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Pour l’accès à l’emploi, l’apprentissage favorise beaucoup moins les jeunes de milieu défavorisé (Céreq, Bref n° 346 , 2016)

19 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Insertion des apprentis : un avantage à interroger

Alberto Lopez, Emmanuel Sulzer
Bref , n° 346 , 2016 , 4p.

Des apprentis toujours plus nombreux, d’un niveau de formation toujours plus élevé et qui conservent, en dépit de la crise, une insertion nettement plus favorable que les jeunes issus de la voie scolaire. La tonalité globalement positive de ce tableau général cache cependant des écarts entre niveaux de diplôme, entre filières, et surtout une sélectivité à l’entrée de cette voie de formation dont les effets restent à apprécier.

" En termes d’accès à l’emploi comme de salaire, l’avantage des apprentis est très net mais surtout très variable selon les niveaux de diplôme", écrit le Céreq dans un nouveau Bref.
"Pour les bacheliers professionnels, les écarts de chômage à trois ans de vie active, entre ex-apprentis et ex-lycéens sont de 13 points. Pour les sortants de l’enseignement supérieur, ces écarts sont de 6 points. Par exemple, pour les diplômés d’un master professionnel par la voie scolaire le taux de chômage est de 16% contre 10% pour ceux issus de l’apprentissage. Pour un niveau de diplôme donné, les apprentis perçoivent aussi des salaires plus élevés que les jeunes sortis de la voie scolaire". Mais les auteurs de l’étude indiquent les limites des comparaisons entre populations d’apprentis et de scolaires. "L’avantage associé à l’apprentissage est ici interrogé dans la mesure où l’entrée dans ces formations en alternance est sélective. De ce fait, certaines populations socialement défavorisées bénéficient peu des avantages procurés par cette voie de formation. De plus, l’essor de l’apprentissage se trouve également interrogé parce qu’il tend à se développer dans les niveaux de formation les moins exposés au risque de chômage, ainsi que dans des filières offrant déjà les débouchés les plus favorables. Enfin, si l’apprentissage semble réduire le risque de chômage, il ne constitue pas pour autant un rempart contre la dégradation conjoncturelle du marché de l’emploi. La crise impacte doublement les jeunes en apprentissage : leur insertion se trouve largement détériorée et l’offre de contrats de la part des employeurs se raréfie. En effet, bien qu’en moins mauvaise posture que les scolaires, les apprentis ont souvent vu leurs taux de chômage, à trois ans de vie active, doubler d’une génération (2004) à l’autre (2010)".

Conclusion :

"L’essor de l’apprentissage triplement interrogé

Au final, le développement quantitatif récent de l’apprentissage s’accompagne, lorsqu’on l’observe en détail, de transformations qualitatives importantes. Stagnant sur le premier niveau de formation, il se renforce dans le supérieur. Ce mouvement ascendant va de pair avec une diversification de ses publics et, en conséquence, de la variété de ses rôles dans la transition entre formation initiale et emploi. L’usage, dans les politiques publiques, de l’apprentissage comme outil de lutte contre le chômage juvénile se trouve donc ici partiellement conforté mais surtout triplement interrogé.

Interrogé d’abord parce qu’il tend à se développer dans les niveaux de formation les moins exposés au risque de chômage, ainsi que dans des filières offrant déjà des débouchés plutôt favorables.

Interrogé aussi par le fait que la crise impacte doublement l’apprentissage : l’offre de contrats de la part des employeurs se raréfie et l’insertion des apprentis se trouve largement détériorée. Car, si l’apprentissage semble réduire le risque de chômage en sortie de formation, il ne constitue pas pour autant un rempart contre la dégradation conjoncturelle du marché de l’emploi.

Interrogé enfin parce que l’entrée en apprentissage est sélective. De ce fait, certaines populations socialement défavorisées risquent de peu bénéficier des avantages procurés par cette voie de formation."

Télécharger : Insertion des apprentis : un avantage à interroger (4 pages)

Extrait de cafepedagogique.net du 18.05.16 : Le Céreq interroge les bienfaits de l’apprentissage

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