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Rapport Cnesco. Les réactions syndicales (récapitulatif) : Fsu, Sgen-Cfdt, Snes, Snpi, Snuipp (2), Unsa

3 octobre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

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SNUipp (Fenêtres sur cours)
Le Cnesco vient de publier un rapport sévère pour l’école et l’éducation prioritaire.
Un constat édifiant mais qu’il faut tempérer sur certains aspect

Le SNUipp-FSU voit dans ce rapport une nouvelle confirmation par la recherche d’un certain nombre
de ses analyses et revendications. Oui, il faut scolariser tous les élèves de moins de 3 ans dans les zones défavorisées, y alléger significativement les effectifs des classes, développer les dispositifs de prévention
et d’aide avec les RASED et le plus de maîtres, permettre aux enseignants de mieux se former et de mieux travailler ensemble.
Mais pour le syndicat, le constat du Cnesco est par trop dévalorisant et
décourageant pour des équipes enseignantes qui s’engagent au quotidien dans les conditions difficiles de
l’EP. Ils n’ont pas à porter le chapeau d’une politique de la ville et du logement erratique qui n’a rien fait pour éviter la constitution de zones urbaines de ségrégation. Il estime, entre autres, que l’impact des dispositifs prévus par la dernière réforme de l’éducation prioritaire mériterait d’être évalué sur un temps plus long.

Extrait de snuipp.fr (fenêtres sur cours du 03.10.16 : Inégalités scolaires
Cnesco : un rapport qui interroge

Paul Devin [secrétaire national du SNPI-FSU]

Il faut toujours faire la part d’un rapport et de ses interprétations par la presse. Contrairement à ce que quelques médias ont cru bon d’affirmer, le CNESCO ne préconise pas explicitement la suppression des REP. Pour autant, la violence du discours critique qu’il tient sur l’éducation prioritaire n’a pu laisser indemne tous celles et ceux qui y travaillent. Entendons-nous bien, nous avons bien compris qu’il n’était pas dans l’intention du CNESCO de mépriser les enseignants et, pour preuve, la première de ses recommandations se fonde sur la reconnaissance de la compétence professionnelle. Mais, pour autant, peut-il affirmer aujourd’hui que l’éducation prioritaire n’est qu’un échec ? Le premier effet d’une telle affirmation est la sidération de bon nombre d’enseignants de l’éducation prioritaire à entendre ce que Marc Douaire, président de l’OZP, a considéré être « un message de désespérance jeté au visage des enseignants de ZEP » [...]

[...] On peut bien sûr énoncer un impératif absolu de vérité scientifique et en considérer la nécessité comme transcendant les enjeux politiques. Mais aucune analyse sociologique ne peut prétendre circonscrire la réalité sociale au point de prescrire une ligne politique. D’autant que tout ne fait pas consensus chez les sociologues.

Extrait de mediapart.fr/paul-devin/blog du 01.10.16 Ceux qui travaillent en REP

 

SNES-FSU
Le rapport du CNESCO Inégalités sociales et migratoires, comment l’école les amplifie, publié le mardi 27 septembre, cherche à mesurer et à comprendre les inégalités scolaires notamment par l’analyse les difficultés actuelles de l’éducation prioritaire. Les avertissements et les inquiétudes du CNESCO ont été largement interprétées, notamment dans la presse, comme une condamnation de l’éducation prioritaire jugée inefficace. Certaines de ces interprétations, dans leurs volontés provocatrices, sont injustes pour le travail complexe qui est conduit par les fonctionnaires de l’Éducation nationale dans les secteurs de l’Éducation prioritaire.

Le rapport pointe une grande constante politique française : réformer l’éducation, sans cesse, sans prendre en compte les résultats de la recherche, sans évaluer les politiques menées.
Alors que la lutte contre la difficulté scolaire devrait se centrer sur une plus grande mixité sociale des écoles et établissements, le rapport pointe les effets pervers de la labellisation qui donnent lieu à une ségrégation très forte des établissements ; alors qu’il faut miser sur des moyens adaptés aux difficultés, la nation ne dépense guère plus qu’ailleurs dans les établissements de l’éducation prioritaire (des équipes souvent en début de carrière, de nombreux personnels contractuels, des effectifs de classe de moins en moins allégés). Quant aux pratiques pédagogiques diversifiées qu’il faudrait mettre en oeuvre, elles ne sont pas soutenues par une formation des enseignants cantonnée à l’application étroite de tel ou tel point de la n-ième réforme en cours.

Le rapport énumère enfin la longue liste des dispositifs de remédiation à la difficulté scolaire mis en place depuis les débuts du collège unique en 1975. Cet empilement "hors la classe" semble être une spécificité française. Le rapport, qui confirme au passage certains résultats de l’enquête PISA, indique que les pays qui progressent en matière de lutte contre les inégalités de réussite à l’école ont axé leurs efforts en direction du coeur des apprentissages, c’est à dire de la pédagogie dans la classe, au quotidien. Ces politiques s’apparentant à de la prévention semblent plus efficaces que celle qualifiée de "compensation" mise en oeuvre en France.

Le SNES-FSU dénonce depuis plus de 10 ans maintenant la détérioration des conditions d’étude et de travail dans l’éducation prioritaire. La période des RAR (réseaux ambition réussite) et le programme ECLAIR (Écoles, collèges et lycées pour l’ambition et la réussite) fondaient à la fin des années 2000 un système éducatif à deux vitesses, admettant de moindres attentes éducatives en éducation prioritaire. Mais les personnels n’ont pas baissé les bras. Où en serions-nous actuellement sans l’éducation prioritaire ? Peut-être faut-il attendre un peu pour mesurer les effets des mesures prises pour les REP+ (réseaux scolarisant les élèves les plus en difficultés) en 2015 ?

Mais n’oublions pas le point de départ du rapport : la question des inégalités à l’école, et de l’injustice sociale qu’elle génère. Le phénomène n’est pas nouveau mais il se renforce : les enfants de milieu populaire et en particulier ceux issus de l’immigration subissent une discrimination tout au long de leur scolarité (en matière de résultats scolaires, d’orientation, de niveau de diplôme, de rendement de ce diplôme).

Les préconisations du CNESCO rejoignent celles de nombreux autres rapports, ainsi que des demandes du SNES-FSU. On notera en particulier "rompre avec la logique des réformes à répétition", passer d’une "logique de remédiation à une approche en termes de prévention", "miser sur l’expertise pédagogique des personnels enseignants et d’encadrement", "réduire la ségrégation scolaire et sociale dans les contextes les plus ségrégués", abonder les fonds sociaux....

Une partie des préconisations ne sont pas réalisables à court terme voire impossibles dans certains quartiers (introduire un volet mixité sociale avant toute nouvelle construction d’établissement, rendre tous les lycées polyvalents), d’autres sont contestables comme rendre la formation continue obligatoire ce qui, à cause de la masse d’absences que cela impliquerait, ne pourrait se faire que pendant les vacances scolaires !

Créé par la loi de refondation de 2013, le CNESCO, Conseil national d’évaluation du système scolaire, apporte une expertise scientifique au système scolaire français.

Extrait de snes.edu du 01.10.16 : Rapport sur les inégalités

 

FSU
Communiqué 29 septembre 2016
Éducation prioritaire : garder la même ambition éducative que pour tous les jeunes !

Le rapport « Inégalités sociales » du CNESCO cherche à mesurer et à comprendre les inégalités scolaires notamment par l’analyse des difficultés actuelles de l’éducation prioritaire. Les avertissements et les inquiétudes du CNESCO ont été largement interprétées, notamment dans la presse, comme une condamnation de l’éducation prioritaire jugée inefficace. Certaines de ces interprétations, dans leurs volontés provocatrices, sont injustes pour le travail complexe qui est conduit par les fonctionnaires de l’Éducation nationale dans les secteurs de l’Éducation prioritaire et notamment par les enseignants.

Le rapport pointe une grande constante politique française : réformer l’éducation, sans cesse, sans prendre en compte les résultats de la recherche, sans évaluer les politiques menées. Alors que la lutte contre la difficulté scolaire devrait se centrer sur une plus grande mixité sociale des écoles et établissements, sur des moyens adaptés aux difficultés, sur des pratiques pédagogiques diversifiées et la formation des enseignants, elle reste cantonnée à l’application étroite de tel ou tel point de ces réformes. Le rapport du CNESCO pointe d’ailleurs la nécessité de poursuivre l’amélioration du système notamment en ce qui concerne la baisse des effectifs dans les classes, la formation des enseignants, la scolarisation précoce, le renforcement de la mixité sociale, la formation des personnels …

Pour la FSU, il est nécessaire d’élever le niveau de formation et de qualification de tous les jeunes, sans discrimination, et pour cela il faut « mieux d’école ». L’éducation prioritaire est l’emblème d’un dispositif ambitieux dans ses objectifs mais trop souvent dévoyé dans sa mise en œuvre politique et réglementaire.

La FSU demande une approche des questions d’éducation moins dogmatique et idéologique, davantage de réflexion et de prudence, une approche s’appuyant sur les résultats de la recherche, et sur les personnels, aux compétences professionnelles reconnues et respectées.
Poursuivre l’investissement et l’engagement pour l’Education prioritaire est essentiel pour l’avenir des jeunes qui y sont scolarisés, pour la réussite de tous et pour une meilleure cohésion sociale de la société.
C’est l’engagement de la FSU.

Extrait de fsu.fr du 29.09.16 : Éducation prioritaire : garder la même ambition éducative que pour tous les jeunes !

 

SNUipp
Communiqué
CNESCO : Inégalités à l’école : le combat quotidien des enseignants !

Pour le SNUipp, c’est la constance, la confiance et le renforcement des dispositifs de l’éducation prioritaire qui permettront d’évaluer leurs effets sur les apprentissages et sur les inégalités.

Inégalités à l’école : un combat récurrent du SNUipp-FSU, un combat quotidien des enseignants.
Le rapport du CNESCO paru le 27 septembre dresse des constats accablants pour le système éducatif français. Pour le SNUipp-FSU qui milite depuis de nombreuses années pour que l’école combatte les inégalités, ce rapport conforte l’exigence d’un investissement conséquent et durable à l’image des autres pays européens (ce que dit aussi le dernier rapport de l’OCDE ou celui de France Stratégie.) Oui, il faut scolariser tous les élèves de moins de 3 ans dans les zones défavorisées, y alléger significativement les effectifs des classes, augmenter le « plus de maîtres », développer les RASED, permettre aux enseignants de mieux se former et de mieux travailler ensemble et mettre en œuvre une vraie politique de mixité sociale.

Le rapport pointe aussi l’insuffisance des politiques de prévention et l’empilement de réformes qui déstabilisent l’école. C’est notamment le cas dans les réseaux d’éducation prioritaires, qui ont particulièrement besoin de constance et de sérénité pour travailler.

Car l’éducation prioritaire est pointée du doigt : sans moyen à hauteur des besoins, elle ne se révèle pas suffisamment efficace. Faut-il pour autant tirer un trait sur ce dispositif ? Le SNUipp-FSU répond par la négative et réaffirme son ambition d’une école plus juste, au service de la réussite de tous. Il estime entre autres que l’impact des dispositifs prévus par la dernière réforme de l’éducation prioritaire mériterait d’être évalué sur un temps plus long.

Le SNUipp-FSU, lui, a enquêté auprès des enseignants en REP et REP+ en juin 2016 sur l’allègement de leur temps de service et sur la mise en place des « plus de maîtres ». Lorsqu’ils sont mis en œuvre comme les textes le prévoient, les dispositifs ont été jugés majoritairement satisfaisants, car ils permettent le travail en équipe, la réflexion autour des pratiques pédagogiques et un encadrement renforcé des élèves. Mais il y a encore des obstacles : le manque de temps, les formations insatisfaisantes, le manque de confiance de l’administration et surtout le manque de remplaçants dans certains départements qui n’a pas permis l’allègement de service.

C’est dans la constance, la confiance et le renforcement de ces dispositifs qu’on pourra évaluer dans la durée leurs effets sur les apprentissages et sur les inégalités.
Quoi qu’il en soit et pour le syndicat, on ne doit pas dévaloriser et décourager les équipes enseignantes qui s’engagent au quotidien dans les conditions difficiles de l’éducation prioritaire. Ils n’ont pas à porter le chapeau d’une politique de la ville et du logement erratique, qui n’a rien fait pour éviter la constitution de zones de ségrégation. C’est pourquoi le SNUipp-FSU affirme que c’est l’ensemble du système scolaire, dont l’éducation prioritaire, qui doit bénéficier d’investissements conséquents.

L’école ne peut pas tout mais si on ne lui en donne pas les moyens, elle peut encore moins !
Extrait de snuipp.fr du 29.09.16 : CNESCO : Inégalités à l’école : le combat quotidien des enseignants !

 

SGEN-Cfdt
Communiqué
Rapport du CNESCO : ne pas pervertir les conclusions

Le rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) sur les inégalités à l’École fait l’objet d’une présentation à contresens. Celle-ci alimente par facilité le storytelling déploratif selon lequel tout va de plus en plus mal à l’école. Elle décourage les personnels engagés au quotidien dans les écoles et les collèges de REP et REP+.

Les données utilisées par le rapport et les constats qu’il en tire ne sont ni contestables ni inattendus, quoique parfois un peu datés. Ce sont ceux que l’on faisait lors de la concertation de l’été 2012 : le fonctionnement systémique de l’École renforce les inégalités sociales.
Le problème est précisément que l’on réédite un même type d’étude, portant sur le même temps long (30 ans) en occultant de la sorte toutes les inflexions de la politique éducative. Bien évidemment, dans le détail, le rapport note des « évolutions encourageantes » depuis 2 ans, mais l’effet d’optique créé par la période étudiée fausse la perception et donne notamment l’impression que rien n’a changé et surtout que rien ne peut changer.

L’Éducation mérite un véritable débat. Le rapport du CNESCO peut y contribuer à condition de le discuter sans a priori.

Extrait de sgen-cfdt.fr du 28.09.16 : Rapport du CNESCO : ne pas pervertir les conclusions

 

Unsa-Education : La lutte pour l’égalité doit rester prioritaire !

Le rapport du CNESCO publié le 27 septembre fait un état des lieux des inégalités sociales dans l’École française et également un bilan des politiques menées pour lutter contre ces inégalités depuis une trentaine d’années. Il nous rappelle que l’École française est devenue une des plus inégalitaires de l’OCDE entre 2000 et 2012 !

Concernant la politique d’éducation prioritaire, les chercheurs affirment qu’en fin de compte au lieu de "donner plus aux ZEP, on leur donne moins."

Comme le CNESCO, l’UNSA Éducation pense qu’il faudrait, au contraire, leur donner encore plus et cibler encore plus vers les zones les plus fragiles.

Nous partageons également les préconisations du CNESCO qui propose de renforcer la mixité sociale, la formation continue des enseignants, la scolarisation des moins de 3 ans, les aides aux élèves les plus démunis en augmentant les fonds sociaux.

Ce rapport insiste sur les mesures positives de la refondation de l’École qui doivent, d’abord se mettre en œuvre puis être amplifiées.

Cela devrait inspirer les candidats à la présidentielle pour que l’Ecole continue à avoir les moyens de faire enfin de la réussite de chacun une réalité.

Nous avons besoin de stabilité dans les efforts budgétaires consentis et les réformes engagées. Bref, la lutte pour l’égalité doit rester prioritaire !

Extrait de unsa-education.com du 27.09.16 : La lutte pour l’égalité doit rester prioritaire !

 

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