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Benjamin Moignard (Paris Est-Créteil) : l’instabilité des équipes dans les établissements prioritaires est un des facteurs les plus déterminants de violence scolaire (le Monde)

24 octobre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les enseignants éprouvent " un sentiment d’abandon "
Selon des enquêtes, moins de 1 % des enseignants sont victimes de violences physiques. Les insultes, elles, sont fréquentes

Pour lutter contre la violence à l’école, " il faut plus de transparence et plus de sanctions ", a déclaré, mardi 23 octobre, Gabriel Attal, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’éducation. La réunion d’un comité stratégique, mercredi 24 octobre, annoncée par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, donnera lieu à " des mesures fortes ", a assuré le secrétaire d’Etat, qui a évoqué un " sentiment d’omerta chez beaucoup de professeurs ". Selon lui, il faut notamment revoir " l’échelle des sanctions et leur effectivité ".

Benjamin Moignard est sociologue à l’université Paris-Est-Créteil. Spécialiste des violences scolaires, il est le coauteur, avec Eric Debarbieux et Kamel Hamchaoui, d’une enquête de victimation auprès de 18 000 enseignants du second degré, publiée en 2013. Il a en outre mené de nombreuses recherches, notamment sur la délinquance juvénile, et finalise actuellement un travail consacré aux nouvelles problématiques éducatives dans l’académie de Créteil.

[...] Est-ce que les problèmes disciplinaires se concentrent sur les établissements prioritaires, comme on le dit souvent ?

Les chiffres montrent que le risque de victimation est plus élevé dans les établissements prioritaires que dans les autres. Toutefois la réalité est nettement plus complexe. On connaît les facteurs de prévalence de la violence scolaire : la stabilité des équipes fait partie des éléments les plus déterminants. Dans les établissements de l’éducation prioritaire, on trouve parfois plus d’un tiers d’enseignants vacataires, et un fort turnover des équipes. Le deuxième élément, c’est le sentiment de justice pour les élèves et l’application de sanctions équitables.

Extrait de lemonde.fr du 24.10.18 : Les enseignants éprouvent " un sentiment d’abandon "

 

Benjamin Moignard, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a répondu aux questions de “Télérama”

[...]
Beaucoup de voix se sont élevées pour réclamer davantage de mesures punitives…

Une dizaine de plans de lutte contre la violence à l’école ont été lancés depuis la fin des années 1990. Tous proposent de sanctionner plus lourdement les élèves et d’installer toutes sortes de dispositifs techniques : portiques de sécurité à l’entrée des établissements, vidéosurveillance, etc. Pour l’essentiel, ce sont des effets d’annonce. Et tant mieux : les recherches montrent depuis longtemps que non seulement ces mesures ne donnent pas de résultats, mais qu’elles sont contre-productives. La surenchère punitive n’est pas une solution. Il est beaucoup plus utile de renforcer le collectif au sein des équipes pédagogiques et de se donner les moyens d’encadrer davantage les élèves. En particulier dans les zones d’éducation prioritaire, où les enseignants sont souvent très jeunes et ne souhaitent pas rester. Comment stimuler leur désir d’y faire une partie de leur carrière ? Voilà tout l’enjeu.

Propos recueillis par Marc Belpois

Lire l’entretien complet : Violences à l’école : "Les enseignants se sentent isolés, infantilisés par leur hiérarchie"

Extrait de demain-lecole.over-blog.com du 27.10.18 : Benjamin Moignard, membre de l’Observatoire international de la violence à l’école, a répondu aux questions de “Télérama”

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