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Le dispositif "Plus de maîtres que de classes". Compte rendu par ToutEduc de la Rencontre OZP du 21 juin 2017 avec Marie Toullec-Théry

23 juin 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Réducation des effectifs ou Plus de maîtres que de classes ? Les réponses de M. Toullec-Théry, la situation dans les départements

L’idée que, pour remédier à leurs difficultés, l’idéal est de travailler avec un groupe d’élèves réduit et homogène est très ancrée dans l’opinion publique et chez les enseignants, mais c’est faux. Marie Toullec-Théry (Université de Nantes) est venue le dire hier, à l’occasion d’une rencontre organisée par l’OZP (l’observatoire de l’éducation prioritaire) sur le "Plus de maîtres que de classes". Pour la première signataire d’une tribune demandant la pérennisation de ce dispositif (ici), la réalité est souvent contre-intuitive. "Ce n’est pas avec de petits groupes qu’on réussit le mieux."

Sur le plan scientifique, elle situe la querelle entre les tenants du dédoublement des classes, voulu par le ministre Jean-Michel Blanquer et les partisans du PDM ("Plus de maîtres que de classes"), entre quantitativistes et qualitativistes. Elle rappelle que l’article de P. Bressoux et L. Lima sur lequel se fonde le ministère (ici) est d’abord une contre-analyse d’une enquête de la DEPP (le service statistique de l’Education nationale) qui avait conclu à l’échec de l’expérimentation par Luc Ferry des CP (cours préparatoires) à 10. Selon les deux chercheurs de l’Université de Grenoble, cette étude n’avait pas pris en compte un facteur essentiel, l’ancienneté des enseignants. Et il est vrai que c’est un paramètre important, mais pour tous les dispositifs. Et, estime-t-elle, même ainsi corrigées, les conclusions ne sont "pas si nettes".

Des surcoûts non chiffrés
Elle met surtout en avant le risque, avec les dédoublements, d’encourager la constitution de groupes homogènes, les "forts" et les "faibles" avec lesquels on va appliquer des méthodes différentes. Elle souligne une caractéristique méconnue des élèves en difficulté, ils peinent à transposer ce qu’ils ont appris dans un contexte à un autre contexte, avec un.e enseignant.e et avec un.e autre, d’où l’intérêt d’un travail en commun des enseignant.es.

La discussion générale, notamment avec deux enseignantes M+ (ou enseignantes surnuméraires), Lucie Gillet et Marie Meunier, est l’occasion pour beaucoup de souligner le caractère néfaste d’une mesure qui vient bousculer ce dispositif alors que les enseignants trouvaient progressivement les formes d’action les plus adaptées. L’une d’elle évoque les "pas de géant" accomplis dans son école où l’équipe pédagogique a été amenée à formuler des objectifs et à s’y tenir. Sont également mis en avant les surcoûts non chiffrés mais évidents des dédoublements. Alors qu’un "M+" intervient dans plusieurs classes, il faudra souvent doubler le nombre des enseignants de CP et de CE1 (ou faire trois classes de 12 là où il y en avait 2 de 16), trouver des locaux, augmenter le temps de décharge des directeurs d’école puisque celui-ci est fonction du nombre de classes, et tenir compte d’un facteur de rigidité supplémentaire, notamment l’interdiction des doubles niveaux (CE1-CE2 par exemple)... De plus, les enseignants des autres niveaux continueront d’avoir des classes de plus de 25 élèves parfois, d’où des tensions entre collègues.

Une situation variable selon les départements
Les participants évoquent aussi la situation dans leurs départements. Si Jean-Michel Blanquer réunit ce 22 juin à Poitiers les inspecteurs chargés de la mise en place de cette mesure, en l’absence de circulaire qui précise les modalités de mise en oeuvre de cette mesure à la rentrée, pour les CP des écoles REP+, beaucoup craignent ceux qui sont "plus royalistes que le roi".

Dans l’Yonne, un département qui ne compte aucun réseau REP+, une seule école est concernée, le dispositif PDM "y fonctionnait bien", mais l’enseignant qui venait d’y être nommé comme M+ a appris qu’il serait finalement sur un CP dédoublé. Dans l’Eure, les inspecteurs "ne sont pas au courant", mais estiment qu’il suffit de changer la lettre de mission des M+ pour qu’ils prennent des CP dédoublés. En Loire-Atlantique, les 26 écoles en REP+ vont devoir dédoubler, mais 19 vont garder un M+, 8 M+ sont reconvertis, les autres postes sont pris sur les moyens de remplacement...

Extrait de touteduc.fr du 22.06.17 : Réducation des effectifs ou Plus de maîtres que de classes ? Les réponses de M. Toullec-Théry, la situation dans les départements

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