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Un rapport de France Stratégie : "Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus"

12 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus : des évaluations sur données françaises, par

La scolarisation précoce est souvent promue pour prévenir les difficultés et inégalités de réussite liées aux origines sociales. Pourtant, on sait peu de chose de son effet réel. Ce document en propose plusieurs évaluations. Les résultats ne permettent pas d’asseoir le bien-fondé de la préscolarisation mais alertent sur la nécessité de penser les conditions d’accueil des tout-petits pour que l’expérience scolaire leur profite.

La politique d’accueil des enfants de moins de 3 ans en école maternelle fait partie des outils souvent mis en avant pour prévenir les difficultés scolaires et les inégalités de réussite liées aux origines sociales. Après une décennie de recul, la scolarisation à 2 ans a été encouragée lors du quinquennat précédent ; mais la part d’élèves de moins de 3 ans préscolarisés n’a augmenté que d’un point entre 2012 et 2016, passant de 11 % à 12 %, avec de fortes disparités entre territoires. Loin d’atteindre les niveaux de la fin des années 1990, où plus d’un enfant sur trois était scolarisé avant ses 3 ans, cette augmentation a principalement concerné les enfants issus de territoires défavorisés (avec un taux de 21 % en 2016).

La France est, avec la Belgique francophone, le seul pays de l’OCDE à scolariser les enfants aussi tôt. L’accueil des jeunes enfants dans notre pays repose en effet sur un système « dual », partagé entre l’accueil en école maternelle d’un côté, sous la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale, et la politique d’accueil des plus jeunes enfants de l’autre, qui relève de la sphère des politiques sociales, lesquelles sont partiellement décentralisées. Cette dualité est source de critiques, tout comme la scolarisation précoce fait — ou a pu faire — débat. Les premières expérimentations de dispositifs spécifiques sont apparues en 1999 avec les classes passerelles, mais sans qu’une réflexion systématique sur le sens de la scolarisation à 2 ans n’accompagne cette politique de préscolarisation.

On a donc cherché ici à mesurer si entrer plus tôt et rester plus longtemps en maternelle permet d’améliorer la réussite scolaire des élèves. Pour y parvenir, on exploite les données du panel d’élèves entrés pour la première fois en 6e en 2007 (MENESR-DEPP). Cette enquête longitudinale suit le parcours d’un échantillon de 35 000 élèves pour lesquels on dispose de mesures de performances en 6e et en 3e, et de nombreuses informations sur la situation de l’élève et de sa famille[1].

À partir de ces données, plusieurs méthodes d’évaluation sont possibles. Une simple comparaison des performances scolaires, entre enfants accueillis précocement ou non, ne suffit pas, même en neutralisant certaines caractéristiques observables. De manière plus rigoureuse, on peut tenter de reconstituer un contrefactuel, en s’appuyant sur certaines discontinuités créées par la règle — enfants séparés par le seuil du 31 décembre — ou par la géographie — enfants séparés par des conditions locales différentes. Selon les méthodes, on constate que les résultats sont sensiblement divergents, jusqu’à la contradiction : les effets d’un accueil précoce peuvent ainsi apparaître très positifs, nuls ou négatifs… Bien qu’explicable, cette diversité de résultats n’en montre pas moins combien est délicate l’utilisation des méthodes d’évaluation d’impact pour les politiques publiques.

Au final, les résultats présentés ici, s’ils ne réussissent pas à asseoir le bien-fondé de la préscolarisation précoce, ne doivent pas pour autant conduire à le remettre en cause. Mais ils doivent alerter sur la nécessité de penser les conditions d’accueil des tout-petits à l’école maternelle pour que l’expérience scolaire profite à ces derniers.

[1] L’auteur remercie la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation pour l’accueil et l’accès aux données, en particulier Fabienne Rosenwald, Caroline Simonis-Sueur, Jean-Paul Caille et Fabrice Murat. Cette note synthétise le document de travail “Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus : des évaluations sur données françaises”.

Télécharger la note de synthèse Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus : leçons des méthodes d’évaluation (4 pages)

Télécharger le document de travail Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus :des évaluations sur données françaises (58 pages)

Extrait de stratégie.gouv.fr de janvier 2018 : Quand la scolarisation à 2 ans n’a pas les effets attendus : des évaluations sur données françaises

 

La scolarisation à 2 ans remise en cause
"Les résultats présentés ici, s’ils ne réussissent pas à asseoir le bien-fondé de la préscolarisation précoce, ne doivent pas pour autant conduire à le remettre en cause. Mais ils doivent alerter sur la nécessité de penser les conditions d’accueil des tout-petits à l’école maternelle pour que l’expérience scolaire profite à ces derniers". C’est a un nouveau regard sur la scolarisation à 2 ans que nous invite France Stratégie avec cette étude réalisée par Arthur Heim. Le Café pédagogique l’avait publiée en juin 2017.
La nouveauté c’est qu’en la publiant France Stratégie, un service du Premier ministre, donne une dimension officielle à une étude qui n’arrive pas à conclure au regard de sa propre méthodologie. S’il y a bien une question de l’éducation des jeunes enfants , il semble qu’encore une fois la scolarisation précoce soit appelée à porter le chapeau.

Extrait de cafepedagogique.net du 10.01.18 : La scolarisation à 2 ans remise en cause

 

Sur le site OZP,
voir le mot-clé Rapp. interministériel : C. Comptes, Fr. Stratégie.../

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