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Donner du sens à l’action sur le terrain de l’éducation prioritaire

juin 2006, par Lucienne Siuda Version imprimable de cet article Version imprimable

Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

 

Donner du sens à l’action sur le terrain de l’éducation prioritaire

Le succès de l’éducation prioritaire repose sur l’engagement de tous les acteurs travaillant en réseau. Celui-ci agit en système pour répondre aux besoins du terrain.

Quelle que soit sa place dans le réseau, l’acteur donne d’autant plus de sens à son action qu’il a conscience de s’inscrire dans une durée créatrice. En reprenant le parallèle avec le domaine de l’entreprise, on peut déterminer les conditions du succès du travail en réseau :

- 1. "D’abord du sens : L’avantage de l’organisation taylorienne, c’est qu’elle postule l’absence du sens... Tais-toi et visse !
L’organisation en réseau implique le partage par tous ses acteurs d’une vision commune de valeurs et de principes... Que faisons-nous ensemble ?
Le sens est au réseau ce que la note de service est à la pyramide
". [1]
Cette première condition nous amènerait à penser que le système éducatif est en train de sortir d’une organisation taylorienne -souvenons-nous des cours de morale à la même heure dans chaque école de France- à une autre forme, moins centralisée. Dans cette nouvelle forme, la note de service, qui est un ordre venant du sommet, ne peut envisager tous les cas de figure : le sommet n’a plus la connaissance ni la solution.

- 2. "et de l’ouverture : seuls les systèmes ouverts peuvent espérer changer. Le réseau est une réponse du vivant au vivant, du complexe au complexe. Il coévolue avec le milieu qui a suscité sa création. Les acteurs d’un réseau ouvert sont tous guetteurs, vigies, capables de s’étonner des signaux extérieurs et soucieux de les faire connaître en interne." [2]

Cette deuxième condition nous renvoie au schéma du système ouvert et nous rappelle l’importance des contrats de réussite, de la mémoire, des relances, de toutes les actions qui empêchent le système de se figer.

- 3. "et bien sûr de la liberté : un réseau n’a d’autre dynamisme que celui qui vient de la liberté de ses membres. Pas de réseau vivant sans confiance, pas de confiance dans un climat de double langage." [3]

Les projets partenariaux, locaux, départementaux ou académiques, entrent dans cette troisième condition.

- 4. "évidemment de l’interactivité : le réseau renvoie aux greniers l’esprit de statut, de galon, de corps, les mépris hiérarchiques, les suffisances d’école. Il privilégie les personnes qui favorisent l’interactivité, accélèrent la circulation de l’information et la multiplication des contributions. Le véritable acteur du réseau est un fécondateur : il enrichit ses découvertes de celles des autres ; un facilitateur : il met l’innovation en œuvre ; un intégrateur : il met en relation les actions complémentaires." [4]
Voilà qui donne du sens à toutes les actions innovantes, interministérielles, au partenariat et au rôle d’un centre de ressources.

- 5. "et une complexité assumée : piloter un système complexe humain, c’est faire cohabiter des forces de maintien et des forces de remise en cause (innovation). L’anarchie est mortelle mais la tentation de l’alignement est mortifère. Les plus belles innovations sont des désobéissances qui ont réussi. Le tout est plus que la somme des parties et la partie est plus que la fraction du tout. Chacun s’auto-organise d’autant mieux qu’il connaît le « tout », qu’il comprend mieux les finalités, les valeurs et les règles de l’entreprise. L’entreprise produit et s’auto-produit. En ce sens, le réseau peut devenir une organisation apprenante pour peu que chaque nœud du réseau génère des comportements évolutifs, favorise les initiatives et les synergies." [5]

Fonctionnement en réseau et fonctionnement pyramidal co-existent, mais chaque acteur est responsabilisé et a conscience qu’il fait évoluer le système. Sortir du taylorisme (« tais-toi et visse ») pour entrer dans la complexité et avoir conscience de sa place dans le système : voilà qui donne du sens à l’éducation prioritaire.

 

Documents

Morin, Edgar. Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Seuil. 2000.
En 1999, l’UNESCO a demandé à Edgar Morin d’exprimer ses idées sur l’essence même de l’éducation du futur dans le contexte de sa vision de "la pensée complexe". Dans cet ouvrage Edgar Morin met ainsi en avant sept principes clé qu’il estime nécessaires pour l’éducation du futur, développés en sept parties :
- 1. Les cécités de la connaissance : l’erreur et l’illusion ;
- 2. Les principes d’une connaissance pertinente ;
- 3. Enseigner la condition humaine ;
- 4. Enseigner l’identité terrienne ;
- 5. Affronter les incertitudes ;
- 6. Enseigner la compréhension ;
- 7. L’éthique du genre humain.

Voilà qui donne du sens à l’action éducative, au delà du terrain de l’éducation prioritaire.

 

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Notes

[1Hervé Sérieyx, Face à la complexité, mettez du réseau dans vos pyramides. Extraits de la première partie de l’ouvrage. Village Mondial, 1996.

[2cf [1]

[3cf [1]

[4cf [1]

[5cf [1]

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