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« Ce qu’il faut réformer à l’école dans les quartiers difficiles » (longue tribune dans le Nouvel Obs d’un entrepreneur du numérique après la visite de 60 établissements prioritaires)

18 mai

« Ce qu’il faut réformer à l’école dans les quartiers difficiles », par Stéphane Treppoz

Stéphane Treppoz est un entrepreneur du numérique, il a été le PDG d’AOL France et de Sarenza. Dans cette tribune, il nous livre les enseignements tirés de ses interventions dans plus de 60 établissements scolaires en ZEP.

[...]
J’ai rencontré plus de 2 000 élèves âgés de 14 à 22 ans ces six derniers mois durant des séances de deux heures à chaque intervention dans 118 classes de plus de 60 établissements scolaires des régions parisienne, lyonnaise et marseillaise principalement en zones d’éducation prioritaires REP ou REP+.

[...] Tout le monde a un talent pour exceller dans ce qu’il aime
En conclusion, la bonne nouvelle est que cette France des quartiers difficiles, qui dérive depuis trop longtemps, ne demande qu’à s’intégrer à condition qu’on la respecte, qu’on lui fixe un cadre clair et justifié, qu’on s’y tienne, qu’on lui donne de l’espoir en lui expliquant que tout le monde a un talent pour exceller dans ce qu’il aime, et enfin qu’on lui donne des perspectives positives pour les quarante ans de vie professionnelle qui l’attendent après quinze à vingt ans d’études. Le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2008, il existe donc d’excellentes raisons d’espérer et de vendre un avenir crédible à nos jeunes : ils auront tous un travail s’ils s’en donnent les moyens, l’important c’est qu’ils trouvent celui dans lequel ils s’épanouiront.

J’ai vu des classes où les jeunes sont heureux et s’investissent car la structure est en place : le proviseur est présent (pas seulement devant les grilles de l’établissement, mais également en faisant preuve de fermeté bienveillante dans ses décisions et en soutenant des équipes motivées) et les enseignants sont formidables dans leurs rôles d’éducateur-formateur qu’ils ont choisi. C’est donc possible. Une preuve par l’image est le film « Allons enfants », actuellement en salle, qui montre ce que le lycée Turgot à Paris réussit avec des jeunes de banlieue qui concilient études et hip-hop. Une leçon de vie et d’optimisme pluriel à regarder sans modération.

Je m’excuse auprès de ceux qui seraient en désaccord avec tout ou partie du diagnostic et des recommandations ci-dessus. J’ai essayé d’éviter les caricatures, et il y a forcément des exceptions à tous mes constats. Mon seul objectif est d’ouvrir le débat et contribuer à l’égalité des chances, car ces jeunes en souffrance sont également la France de demain.

Extrait de nouvelobs.com du 17.05.22

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