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L’accompagnement. Nouvel horizon pour la formation, dossier de la revue Diversité, n° 197, janvier-avril 2020 (sommaire, commentaire par ToutEduc)

8 février Version imprimable de cet article Version imprimable

L’accompagnement. Nouvel horizon pour la formation
Diversité, n° 197, janvier-avril 2020

L’idée d’accompagner, de l’accompagnement, question émergente depuis quelques années, s’impose comme une référence dans les nouvelles formes à donner aux dispositifs de formation. Cette modalité, et l’ingénierie qu’elle nécessite, se singularise par l’attention particulière portée aux acteurs qui ne sont plus positionnés comme de simples réceptacles d’un discours ex cathedra, mais des acteurs actifs dans le cadre d’un dispositif déterminé avec eux et pour eux. Mais, comme pour tout objet émergeant, on pourra d’abord y voir de nouvelles perspectives en termes de formation, et toutes les raisons de plébisciter les dispositifs d’accompagnement. Il faudra seulement en évaluer les limites tout autant que les dérives possibles.

1 - Sommaire
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2 - Edito
Accompagner ! , par Régis Guyon-
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Bibliographie
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Entretien avec Matali Crasset
Matali Crasset est designer industriel de formation. Elle analyse et interroge les codes qui régissent notre société contemporaine pour mieux s’en affranchir mais explore aussi d’autres terrains de création, comme le graphisme, le mobilier ou encore la scénographie d’exposition et l’architecture.
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Entretien avec Mireille Cifali Bega
Mireille Cifali Bega, historienne et psychanalyste, elle est professeure honoraire en sciences de l’éducation de l’université de Genève et vient de publier Préserver un lien. Éthique des métiers de la relation (PUF, 2019).
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Extrait de reseau-canope.fr de février 2020

 

Voir en particulier : Une expérience d’accompagnement d’enseignants en REP+, par Elise Vinel et Elisabeth Bautier (pp. 1118-123)

 

Accompagnement : une notion davantage signifiante que ses emplois multiples ne le donne à penser (revue Diversité)

"La notion d’accompagnement s’installe depuis quelques années comme une notion de référence dans le monde de la formation", constate Régis Guyon. Le rédacteur en chef de la revue Diversité, dont le dernier numéro est consacré à l’accompagnement, poursuit : "Plutôt que de mettre en avant la nécessité de former, de conseiller, de tutorer, voire d’inspecter les enseignants et les équipes pédagogiques, on insiste aujourd’hui sur la notion d’accompagnement (...). On peut légitimement s’interroger sur ce changement de vocabulaire : relève-t-il d’un renversement de perspective et de la mise en place d’une approche renouvelée des dispositifs de formation, d’aide et de soutien des acteurs et des équipes éducatives ? Ou bien de la nouvelle dénomination de pratiques déjà existantes ? Ou bien encore d’un discours émergeant, faisant de l’accompagnement une pratique formalisée – et non plus seulement informelle – en raison de l’exigence d’efficacité ?"

D’ailleurs, pour Mireille Cifali Bega (historienne et psychanalyste), le mot accompagnement "est devenu un mot que l’on entend partout". Il faut le différencier de guider, qui suppose que l’on sache où on va, de former, "donner une forme à ce qui n’en a pas encore", d’instruire, "transmettre un savoir". Avec l’accompagnement, "si nous savons le but, nous ne savons pas le chemin. Il s’agit de le construire ensemble (...). Accompagner, comme enseigner, nous engagent corporellement (...). Être en présence, c’est donner corporéité à une relation humaine, ce qu’un robot ne saurait apporter".

Thierry Bouchetal et Françoise Lantheaume (Lyon 2) constatent pour leur part que "la professionnalisation de l’accompagnement" est "en vogue particulièrement dans les métiers de la relation à autrui", dont l’enseignement. Il "tend à devenir une compétence ordinaire des enseignants, parfois peu conscientisée et donnant lieu à des pratiques peu formalisées". Dès lors se pose la question du rôle de l’institution qui l’envisage plutôt du point de vue de la mise en oeuvre des réformes. "L’attention au réel du travail et à l’expression des demandes des enseignants, la mise à disposition d’organisations du travail donnant du temps pour développer la réflexivité propre à l’accompagnement, la facilitation d’un accompagnement entre pairs, le soutien aux dynamiques collectives et à l’autonomie encadrée par un souci éthique, semblent des pistes de réflexion à développer."

D’ailleurs, fait remarquer Nicole Catheline (pédopsychiatre), "la position de celui qui demande de l’aide est toujours inconfortable en raison de la peur du jugement, et celle de ne pas être entendu dans ses besoins, ses attentes. Ces inquiétudes légitimes sont plus ou moins renforcées par la posture de l’accompagnant lui-même qui peut à son corps défendant renvoyer une image négative, suscitant malgré lui des attitudes défensives".

Peut-on parler d’accompagnement dans le cadre des "entretiens de carrière" et du PPCR ? Didier Michel, inspecteur général, met en cause un mélange, lors de l’entretien, entre la gestion des carrières et l’accompagnement : "Les tensions constatées sur le terrain et auxquelles doivent faire face les corps d’inspection et les équipes de direction, révèlent bien cette forme de dissonance dans les intentions de ce dispositif qui entremêle une volonté d’accompagnement des parcours professionnels avec des exigences d’évaluation et de promotion des personnels. Est ainsi maintes fois remontée du terrain, l’incompréhension d’enseignants déçus de ne pas avoir bénéficié d’avancements alors même qu’ils avaient ressenti, lors des entretiens d’évaluation, une meilleure prise en compte de l’évolution de leur professionnalité tout au long de leur parcours."

Bien qu’il ne s’inscrive pas dans la même problématique, le philosophe Bastien Sueur semble lui répondre lorsqu’il évoque "notre culture scolaire" qui "est essentiellement une culture de l’écrit, bien plus qu’une culture de la parole et de l’écoute". Il précise : "Écouter activement suppose une forme de renoncement : renoncer à conseiller, interroger, juger, expliquer. Écouter, c’est se mettre en retrait, laisser une place à l’autre, afin de comprendre au mieux son point de vue (...). Être écouté de manière active permet à autrui de mieux s’écouter soi-même, de se mettre lui-même dans une posture réflexive. Plus que le dispositif lui-même, plus que les types ou les techniques d’entretien, c’est dans la qualité de l’écoute que résident en grande partie la qualité de la relation et la clé de l’accompagnement."

Et Marie-Aleth Grard (ATD-Quart monde) demande "comment instaurer la confiance entre profs et élèves et parents", fait remarquer que c’est dur "pour les enseignants de faire confiance à tous leurs élèves", car c’est prendre un risque parce qu’ils n’ont pas été formés à cela. C’est dur aussi pour les parents parce qu’ils peuvent avoir peur." Et elle ajoute : "Une école de la réussite pour tous est une école qui permet à chaque jeune, dans tous les territoires, de s’insérer pleinement dans la société, d’être acteur, chercheur, responsable, autonome, de se former à devenir citoyen dans une démocratie."

Diversité, n° 197, "L’accompagnement Nouvel horizon pour la formation", revue éditée par Canopé, 170 p., 15 € (papier), 11 € (numérique), reseau-canope.fr, ou Réseau Canopé / VPC nationale | Téléport 1, 1, avenue du Futuroscope | CS 80158, 86961 Futuroscope CEDEX

Extrait de touteduc.fr du 05.02.20

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