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Publication de l’Etat de l’école édition 2021 (Extraits sur l’éducation prioritaire et les inégalités sociales à l’école)

9 décembre 2021

L’Etat de l’école 2021
Véritable panorama du système éducatif français, L’état de l’École rassemble les indicateurs statistiques les plus pertinents pour analyser les évolutions et les tendances dans l’éducation. Scolarité des élèves, investissements, climat scolaire, formation des personnels, acquis des élèves, parcours, orientation et insertion professionnelle.

SOMMAIRE

Les élèves
1. La scolarisation dans le premier degré
2. La scolarisation au collège
3. La scolarisation au lycée général et technologique
4. La voie professionnelle : voie scolaire et apprentissage
5. La scolarisation des élèves en situation de handicap
6. L’éducation prioritaire

L’investissement
7. La dépense pour l’éducation
8. La dépense d’éducation pour le premier degré
9. La dépense d’éducation pour le second degré
10. La dépense d’éducation pour l’enseignement supérieur
11. Les personnels de l’Éducation nationale
12. Les salaires des enseignants
13. Les moyens enseignants consacrés aux élèves

Contexte scolaire et formation des personnels
14. La préparation au métier d’enseignant
15. La formation continue des enseignants des premier et second degrés
16. Le ressenti professionnel des enseignants à l’école et au collège
17. Les pratiques de classe des enseignants
18. L’enseignement des mathématiques en classe de CM2
19. L’enseignement des mathématiques en classe de troisième
20. Les conditions d’accueil dans le premier degré
21. Les conditions d’accueil dans le second degré
22. Le climat scolaire

Les acquis des élèves
23. Les évaluations de début de CP et CE1
24. Les compétences en français et en mathématiques en début de sixième
25. Les compétences des élèves en mathématiques depuis 1987
26. Les compétences en français et en mathématiques en début de seconde
27. Les compétences en lecture des jeunes
28. Les compétences socio-comportementales des élèves

Les parcours, l’orientation et l’insertion
29. Les parcours des élèves
30. La réussite aux examens
31. Les inégalités sociales dans l’enseignement scolaire
32. Les différences de parcours entre filles et garçons
33. Les disparités territoriales de parcours et de résultats
34. Les objectifs de l’Union européenne en matière d’éducation et de formation à l’horizon 2030
35. Les sorties de formation aux faibles niveaux d’études
36. Le niveau d’études de la population
37. L’insertion professionnelle des jeunes
38. Le diplôme et l’entrée dans la vie active

Extrait de education.gouv.fr du 01.12.21

 

EXTRAITS
(page 22)
6 L’éducation prioritaire

Un collégien et un écolier sur cinq en éducation prioritaire
À la rentrée 2020 en France métropolitaine et dans les DROM, les réseaux d’éducation prioritaire renforcé (REP+) regroupent 363 collèges publics et les réseaux d’éducation prioritaire (REP) en regroupent 729. Un collégien du secteur public sur cinq est scolarisé en éducation prioritaire : 7,3 % sont scolarisés dans un collège REP+, soit 193 700 élèves, et 14,3 % dans un collège REP, soit 380 600 élèves „ 6.1. Dans le premier degré, 2 458 écoles pu-bliques sont en REP+ et 4 189 écoles publiques sont en REP en France métropolitaine et dans les DROM. Un écolier du secteur public sur cinq est scolarisé en éducation prioritaire : 8 % sont scolarisés dans une école REP+, soit 457 100 élèves, et 12,3 % dans une
école REP, soit 699 300 élèves.

Une répartition hétérogène sur le territoire français
La répartition des collèges en éducation prioritaire (EP) n’est pas homogène sur le territoire. Les REP+ concernent les quartiers ou secteurs isolés qui connaissent les plus grandes concentrations de difficultés sociales. Quatre collèges REP+ sur dix sont concentrés dans cinq départements : le Nord, la Guyane, la Seine-Saint-Denis, les Bouches-du-Rhône et La Réunion. Ces collèges bénéficient de moyens supplémentaires (classes moins chargées, personnels sup-plémentaires, temps de concertation, etc.). Au contraire, 31 dépar-tements, plutôt ruraux, n’ont aucun collège REP+ „ 6.2.
Quatre départements ont plus d’un collégien sur cinq scolarisé en REP+ : la Seine-Saint-Denis (22,1 %), La Réunion (27,0 %), Mayotte (41,8 %) et en particulier la Guyane (95,7 %).

Une concentration de collégiens d’origine sociale défavorisée en éducation prioritaire
Les collégiens de l’éducation prioritaire sont très massivement d’origine sociale défavorisée : trois quarts des élèves de REP+ et six élèves sur dix de REP ont des parents ouvriers ou inactifs, contre quatre sur dix dans les établissements publics hors édu-cation prioritaire et un sur cinq dans les collèges privés sous
contrat „ 6.3. Les collèges de l’éducation prioritaire se caracté-risent surtout par la concentration de certains profils d’élèves.
Ainsi, plus de neuf collèges en REP+ sur dix et près d’un collège en REP sur deux accueillent au moins 60 % d’élèves d’origine sociale défavorisée contre seulement 4 % des collèges publics hors éducation prioritaire et 2 % des collèges privés.

Les écoles d’éducation prioritaire accueillent des élèves en difficulté scolaire dès leur entrée en CP
À la rentrée scolaire 2020, l’ensemble des élèves entrant en CP a été évalué en français et en mathématiques. Les élèves entrant dans des écoles en EP sont plus souvent en difficulté dès le début de CP.
Les écarts les plus marqués en français entre les écoliers de l’EP et ceux hors EP sont constatés en compréhension orale, notamment pour la compréhension de mots lus par l’enseignant. La proportion d’élèves hors EP qui présentent une maîtrise satisfaisante dans ce domaine est de 73 %, contre 50 % des élèves de REP et 39 % de ceux de REP+. Les différences sont moins importantes mais néanmoins élevées dans le domaine de la manipulation des syllabes : 25 points de pourcentage d’écart entre les élèves de l’enseignement privé et ceux des établissements en REP+ „ 6.4.
En mathématiques en début de CP, les différences les plus marquées sont constatées pour l’utilisation des nombres et en particulier pour la résolution de problèmes. La proportion d’élèves hors EP qui présentent une maîtrise satisfaisante dans ce domaine est de 67 %, contre 50 % des élèves de REP et 42 % de ceux de REP+. Les écarts dans l’écriture des nombres entiers sont plus élevés : 12 points entre les élèves de REP+ et ceux scolarisés hors EP. À la rentrée 2021 ces écarts se sont réduits (fiche 23).
Cette plus grande difficulté scolaire se retrouve à l’entrée en sixième où 10 % des élèves issus des écoles en REP+ et 7 % en REP sont en retard à l’entrée en sixième contre moins de 4 % hors éducation prioritaire.

 

(Page 50)
20 Les conditions d’accueil dans le premier degré

La taille des classes baisse fortement en éducation prioritaire
Dans les écoles de l’éducation prioritaire, des moyens supplémentaires sont alloués. En 2015, tous niveaux confondus, la taille des classes était ainsi de 23,0 élèves en éducation prioritaire (EP) contre 24,1 dans les écoles publiques hors éducation prioritaire. Ces écarts ont augmenté, d’abord à la rentrée 2017 à la suite de la mise en place des CP dédoublés en Réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), puis aux rentrées 2018 et 2019 avec l’élargissement de la mesure aux classes de CP en Réseau d’éducation prioritaire (REP) et aux classes de CE1. Enfin, à la rentrée 2020, ce sont les classes de grandes sections de maternelle qui ont commencé à être
dédoublées „20.2.
Entre les rentrées 2015 et 2020, la taille des classes de CP en éducation prioritaire s’est ainsi considérablement réduite, passant de 21,7 à 12,6 élèves. De la même manière, la taille des classes de CE1 est passée de 22,6 à 12,8 élèves. Cette diminution de la taille des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire ne s’est pas faite au détriment des autres niveaux ; en effet, pour ces derniers, le nombre d’élèves par classe diminue également. Le même constat s’applique aux écoles publiques hors éducation prioritaire : en CP par exemple, le nombre d’élèves par classe est désormais de 21,6 dans ces écoles, contre 22,5 en 2015. Les classes de CP, de CE1 ainsi que celles de grandes sections de maternelle commencent,
à la rentrée 2020, à être plafonnées à 24 élèves sur l’ensemble du territoire, avec une mise en œuvre étalée jusqu’à 2022.

Une baisse qui ne s’est pas faite au détriment des écoles rurales
Cette diminution de la taille des classes en éducation prioritaire ne s’est pas non plus faite au détriment des écoles rurales où la taille des classes a également diminué quel que soit le niveau d’ensei-gnement. Cette baisse, certes moins importante qu’en éducation prioritaire, est toutefois significative et plus forte que dans le public urbain hors éducation prioritaire. Par exemple, la taille des classes de CP était dans le rural de 21,1 élèves en 2015 contre 19,9 élèves en 2020. Dans les communes rurales, cette légère réduction du nombre d’élèves par classe s’explique par une baisse du nombre d’élèves, plus forte que celle du nombre de classes. Cette évolution
concerne également les écoles hors éducation prioritaire implantées dans des communes urbaines. C’est dans ces écoles que la taille des classes est la plus importante, mais cette taille a également tendance à diminuer, puisque tous niveaux confondus, elle est désormais de 23,8 élèves par classe, contre 24,7 en 2015 „20.3.

 

(page 72)
31. Les inégalités sociales dans l’enseignement scolaire

L’environnement familial des élèves a une influence sur leur par-cours scolaire et leur acquisition de connaissances. Les condi-tions de vie, les ressources économiques et culturelles, sont plus ou moins favorables à la réussite scolaire.
Les inégalités sociales de performances sont déjà élevées en début de collège
En début de collège, les inégalités de performances scolaires selon le milieu social des parents sont déjà fortes. Ainsi, en sixième, à la rentrée 2020, parmi les 20 % d’élèves les plus favorisés socialement, neuf sur dix ont une maîtrise satisfaisante ou très bonne des atten-dus des connaissances et compétences en mathématiques. Seule la moitié des 20 % d’élèves les moins favorisés atteint une maîtrise sa-tisfaisante. Le taux de maîtrise des élèves les plus favorisés dépasse celui des plus défavorisés de 42 points. Les écarts sont moins éle-vés en français (24 points), où les difficultés sont moins prononcées qu’en mathématiques (fiches 23 et 26). Par ailleurs, à l’occasion du test de positionnement passé en seconde générale, technologique et professionnelle à la rentrée 2020, de forts écarts de maîtrise sont
également perceptibles : 41 et 27 points d’écart, respectivement, en mathématiques et en français.La France fait partie des pays où elles sont les plus
prononcées à l’âge de 15 ans

La France compte parmi les pays européens où les inégalités sociales de résultats scolaires sont les plus fortes. En 2018, les élèves de 15 ans dont le contexte socioéconomique est le plus favorisé ont, en France, un score moyen en compréhension de l’écrit comparable à celui de leurs homologues de Finlande et d’Irlande, alors que les élèves français dont le contexte est le plus défavorisé ont un niveau inférieur d’environ 40 points à ceux des deux mêmes pays „ 31.2.
En revanche, les scores des élèves les plus défavorisés sont proches de ceux de l’Allemagne. La France fait d’ailleurs partie des pays, comme l’Allemagne, où l’écart de score entre ces deux groupes d’élèves est particulièrement élevé. Comme dans la plupart des pays européens, les écarts sociaux de compétences sont stables en
France depuis 2009.

Ces inégalités se traduisent également dans les sorties sans diplôme et l’orientation
Les écarts sociaux en matière de sorties sans diplôme sont en partie le reflet des écarts de résultats scolaires. Ainsi, parmi les élèves entrés en sixième en 2007, un cinquième des enfants d’employés de service et d’ouvriers non qualifiés n’a pas de diplôme du secondaire dix ans Lecture : 91 % des élèves les plus favorisés ocialement (groupe 5) ont une maîtrise satisfaisante ou très bonne des connaissances et des compétences évaluées en mathématiques en début de sixième.

Les inégalités sociales dans l’enseignement scolaire plus tard „ 31.3. À l’inverse, cette proportion n’est que de 4 % chez les enfants d’enseignants, de cadres, professions libérales et chefs d’entreprise. Ces écarts se sont toutefois réduits depuis les années 1990. Ainsi, parmi les élèves entrés en sixième en 1995, la proportion d’enfants d’ouvriers non qualifiés sortis sans diplôme atteignait 33 % contre 8 % parmi les enfants de cadres, soit 25 points d’écart, contre 15 points en 2007. De plus, les processus d’orien-tation restent très marqués par l’origine sociale, ce qui résulte de résultats scolaires et de souhaits d’orientation différenciés. Parmi les élèves entrés en sixième en 2007, près de la moitié des enfants d’employés de service et d’ouvriers ont obtenu un diplôme de l’enseignement professionnel (baccalauréat ou CAP) dix ans plus tard, contre un enfant de cadre et d’enseignant sur dix.

La majorité des élèves de milieu défavorisé comptent obtenir un diplôme du supérieur
En 2018, en France, 89 % des élèves de 15 ans déclarent qu’ils comptent obtenir un diplôme du supérieur, lorsqu’ils appartiennent au quart des élèves au contexte socioéconomique le plus favorisé, contre 69 % parmi le quart des plus défavorisés „ 31.4.
Cet écart de 20 points est le plus faible des pays européens. Par contraste, les écarts sociaux d’aspirations à un diplôme du supérieur sont les plus élevés en Allemagne (48 points d’écart), sans doute du fait notamment de l’orientation précoce des élèves dans des filières séparées, à dominante générale ou professionnelle. Néanmoins, en France, l’accès effectif à l’enseignement supérieur est aussi marqué par de fortes inégalités sociales, ainsi que le niveau de diplôme en sortie du système éducatif (fiche 36). De plus, les jeunes des origines sociales les plus favorisées sont surreprésentés dans les filières les plus élitistes, incluant notamment les classes préparatoires aux grandes écoles.

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