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B* Apprendre à parler : dossier du Centre Michel Delay (mars 2011)

14 avril 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

Lettre d’échanges des réseaux d’éducation prioritaire n° 5, mars 2011

Sommaire

- Editorial (Alain Gineyts, Inspecteur de l’Éducation nationale)

Si le parcours scolaire des élèves est en grande partie lié à leur capacité à
maîtriser la langue et notamment la langue écrite, leur destin social est de
toute évidence plus fortement corrélé à leur niveau de maîtrise de la langue
orale. L’oral est en effet le média privilégié de la construction du lien
social, mais encore faut-il comprendre et respecter les normes langagières qui fondent
les différentes situations de communication et être en capacité d’exprimer ses
pensées, ses sentiments, son point de vue. Bien maîtriser la langue orale est encore
une compétence indispensable pour répondre aux exigences du monde du travail.

Tous les programmes scolaires de ces dernières décennies ont d’ailleurs mis l’accent
sur l’importance de mettre le langage au centre des apprentissages. Ainsi la
langue orale s’impose-t-elle comme objet d’étude à part entière, mais elle est aussi
travaillée en tant qu’outil dans toutes les disciplines enseignées à l’école. Au-delà
des contenus purement disciplinaires, elle représente encore le moyen d’accès à
d’autres compétences, comme les compétences sociales.[...]

Pour conclure, je dirai que toutes ces activités pédagogiques
nous montrent que le langage est au cœur de
l’éducation à la citoyenneté. Mais, étant profondément
marqué par un parcours professionnel qui m’a conduit
à la direction de structures culturelles, je ne peux terminer
sans évoquer la langue comme une invitation à
la poésie. Le langage, quand il cesse d’être uniquement
utilitariste et tourné vers l’action, peut revêtir une
dimension poétique. En convoquant sa fonction métaphorique,
sa musique intérieure ou son pouvoir
d’invoquer l’imaginaire, le poète et l’écrivain mobilisent
une autre dimension du langage. Ce langage du
coeur est pour moi aussi important que le langage de la
raison. Il nous permet d’exprimer nos émotions et de
faire pressentir le sentiment de la beauté.
Il y a là une autre voie pour aider les élèves à se
construire dans le respect mutuel, que l’école ne doit
pas négliger. [...]

 

- Ambition réussite : Les ateliers langage au cycle 1, petite et moyenne sections (Didier Juillard, Conseiller pédagogique Circonscription d’Oyonnax)

 

- Organiser un débat en classe (Christian ROCHEFOLLE, Secrétaire comité exécutif RRS - Rive-de-Gier (Loire)

[...] Ce temps de réflexion et de prise de parole organisé dans la classe
s’adresse à tous les élèves. Il s’agit de les mettre en position de se
risquer à échanger sur ce qu’ils pensent, à construire de nouvelles
idées ou de nouvelles façons de penser : ici, la parole de chacun est
accueillie et écoutée.
L’adulte qui mène la séance n’intervient pas sur la formulation ni
sur les dires : il est cependant le garant du respect du cadre par
tous les élèves.
Aider à prendre la parole, verbaliser, s’interroger, questionner les
autres, s’exprimer de manière plus ajustée, argumenter, transmettre
et réutiliser des idées, deviennent des objectifs à atteindre.
Échanger et débattre en respectant des règles de communication
(tour de parole, règles de politesse…), en situant son propos par
rapport à celui des autres en les écoutant (prendre en compte ce
qui est dit, réagir, exprimer son accord ou son désaccord, émettre
un point de vue personnel et motivé…) sont des compétences à
développer.
Le débat est ici considéré comme une activité de renforcement du
langage et d’expression de la pensée. Il peut être également un
apport culturel permettant la mise en perspective des propos par
rapport à des oeuvres littéraires, cinématographiques, théâtrales… [...]

 

- Si on écoute les élèves, on gagne en autorité (Nathalie Beaulieu, principale
Delphine Joseph, CPE Collège Lamartine - Villeurbanne)

[...] Au collège Lamartine, une majorité des élèves rencontre des difficultés
pour s’exprimer en raison d’un déficit langagier mais aussi
par inexpérience de la communication avec des adultes. En observant
les situations conflictuelles entre les élèves et entre les élèves
et les professeurs, nous avons eu la conviction qu’il fallait développer
les espaces de parole afin d’améliorer le climat de l’établissement.
La violence vient souvent par défaut de verbalisation. Favoriser
la prise de parole des élèves permet d’apprendre à renoncer à
la force, à la violence verbale ou physique. [...]

D’une manière générale, favoriser la parole de l’élève a des effets
bénéfiques : à l’intérieur de l’établissement où règne un climat de
confiance et où la parole de l’adulte (comme de l’élève) est respectée
et aussi, bizarrement dans les familles où l’on n’avait pas
l’habitude de parler et qui se laissent gagner par la contagion…

 

- Donner une place légitime à la parole de l’élève (tribune libre de Daniel Favre, LIRDEF équipe « Didactique et socialisation » Université Montpellier 2)

Former l’adulte de demain pour qu’il devienne un citoyen autonome et responsable fait partie des missions des enseignants
de manière explicite depuis 1997 en France1.
Mais un citoyen autonome et responsable, c’est avant tout
un sujet. Sur le plan psychologique, le sujet peut se reconnaître à
ses manifestations. Parmi celles-ci, l’émergence de la capacité à
dire non constitue une étape importante de la psychogenèse chez
l’enfant et cette possibilité représentera ensuite un droit imprescriptible
de tout sujet et futur citoyen.
Or, à l’école, quand et où l’élève peut-il dire non ? Ce n’est pas sur le
choix du programme, sur celui des enseignants, des autres élèves,
des horaires, ou encore de l’établissement, puisque tout cela lui est
imposé. Il n’y a tout simplement pas de cadre prévu à l’école dans
lequel l’élève pourrait dire non ; l’école n’est pas prévue pour cela,
pourtant elle doit former des citoyens. Implicitement, les adultes
chargés de son éducation considèrent que l’élève devrait être motivé
pour toutes les tâches qu’on lui propose et ont donc tendance
à caractériser les élèves de manière dualiste motivé/non motivé,
ce qui pose un faux problème : comment motiver les élèves ? Nos
recherches sur la violence à l’école et ses liens avec l’échec scolaire
nous ont amenés à développer et à appliquer un autre modèle où
la question devient : comment permettre à l’élève de se remotiver pour
l’apprentissage ?

Il s’agit de comprendre le rôle que jouent les émotions (sur le
registre allant de la frustration au plaisir) à travers trois systèmes
de motivation (SM) différents (et non un seul). Les deux premiers
favorisent l’apprentissage et permettent de contrer les effets du
troisième : la motivation d’addiction qui s’oppose à la dynamique
de l’apprentissage. [...]
• La motivation de sécurisation (concerne tout ce qui constitue
notre sécurité dans la stabilité et le connu, comme se sentir accepté
sans jugement). Elle est activée en situation de dépendance et met
le sujet en référence externe.
• La motivation d’innovation, elle, est activée lorsque le sujet
réussit des apprentissages, explore, fait des choix, gagne en autonomie
et place ce sujet en référence interne.
• Dans la motivation d’addiction, le plaisir est associé au maintien
ou à une recherche active (souvent non consciente) des situations
de dépendance. Elle favorise des relations où autrui est mis
en position d’objet et vise le statu quo psychologique ; en cela elle
s’oppose aux changements et donc aux apprentissages. [...]

 

- Parler en classe, c’est aussi travailler ! (Catherine Mounier, Centre académique Michel Delay, à partir des travaux de Sylvie Ennaji et Marc Prouchet

 

- Les « colles » en CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles), Ce qu’elles nous apprennent (André Hirt, Professeur de philosophie en khâgne, Lycée Claude Fauriel - Saint-Etienne)

Dans ce numéro consacré à l’oral en REP, il nous a semblé
intéressant de donner la parole à des enseignants qui pourtant
n’écrivent pas souvent dans nos colonnes, démontrant ainsi
que la pratique de l’oral est nécessaire à tous les niveaux
d’enseignement, de la maternelle au supérieur, pour des objectifs
qui, somme toute, ne sont guère différents d’un niveau à l’autre !

 

- Tu m’agresses la parole... Apprendre à se parler sans s’agresser (Propos recueillis par Catherine Mounier, Centre académique Michel Delay)

Le collège des Noirettes, à Vaulx-en-Velin, mène depuis le début
de cette année une expérience de médiation par le biais de scènes
théâtralisées avec des élèves en très grande difficulté. La principale
Annie Béjean, son adjointe Anne Sourisse et la directrice de Segpa
Annie Berthuy nous ont expliqué les tenants et les aboutissants de ce
travail au long cours qu’elles mènent avec le Lien Théâtre…

Mettre la violence en théâtre
« J’avais entendu parler de cette compagnie,
poursuit Annie Berthuy, et j’avais
moi-même auparavant travaillé avec des
enfants sourds, ce qui m’avait sensibilisée
à l’importance du non-verbal dans les relations
humaines. J’ai donc pris contact avec
eux, et nous avons décidé de travailler sur
le thème Tu m’agresses la parole pour qu’ils
prennent conscience de l’image qu’ils donnent
et puissent l’améliorer. Avec les comédiens,
à raison de deux heures par semaine,
ils écrivent de petites saynètes mettant en
scène des situations qui montrent des moments
où les relations entre les gens sont
tendues. Puis ils apprennent leur texte,
conçoivent les décors, répètent sous la direction
du metteur en scène et finalement
jouent. L’objectif à terme est qu’ils produisent
un spectacle et que celui-ci soit donné
ailleurs que dans le collège pour qu’ils se
sentent valorisés, qu’ils soient en situation
d’expliquer et de montrer ce qu’ils font et
aussi pour qu’ils sortent de leur environnement
quotidien. [...]

 

- Travailler l’oral en dispositif relais (Propos recueillis par
Catherine Mounier, Centre académique Michel Delay)

Le lycée professionnel Louise Labé abrite dans ses murs depuis
environ dix ans une des quatre classes relais préprofessionnelles du
département du Rhône. Celle-ci accueille une quinzaine d’élèves.

 

Extrait du Centre Michel Delay} le 13/04.2011 : Apprendre à parler (10 pages)

 

Centre Michel Delay

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