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"Le numérique : nouvel outil ou nouvelle pédagogie ? Le cas des ZEP", avec Rémy Thibert (IFE) ( 3 comptes rendus de la rencontre OZP du 15 mai 2013)

16 mai 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

 -----LES RENCONTRES DE L’OZP-----

n° 104 - mai 2013

  "Le numérique : nouvel outil ou nouvelle pédagogie ? Le cas des ZEP"

Compte rendu de la réunion publique du 15 mai 2013

Le numérique est-il une chance pour les ZEP ?

L’OZP a demandé à Rémi Thibert, qui en dehors de sa fonction dans le service Veille & Analyses de l’Institut français de l’Éducation (IFÉ), a en charge le numérique, d’intervenir sur cette question

 

L’intervention se base sur le dossier d’actualité n° 79 publié par le service Veille & Analyses de l’IFÉ en novembre 2012 :
Thibert Rémi (2012) . Pédagogie + Numérique = Apprentissages 2.0 . Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°79
Pour trouver les références bibliographiques, je vous invite à télécharger le dossier sur notre site. Vous y trouverez les liens vers les références citées.

En guise de préambule, je reprendrais à mon compte les propos de Patricia Wastiau (European Schoolnet) qu’elle à tenu à Lille en mars 2013 au colloque de l’AFAE : le numérique n’est finalement qu’un miroir de la façon dont le système gère le reste.

Ci-dessous en format PDF le compte rendu intégral de la Rencontre (7p.)

 

LE COMPTE RENDU DU CAFE PEDAGOGIQUE

Le numérique est-il l’occasion d’une nouvelle pédagogie pour l’école et en particulier pour les ZEP, plutôt qu’un outil attractif et séduisant ? Pour sa 134ème réunion publique, l’Observatoire des Zones prioritaires a convié, mercredi 15 mai 2013, Rémy Thibert, chargé d’étude et de recherche au service Veille et Analyse de l’I.F.E (Institut Français de l’Éducation), à évoquer les usages scolairement efficaces du numérique en classe. Au-delà des problèmes matériels d’équipement, la question se pose en effet des transformations pédagogiques profondes que semble exiger le passage à l’ère des « apprentissages 2.0 ».
Cette mutation apparaît comme une chance pour réconcilier avec l’école les élèves les plus en difficulté. Mais n’est-ce pas illusoire ? Comment accomplir la transformation culturelle nécessaire dans la réalité des pratiques de terrain ? La révolution numérique pourrait se révéler non pas tant une nouvelle chance qu’un nouveau défi, pour les ZEP - un défi qu’il vaudrait mieux réussir à relever.
Jeanne-Claire Fumet

 

Le numérique est-il l’occasion d’une nouvelle pédagogie pour l’école et en particulier pour les ZEP, plutôt qu’un outil attractif et séduisant ? Pour sa 134ème réunion publique, l’Observatoire des Zones prioritaires a convié, mercredi 15 mai 2013, Rémy Thibert, chargé d’étude et de recherche au service Veille et Analyse de l’I.F.E (Institut Français de l’Éducation), à évoquer les usages scolairement efficaces du numérique en classe.
Au-delà des problèmes matériels d’équipement, la question se pose en effet des transformations pédagogiques profondes que semble exiger le passage à l’ère des « apprentissages 2.0 ». Cette mutation apparaît comme une chance pour réconcilier avec l’école les élèves les plus en difficulté. Mais n’est-ce pas illusoire ? Comment accomplir la transformation culturelle nécessaire dans la réalité des pratiques de terrain ? La révolution numérique pourrait se révéler non pas tant une nouvelle chance qu’un nouveau défi, pour les ZEP - un défi qu’il vaudrait mieux réussir à relever.

Pas encore d’études de fond sur la question
La question de l’usage du numérique dans les ZEP est un problème délicat, annonce d’emblée Rémy Thibert : aucune littérature de fond n’est encore disponible sur la question. La réflexion devra s’en tenir aux conjectures faites à partir des études générales établies sur la question du numérique à l’école. Premier constat : l’évolution du vocabulaire. On est passé des technologies aux TIC puis aux TICE et maintenant aux pratiques numériques. Loin d’être anodin, ce glissement sémantique souligne l’évolution d’un outil « technologique », cantonné à un enseignement spécialisé, vers des « pratiques » généralisées qui imprègnent toutes les dimensions du champ éducatif. Or les pratiques scolaires réelles se révèlent encore très limitées, en dépit du fort développement de l’usage du numérique dans les pratiques professionnelles des enseignants. Un paradoxe qui explique et relativise le retard français pointé par les enquêtes : le niveau d’équipement est satisfaisant, mais les usages qui sont loin d’être à la hauteur des possibilités offertes. Les pratiques internes à la classe restent déterminées par le rapport traditionnel au savoir et à la transmission. [...]

Extrait de cafepedagogique.net du 16.05.13 : Numérique en ZEP : des technologies aux pratiques

 

LE COMPTE RENDU DE TOUT EDUC

La littérature scientifique ne nous dit rien sur ce que le numérique pourrait apporter aux élèves en difficultés ni aux établissements de l’éducation prioritaire, constate Rémi Thibert (service de Veille & Analyse de l’Institut français de l’éducation) qui était l’invité, le 15 mai, de l’OZP (l’Observatoire de l’éducation prioritaire). Il constate que les usages en classe du numérique sont "assez limités", mais il estime qu’il faut "relativiser le retard français" en la matière. Il voit plusieurs freins à l’intégration des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) dans les classes, à commencer par le rythme des innovations. Les enseignants ont le sentiment que, le temps qu’ils s’approprient une technologie, une autre est apparue !

Se posent aussi les questions de formation, initiale et continue, des enseignants, mais aussi de leur aisance. Les plus jeunes ont plus de mal, ils doivent gérer leur(s) classe(s), et c’est souvent lorsqu’ils ont 8 ans d’ancienneté que "se fait la bascule". Ils se heurtent aussi à des problèmes de maintenance, de connexion, de réservation des salles et du matériel, qui sont autant de facteurs de blocage. Manque surtout l’assurance que le numérique est efficace. Les "méta-analyses" de la littérature scientifique mondiale montre qu’il n’a, "le plus souvent, pas d’effet" sur les acquis cognitifs. Mais ces analyses ne tiennent pas compte des compétences nouvelles, transversales notamment, que développent les élèves, et qui sont difficiles à appréhender.

Se pose aussi la question de la pédagogie. La majorité des demandes de formation porte sur l’usage des tableaux interactifs, "ce qui remet le moins en cause la pédagogie frontale", et non pas sur les organisations socio-constructivistes et sur l’autonomie que les TICE pourraient favoriser. Reste d’ailleurs à trouver "la juste articulation" entre les deux dimensions de l’enseignement, verticale pour la transmission des savoirs, et horizontale pour la coopération entre pairs. Il faut aussi bien voir que le numérique n’est pas en adéquation avec le bac et la culture du bachotage, ni avec les attentes des familles, qui ont une image traditionnelle de l’école, pas plus qu’avec les programmes. Ce à quoi s’ajoutent les peurs du plagiat ou du mésusage des écrans : "on ne véhicule pas une expérience positive", ajoute Rémi Thibert pour qui le numérique "fait ressurgir tous les problèmes" du système éducatif.

Extrait de touteduc.fr du 17.05.13 : "Le numérique fait ressurgir tous les problèmes pédagogiques" (Rémi Thibert, IFE)

 

Voir aussi sur le site du Centre Alain Savary, le même compte rendu que celui publié sur le site de l’OZP

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