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Répartition des postes à la rentrée 2017 : priorité au primaire, notamment pour le plus de maîtres en EP et la scolarisation à deux ans, et aux lycées et LP fragiles. Les réactions du SNUipp

15 décembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 08.03.17
Fenêtre sur cours n°433, 6 mars 2017

[p.11]
La difficile équation du 1er degré

Alors qu’est prévue une baisse globale des effectifs d’élèves, la plus grande partie* des 4 311 postes supplémentaires créés pour la rentrée prochaine a été
distribuée dans les départements. Aucun ne perd de postes, mais les dotations ne sont pas toujours à la hauteur, ni en adéquation avec la réalité des besoins. Et de fait, si certains départements devraient connaître de meilleures conditions d’enseignement et d’apprentissage, d’autres ne verront pas, ou peu d’amélioration.

On connaît les priorités affichées par le ministère : un renforcement des moyens de remplacement, le déploiement du « plus de maîtres que de classes » sur tous les territoires de l’éducation prioritaire ou encore l’« adaptation du réseau des
écoles en milieu rural ».
Mais on sait aussi les manques criants recensés dans nombre de départements, qui n’ont qu’en partie été comblés depuis 2012 et la fin des suppressions massives de postes. Dès lors, comment assurer réellement toutes les décharges de direction et organiser les allègements de service pour les enseignants des REP+, tout en développant la scolarisation des enfants de moins de trois ans ?
Comment résoudre les problèmes de remplacement pour les enseignants en congé de
maladie et donner dans le même temps de l’air aux départs en formation continue ? Comment augmenter les postes de « plus de maîtres que de classes » sans faire l’impasse sur la reconstruction des Rased ? Et comment surtout, engager enfin un baisse significative des effectifs par classe, qui restent parmi les plus lourds en Europe et constituent la principale préoccupation des enseignants français ?

Extrait de snuipp.fr] : Fenêtre sur cours

 

Najat Vallaud-Belkacem a présenté devant le comité technique ministériel la répartition académique des 8 711 créations de postes d’enseignants pour la rentrée 2017. En hausse de 2 072 postes par rapport à la rentrée 2016, le nombre de créations de postes va donner aux académies des marges de manœuvre sans précédent au service de la réussite de tous les élèves.

L’enquête PISA 2015 l’a mis en évidence, la première des bonnes pratiques à mettre en place pour avoir un système éducatif performant et équitable est le soutien aux élèves et aux établissements défavorisés.

L’effet sera particulièrement perceptible dans le premier degré, où 4 311 postes vont être créés alors même que le nombre d’élèves va diminuer de 12 158. Tous les territoires bénéficieront ainsi à la prochaine rentrée de marges de manœuvre exceptionnelles.

Trois priorités politiques gouvernent la répartition des moyens entre les académies :

Renforcer les moyens de remplacement et de la formation continue des enseignants avec la création de 1 500 postes de remplaçants.
Donner la priorité au premier degré à laquelle 4311 nouveaux postes sont consacrés. Ils vont permettre de généraliser le « plus de maîtres que de classes » dans les écoles de l’éducation prioritaire ou encore de faire monter en puissance la scolarisation des moins de trois ans.
Renforcer les écoles des territoires ruraux et de montagne qui bénéficieront de 100 nouveaux postes, qui s’ajoutent aux 120 postes de la rentrée 2016, au titre des conventions ruralité en préparation. Les conventions permettent de compenser tout ou partie des effets de la démographie par des réorganisations du réseau des écoles en lien avec les élus locaux.

Dans le second degré, les 4 400 nouveaux postes vont permettre d’accompagner la hausse démographique (+ 41 650 élèves), et de mettre en œuvre les priorités éducatives de Najat Vallaud-Belkacem :

Achever la création de 4 000 postes sur les rentrées 2016 et 2017 pour accompagner la mise en œuvre de la réforme du collège.
Mettre en œuvre le plan 500 nouvelles formations en lycée professionnel par la création de 1 000 postes dans les établissements qui les accueilleront.
Renforcer par 450 postes nouveaux les lycées et lycées professionnels les plus fragiles au vu de la population scolaire qu’ils accueillent.

Cette répartition académique est la première étape de la préparation de la prochaine rentrée. En janvier, les postes du premier degré seront répartis au niveau départemental.

Extrait de najat-vallaud-belkacem.com du 15.12.16 : Répartition académique des créations de postes pour la rentrée 2017 : un effort sans précédent au service de la réussite de tous

 

En évoquant "un effort sans précédent", N. Vallaud Belkacem a présenté le 15 décembre en Comité technique ministériel les créations de postes en 2017. Ce sont 8 711 nouveaux postes qui sont annoncés, 4 311 dans le premier degré et 4 400 dans le second degré. Surtout aucune académie ne perd de postes. Certaines voient leurs moyens augmenter fortement. Créteil atteint plus de 1300 postes quand Versailles passe la barre des 1000. Aix-Marseille, Lille, Besançon, Paris, Bordeaux, Poitiers voient leurs moyens très nettement amplifiés. La ministre annonce un effort particulier pour les établissements prioritaires. La rentrée 2017 devrait être la plus sociale du quinquennat.

[...] Malgré l’affirmation de la priorité au 1er degré, le second degré cette année encore obtient davantage de créations de postes avec 4 400 nouveaux postes. Dans le second degré le calcul des postes n’est pas fait sur critères sociaux , à l’exception des 450 postes destinés aux lycées "fragiles" sortis de l’éducation prioritaire.

[...] On le voit, la ministre justifie l’ouverture de la majorité des postes par des critères sociaux. Et la rentrée 2017 sera la seconde rentrée à avoir une coloration sociale nettement affirmée. En décembre 2014 elle nous avait dit : " Désormais on dotera les établissements scolaires en fonction de leur situation sociale. La logique de donner plus à ceux qui ont moins irriguera tout le système". Et c’est ce qui ressort des tableaux de 2017.

Mais deux paradoxes nuancent cet engagement. Le premier c’est que c’est le vainqueur de 2017 qui pourra effectuer une rentrée réellement à l’aise. La rentrée sera aussi la première où les enseignants verront réellement leurs conditions de travail s’améliorer. Dans la plupart des académies on aura dépassé le niveau d’encadrement d’avant Sarkozy. Et ce devrait être encore plus vrai là où c’est le plus nécessaire.

Pourquoi ce conditionnel ? C’est que si le calcul des moyens attribués aux académies, et même aux départements pour le primaire, tient compte de réalités sociales constatées sur le terrain dans les écoles et les établissements, l’utilisation de ces moyens est ensuite décidée par les recteurs. "La ministre a donné des instructions", nous a dit l’entourage de la ministre. Mais il y a un mois nous avons pu montrer que, dans le premier degré, là où le fléchage des moyens est le plus scientifiquement établi, l’injonction politique se brise sur les règles administratives.

" On ne peut pas faire de mouvements brutaux dans le premier degré", nous avait dit le chef du bureau de l’enseignement primaire. L’éducation nationale et un gros paquebot qui va son erre. " La destination des moyens est laissée à la discrétion de l’académie", rappelle-t-il. Et là bien d’autres critères viennent interférer dans l’affectation finale des moyens.

On retiendra donc de cette rentrée 2017 que le pouvoir politique a doté les académies de moyens qui permettraient réellement de changer la donne au bénéfice des élèves qui ont le plus besoin de l’Ecole. Reste à voir ce que les autorités scolaires locale en feront...

Extrait de cafepedagogique.net du 15.12.16 : Les académies richement dotées en postes en 2017

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