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Equité à l’école : la France mal placée (Ocde)

24 octobre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

PISA : La ségrégation sociale clé des inégalités scolaires en France
Après le Japon, la France est le pays de l’OCDE où la composition sociale de l’école explique le plus l’inégalité de résultats scolaires en sciences. C’est une des informations apportées par Pisa 2015 qui sort le 23 octobre un nouveau volume sur l’équité en éducation. La France fait encore figure de mauvais élève en matière d’inégalités sociales à l’école, même si quelques progrès on eut lieu en 10 ans.

L’équité scolaire
Qu’est ce que l’équité en éducation ? "Cela signifie que le système éducatif fournit les mêmes chances d’apprendre à tous les élèves", explique l’OCDE. "Par équité, on n’entend pas l’obtention des mêmes résultats éducatifs par tous les élèves, mais plutôt l’absence de lien entre les différences de résultats entre les élèves et le milieu dont ils sont issus ou les facteurs économiques et sociaux sur lesquels ils ne peuvent exercer aucun contrôle. En éducation, l’équité signifie que des élèves issus de milieux socio-économiques différents atteignent des niveaux similaires de performance scolaire et de bien-être social et affectif, et ont la même probabilité d’obtenir un diplôme de l’enseignement post-secondaire".

En fait, l’OCDE reconnait qu’il n’y a aucun pays où les inégalités sociales ne pèsent pas sur les résultats scolaires. En moyenne dans l’OCDE on compte 88 points d’écart en sciences entre les enfants favorisés et défavorisés. Cet écart est énorme : il correspond à 3 années d’école !

Quatre années d’école en moins pour les enfants défavorisés
En France, le lien entre milieu social et performance est parmi l’un des plus élevé des pays de l’OCDE. Lors de l’évaluation PISA 2015, environ 20% de la variation de la performance en sciences des élèves en France est associée à des différences de statut socio-économique (13% en moyenne dans les pays de l’OCDE, et 8% en Norvège et en Estonie, qui ont par ailleurs des performances moyennes au-dessus de celle des pays de l’OCDE). L’équité sociale dans les performances en sciences est restée au même niveau en France entre 2006 et 2015 – alors qu’elle a légèrement progressé en moyenne dans les pays de l’OCDE voire nettement dans certains pays comme en Allemagne et aux États-Unis.

En France la performance moyenne en sciences des élèves défavorisés est de 441 points contre 558 pour les favorisés. ON a donc 118 points d’écart et c’est un des plus forts écarts des pays de l’OCDE. Dis autrement : l’écart de niveau entre les enfants riches et pauvres en France n’est pas de trois années d’étude mais de quatre !

Peu d’enfants défavorisés parviennent à briser ce plafond de verre social : 9% en France contre 11% en moyenne dans l’Ocde (14% en Finlande). Là où réussit mieux la France c’est dans la "résilience sociale et émotionnelle" : 31% des élèves défavorisés sont satisfaits de leur vie et ne sont pas angoissés devant les évaluations contre 26% dans l’OCDE.

Dans les inégalités sociales il faut compter le niveau éducatif des parents. En France, les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur ont 14 fois plus de chance d’être également diplômés de l’enseignement supérieur que ceux issus de parents avec un niveau d’éducation moins élevé. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, cet écart de chance est de 11 fois plus élevé – mais il n’en est que de 3 fois plus élevé en Nouvelle-Zélande et 4 fois plus élevé au Canada, en Estonie, en Finlande et en Suède.

Le poids de la ségrégation scolaire
Ce que montre l’Ocde c’est le caractère systémique de ces inégalités sociales en France. En France on concentre nettement davantage les enfants désavantagés dans les écoles défavorisées. La ségrégation sociale dans l’école est plus importante que dans la moyenne Ocde. Cela nuit fortement aux élèves. Les élèves défavorisés scolarisés dans une école favorisée ont 78 points de plus que les mêmes élèves dans des écoles défavorisés. Ils regagnent 3 années d’école ! On mesure le poids de la ségrégation scolaire, un sujet pourtant abandonné par JM Blanquer.

Que recommande l’OCDE pour réduire les inégalités ? Diminuer la ségrégation scolaire est un des premiers points. Un autre est l’aide apportée aux enseignants par la formation à faire face à l’hétérogénéité des élèves. L’OCDE invite aussi les pays à donner des moyens plus importants aux élèves défavorisés et aux écoles défavorisées, alors que souvent les écoles défavorisées ont moins de moyens.
François Jarraud

OCDE

Extrait de cafepedagogique.net du 23.10.18 : PISA : La ségrégation sociale clé des inégalités scolaires en France

 

Équité à l’école : la France mauvaise élève, selon l’OCDE

A l’école, les élèves français n’ont pas les mêmes chances d’apprendre selon qu’ils viennent d’un milieu plus ou moins favorisé, souligne mardi une étude de l’OCDE.

Selon cette étude, en France, le lien entre milieu social et performance est en effet parmi l’un des plus élevés des pays de l’OCDE.

Extrait de liberation.fr du 23.10.18 : Équité à l’école : la France mauvaise élève, selon l’OCDE

Voir aussi : L’équité dans l’éducation. Eliminer les barrières

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