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Vers un statut du directeur d’école et la création d’une école du socle (site du gouvernement). Le SNUipp : une mauvaise idée

16 novembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Directeurs d’école : un changement de statut pour favoriser les liens entre primaire et collège
Jean-Michel Blanquer a annoncé, le 12 novembre 2018, sa volonté de transformer le statut de directeur d’école. L’objectif : rapprocher la fonction de celle de chef d’établissement du second degré et favoriser les liens entre enseignements du premier et du second degrés.

“Arriver à un changement du statut de directeur d’école”
Rapprocher les directeurs d’école des chefs d’établissement du second degré : c’est la volonté affichée par le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, lundi 12 novembre 2018. Attendu au début de l’année 2019, ce changement de statut permettra de mieux articuler les liens entre école primaire et collège.

Actuellement, ce sont en effet des enseignants qui assurent le rôle de directeur ou de directrice d’école primaire, en plus de leur fonction d’enseignant et sans réel pouvoir de décision. Une anomalie, selon le ministre, qui veut remédier à la situation. “Nous discutons avec les collectivités locales pour arriver à un changement du statut de directeur d’école”, a-t-il annoncé sur le plateau de Public Sénat-LCP-Assemblée nationale.

Cette mesure s’inspire d’un rapport parlementaire sur les directeurs d’école, co-écrit par les députées Valérie Bazin-Malgras et Cécile Rilhac. Elles y constatent que la fonction de directeur d’école “s’apparente à un emploi supplémentaire, qui ne génère pas d’avancement de grade mais seulement une bonification indiciaire.” Par ailleurs, le rapport note également que “le directeur a beaucoup de responsabilités mais il lui manque d’une part le temps et les moyens pour remplir ses missions, d’autre part la légitimité pour asseoir son autorité et ses décisions”.
Parmi les propositions mises sur la table par les deux parlementaires : soulager les directeurs dans leur charge de travail, créer un statut de directeur pour professionnaliser cette fonction, ou encore encourager le regroupement d’écoles.

Vers une ”école du socle”
En janvier dernier, Jean-Michel Blanquer avait déjà évoqué la création d’une “école du socle”. Derrière ce terme, c’est la continuité entre école primaire et collège qui est visée. Le but : favoriser l’apprentissage et la maîtrise du socle commun de connaissances par les élèves. “Parmi les pistes possibles figure l’articulation entre le collège et l’école en matière administrative, pour donner plus de robustesse administrative à l’école primaire”, avait-il expliqué devant l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration du 17 janvier 2018, le ministre avait également annoncé que “les collèges sont en passe d’avoir une personnalité morale et des moyens administratifs qui pourraient peut-être, dans le futur, être mis davantage en cohérence avec le fonctionnement des écoles. Cela viendrait renforcer des politiques déjà menées en faveur du lien entre le premier et le second degrés et pourrait avoir du sens.”

Extrait de gouvernement.fr du 15.11.18 : Directeurs d’école : un changement de statut pour favoriser les liens entre primaire et collège

 

Un statut pour les directeurs ? Mauvaise idée.
Suite aux annonces par voie de presse de la mise en place d’un statut pour les directeurs et les directrices d’école, le SNUipp-FSU s’adresse solennellement au ministre pour ouvrir les discussions prévues dans l’agenda social sur le sujet. Car s’il y a urgence à améliorer la situation de la direction de l’école personne ne pourra croire que l’adjonction d’un statut hiérarchique peut constituer l’alpha et l’oméga des réponses à apporter.

La lettre au ministre

Monsieur le Ministre de l’éducation nationale,

Vous venez d’annoncer une nouvelle organisation administrative de l’école avec à la clé un nouveau statut des directeurs et directrices. S’il y a urgence à améliorer le fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l’école ainsi que la reconnaissance et l’exercice de la fonction de direction d’école, cela ne peut passer ni par la création d’un statut hiérarchique à l’instar des chefs d’établissements du second degré ni par la réorganisation territoriale des structures.

Nous venons d’organiser les États généraux de la direction d’école. Réunis dans plus de 60 départements ainsi qu’au niveau national, ils nous ont permis de prendre les avis et analyses de près de 2500 collègues, de partager des constats et de dégager des pistes d’amélioration. Ils ont confirmé que les responsabilités et les tâches liées à la direction d’école n’ont cessé de s’alourdir ces dernières années. Un alourdissement lié aux demandes de l’institution, aux évolutions et à la complexité du métier d’enseignant, mais également aux sollicitations multiples, notamment celles des collectivités territoriales. Cet empilement de tâches réduit la part du travail de direction consacrée à l’animation pédagogique et à la coordination de l’équipe. Alors que dans le même temps, les derniers emplois aidés dévolus à l’aide administrative à la direction et au fonctionnement de l’école ont été supprimés. Par ailleurs, les directeurs et directrices demandent que l’institution prenne davantage en compte leurs spécificités et leurs responsabilités et ainsi reconnaisse l’identité professionnelle du directeur d’école, comme une personne plurielle.

Votre réponse à ces problématiques par la création d’un statut de direction n’est pas appropriée. Un tel statut ne ferait que renforcer la position administrative des directrices et directeurs, les éloignerait des adjointes et adjoints et instaurerait des relations managériales au sein des équipes. Le tout sans répondre aux difficultés posées.

Pour améliorer la gestion des écoles, les directrices et directeurs ont avant tout besoin de temps, de personnels supplémentaires pour aider au fonctionnement de l’école et d’une formation autour de la dynamique collective ainsi que l’élaboration et l’impulsion de projets communs. Tout cela est à l’opposé du nouveau maillon hiérarchique que vous préconisez. Or, depuis toujours, les écoles fonctionnent très bien sans autorité hiérarchique en leur sein. L’ensemble des enseignants des écoles, directrices et directeurs comme adjointes et adjoints, nous disent leur attachement au collectif de travail, avec le conseil des maîtres, pour répondre aux besoins des élèves et favoriser leurs réussites. L’intérêt des élèves, le bon fonctionnement de l’école, la reconnaissance des personnels engagés pour une meilleure réussite de tous exigent donc de toutes autres mesures concrètes répondant réellement aux préoccupations des personnels et de l’école.
Pour autant, la reconnaissance d’un rôle spécifique pour les missions de direction d’école est indispensable mais ne peut se traduire par un statut hiérarchique qui ne soulagerait pas le directeur ou la directrice dans ses tâches et l’isolerait au sein des équipes.

Avant toute décision hâtive, qui consisterait à apporter une réponse toute faite à un constat complexe, le SNUipp-FSU vous demande solennellement de prendre le temps de la discussion telle que prévue dans l’agenda social, et ainsi de tenir compte de la parole des enseignants sur la réalité du rôle, des missions et du quotidien des directeurs et directrices.

Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Extrait de snuipp.fr du 16.11.18 : Un statut pour les directeurs ? Mauvaise idée

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