis halluciné devant les EPLEI et la sélection sociale mise ne place à 3 ans". Rachid Temal, sénateur PS, ne cache pas son écoeurement devant les nouveaux établissements internationaux (EPLEI) imaginés par la loi Blanquer. Un EPLEI c’est une école primaire (maternelle et élémentaire), un collège et un lycée, tout cela regroupé dans une seule structure dirigée par un chef d’établissement. Il sélectionne ses élèves dès la maternelle sur la maitrise d’une langue étrangère. Et comme le souligne R Témal, à cet âge là seule l’origine sociale fait la différence. L’EPLEI peut aussi recevoir des financements privés. L’EPLEI peut déroger aux règles habituelles de l’éducation nationale et prépare le bac international.

Le sénateur Pierre Ouzoulias (PC) monte lui aussi au créneau. "La réalité du terrain c’est l’exclusion. L’EPLEI existe déjà c’est ce que j’ai vu à Courbevoie. Le lycée attire des familles favorisées qui font monter le prix de l’immobilier. On arrive à l’apartheid social".

Pour le rapporteur , l’EPLEI est "une chance pour l’école publique". Le ministre promet qu’il ne sera pas sélectif. Et le gouvernement dépose un amendement qui dit que les EPLEI "peuvent" accueillir des élèves ordinaires non sélectionnés. Mais qui croit qu’ils soient faits pour cela ? La majorité du Sénat est un peu partagée. Elle soutient le projet et adopte les articles donnant vie aux EPLEI. En même temps elle multiplie les amendements, non retenus, pour rendre l’EPLEI plus acceptable.

Avec l’EPLEI l’éducation nationale crée des établissements parallèles aux établissements ordinaires sélectionnant leurs élèves sur, de facto, critère social. Les EPLEI peuvent se multiplier car un EPLEI pourra aussi s’implanter dans un établissement existant pour regrouper les élèves les plus favorisés. Cette structure ségrégative reconstitue ce qu’étaient les petits lycées au tournant du 20eme siècle avec leurs classes enfantines proposées aux enfants de la bourgeoisie.

Extrait de cafepedagogiuqe.net du17.05.19

 

Les établissements internationaux confirmés [...] au Sénat

L’article 6 relatif aux établissements publics locaux d’enseignement international a été adopté au Sénat, hier 16 mai, sans grandes modifications, sinon un amendement du Gouvernement qui prévoit que ces établissements peuvent "accueillir des élèves préparant les diplômes nationaux du brevet et du baccalauréat qui ne sont pas assortis de l’option internationale ni préparés dans une section binationale, sous réserve que l’effectif de ces élèves n’excède pas le quart des effectifs de l’établissement".

Le ministre fait valoir que, lors de la création d’un lycée international à Noisy-le-Grand, "à cheval sur trois départements - Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne" et alors qu’il était recteur de Créteil, "des maires de tous bords politiques se battaient pour l’accueillir sur leur commune parce qu’ils le voyaient comme un facteur de mixité sociale". Il ajoute : "Nous proposons de dupliquer cet exemple à l’échelle de la France." Il proposera "des amendements pour accentuer ce volontarisme social. Il faut compter sur les effets de réseau et d’émulation".

Il refuse toutefois un amendement (socialiste) qui prévoyait que "l’État veille au déploiement homogène de ces établissements sur le territoire, en particulier dans les zones définies par le pouvoir réglementaire comme prioritaires sur le plan éducatif", afin de ne pas créer "de rigidité supplémentaire", bien qu’il partage "l’esprit de cette proposition". Il est suivi par le Sénat.

Un autre amendement, adopté, prévoit que, "dans un délai de deux ans à compter de la publication de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant le bilan de l’application outre‑mer des dispositions prévues par la présente section". Il s’agit d’ "accompagner l’émergence des EPLEI outre-mer".

Extrait de touteduc.fr du 17.05.19

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