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La proposition de Sciences Po et de Paris VI de créer un lycée d’élite en banlieue et le point de vue de l’OZP

2 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable
  Sommaire  

NOTE : Le Premier ministre dans sa conférence de presse du 1er décembre a repris cette proposition.

Extrait du site « France3 Ile-de-France », le 02.01.05 : Lycée d’élite en Seine-Saint-Denis

Le directeur de Sciences-Po propose de créer un lycée d’élite en banlieue

Le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, propose la création d’un lycée expérimental dans la banlieue parisienne pour lutter contre l’échec scolaire.
Partisan d’une "union nationale pour les banlieues", Richard Descoings y révèle qu’il vient d’écrire au président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (PS) "pour savoir si (cette) démarche l’intéresse", puisqu’il "finance la construction des lycées" dans sa région. Le lieu d’implantation de ce lycée n’a pas été précisé."Dès septembre 2006, nous pourrions accueillir une première vague de 250 à 300 élèves, uniquement des classes de seconde, puis en 2007, de première et enfin de terminale", indique le directeur de Sciences-Po Paris avant de préciser qu’il ne veut pas créer "un lycée modèle, mot trop arrogant, mais une expérience duplicable en respectant ce qui existe actuellement".Richard Descoings a par ailleurs signé mardi la première Convention d’Education prioritaire (CEP) depuis les violences urbaines, avec le lycée Doisneau des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes. C’est le 34e établissement situé en Zone d’éducation prioritaire (ZEP) à signer un partenariat avec Sciences Po.

(Source AFP)

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Dans « Le Parisien » du 01.12.05 : Descoings veut créer un lycée d’élite en banlieue.

Dans « Le Parisien » du 1er décembre 2005, Richard Descoings, directeur de l’IEP de Paris (Sciences-Po) et Gilbert Béréziat, président de l’Université Paris VI (Pierre et Marie Curie, Jussieu) veulent une « union nationale pour les banlieues ».

Le quotidien francilien précise : « Ils proposent que soit créé un « lycée d’élite », installé probablement à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis : ce sera un établissement public, il respectera totalement la carte scolaire (il n’accueillera donc que les élèves du secteur où il sera implanté) et les programmes nationaux.
Principale innovation : la mise en commun et l’utilisation de méthodes pédagogiques qui ont fait leurs preuves dans d’autres établissements sans oublier l’évaluation régulière de ces pratiques et des résultats obtenus. Autres différence par rapport à un lycée classique : les professeurs de l’Education nationale seront recrutés sur la base du volontariat.

Toutes leurs heures supplémentaires seront rémunérées. Un club d’entreprises pourra financer les équipements. Nouveautés également : liaisons fortes avec les parents, les associations de quartier, les grandes écoles et l’université. »

Dans un entretien, organisé par Vincent Giret et Laurence Le Fur, et publié dans le même journal, Richard Descoings indique : « Dès septembre 2006, nous pourrions accueillir une première vague de 250 à 300 élèves, uniquement des classes de seconde, puis en 2007 de première, enfin de terminale. Nous ne voulons pas nous amuser à tout réformer. Nous ne voulons pas créer un lycée modèle, mot trop arrogant, mais une expérience duplicable en respectant ce qui existe actuellement

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02/12/05 - Un lycée d’élite en banlieue en projet

Extrait du « Monde » du 02.01.05 : Paris-VI et Sciences-Po planchent sur un lycée d’excellence en banlieue

un lycée expérimental à partir de la mise en commun des bonnes pratiques éducatives des lycées difficiles. L’idée est encore à l’état de proposition mais elle est déjà reprise par Dominique de Villepin. A l’origine de ce projet, Richard Descoings, directeur de Sciences-Po Paris et Gilbert Béréziat, président de l’Université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI), qui y travaillent depuis le début de l’année 2005.

" Nous sommes partis du constat qu’il existait localement des réussites au sein d’établissements qui cumulent pourtant beaucoup d’handicaps, mais faute de moyens ou de mutualisation, elles ne sont pas systématisées", explique Ricard Descoings. Le directeur de Sciences-Po a donc décidé de réunir autour de lui une vingtaine de professeurs et de chefs d’établissement mais aussi des associations qui ont fait leurs preuves sur le terrain afin de " mutualiser les bonnes pratiques". Le rassemblement de toutes ses idées devrait, selon M. Descoings, aboutir à court terme au "lycée que nous rêvons d’offrir aux lycéens, à leurs familles, à leurs enseignants et à la République". Ce lycée " idéal" ne se veut pas un " lycée d’élite".

Le "lycée expérimental" sera un établissement public, qui respectera totalement la carte scolaire et les programmes nationaux. L’innovation se trouvera dans un suivi scolaire personnalisé, une intégration de l’information et de l’orientation très en amont ainsi qu’une liaison très forte avec les entreprises. " Nous travaillons, par exemple, sur l’idée d’internaliser au sein de cet établissement toutes les formes de soutien scolaire qui ne sont pas accessibles par la plupart des élèves des quartiers défavorisés faute de moyens financiers suffisants".

Le lycée pourrait proposer un internat pour permettre à des élèves qui étudient souvent dans des conditions difficiles d’avoir un lieu propice au travail. Un système de bourse financé par des entreprises est aussi à l’étude. Autre différence par rapport à un établissement classique : les professeurs de l’éducation nationale seront recrutés sur la base du volontariat. L’ouverture de cet établissement pourrait se faire dès la rentrée 2006. "La balle est maintenant dans les mains des politiques", considère M. Descoings qui a envoyé un mail pour présenter son projet à une quarantaine d’élus de tout bord. "Pour l’instant personne ne m’a dit, c’est d’accord on y va", précise M. Descoings qui se dit par ailleurs favorable à la proposition défendue jeudi 1er décembre par le député Manuel Valls (PS, Essonne) d’orienter les meilleurs élèves de chaque lycée français vers les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

Le projet de M. Descoings de créer un lycée d’excellence en zone défavorisée n’est toutefois pas le premier. Le recteur de l’académie de Créteil a, par exemple, chargé Ghislaine Hudson, proviseur du lycée Joliot-Curie de Dammarie-Lès-Lys (Seine-et-Marne) d’une mission de ce type en Seine Saint-Denis.

Catherine Rollot

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02/12/05 -

Un lycée d’élite pour les banlieues : le point de vue de l’OZP

L’Observatoire des zones prioritaires (OZP) apprécie les déclarations au « Parisien » du directeur de l’IEP de Paris et du président de Paris VI : leur détermination en faveur de la réussite scolaire des élèves de ZEP et la méthode choisie (se mouler dans la réglementation actuelle) sont tout à fait positives.

L’OZP soutient donc cette orientation et espère qu’elle prendra corps, le rassemblement de volontaires sur un projet éducatif partenarial de réussite scolaire étant facteur essentiel d’efficacité. Les innovations décrites dans l’article correspondent aux demandes anciennes et renouvelées de l’OZP.

Cependant, trois observations doivent être faites :

-  le risque d’une polarisation médiatique autour de cet établissement qui non seulement laisserait dans l’ombre tous les autres lycées situés dans l’éducation prioritaire (y compris les quelques lycées qui approchent déjà ce modèle), mais surtout occulterait l’ensemble des problèmes sociaux et pédagogiques, en maternelle, en élémentaire et au collège, qui existent dans les quartiers en grande difficulté, là où l’exclusion se transmet de génération en génération. La réussite d’un petit nombre de lycéens est capitale pour montrer que c’est possible dans les ZEP aussi (l’expérience des conventions ZEP / Sciences-Po l’a bien démontré) mais l’Education nationale a la responsabilité de tous les élèves.

-  L’imprécision sur l’intervention des entreprises : si les auteurs de la proposition ne peuvent pas être suspectés de vouloir brader l’indépendance de l’Education nationale, il y a un risque pour l’avenir si cette formule est étendue. Or une expérience ne portant que sur un seul lycée ne peut être qu’une première étape : il en faut bien d’autres de ce type.

-  Les questions de service des enseignants, et notamment le temps réservé aux concertations nécessaires, ne sont pas indiquées. Si le paiement d’heures supplémentaires est la seule solution envisagée, il sera difficile pour ces collègues d’ajouter les heures de cours aux multiples tâches éducatives que le projet global de ce lycée semble exiger.

Le 1er décembre 2005.

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