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Devenir formateur d’enseignants, par Marie Gaucher, Esf, avril 2022 (entretien avec Le Café)

11 juillet 2022

Marie Gaucher : Devenir formateur d’enseignants
Comment devient-on formateur d’enseignant ? Alors que de nombreux enseignants cherchent à évoluer dans leur métier, l’ouvrage de Marie Gaucher donne les clés d’une évolution de carrière dans le premier et le second degré. Il décrypte les épreuves en montrant les attentes du jury. Il donne les clés pour pénétrer dans un nouvel univers professionnel. Marie Gaucher, formatrice, a écrit un ouvrage pratique. Elle explique quels sont les bases éthiques de ce nouveau métier.

Votre livre s’adresse aux futurs formateurs. On n’y trouve pas les professeurs des Espe. A qui s’adresse t-il ?

L’ouvrage s’adresse aux enseignants, en école ou établissement, qui souhaitent devenir formateurs, c’est à dire passer le caffa pour les enseignants du 2d degré ou le cafipemf pour ceux du premier. Ce sont toujours des professeurs expérimentés.

Comment se prépare t-on aux épreuves pour devenir formateur ? Qu’apporte votre livre à ce sujet ?

Les derniers chapitres de l’ouvrage présente précisément les épreuves. Il montre les différents type d’épreuves et surtout apporte une méthodologie pour se préparer preuve par épreuve. Pour cela il précise les attentes des jurys, analyse chaque épreuve et donne une progression pour se préparer. Il indique aussi les postures à avoir quand on est face au jury. Le plus souvent, le livre donne des grilles d’évaluation des épreuves.

Dans ces épreuves il y la fameuse critique de séance. Comment peut-on s’y préparer ?

Le livre donne des grilles d’observation de la séquence de l’enseignant. Il faut ensuite prioriser les thèmes à aborder au cours de l’entretien. Il faut pouvoir justifier ses choix auprès du jury.

Devenir formateur n’est pas qu’une question d’épreuve. Ce sont aussi des gestes, des postures. Que veut dire former des enseignants ?

C’est une question de conviction surtout. Il y a des aprioris incontournables. Par exemple l’universalité de la progressivité des enseignants dans la formation. Tous les enseignants progressent de la même manière dans leur formation pour devenir enseignant. Ils passent par les mêmes étapes. Le savoir évite de mettre la charrue avant les boeufs. Le deuxième apriori essentiel c’est que la formation est un accompagnement. C’est construire ensemble en accompagnant quelqu’un dans sa professionnalisation. Il faut donc une posture d’écoute, de réassurance. Le formé doit trouver chez l’accompagnateur une forme de reconnaissance. Son regard va faire que le formé est reconnu comme enseignant.

Un autre a priori important c’est l’alternance intégrative, c’est à dire l’alternance entre les enseignants chercheurs de l’Inspe et les formateurs de terrain. La pratique réflexive qu’on va demander à l’enseignant ne peut pas se construire sans cette alternance entre pratique et réflexion. L’une va avec l’autre.

On trouve dans le livre des témoignages sur des rapports de visite ou des rapports faits par les stagiaires eux-mêmes. Ils permettent de visualiser concrètement les mises en pratiques décrites dans l’ouvrage concernant les postures et l’accompagnement. On trouve aussi des aides construites par des conseillers pédagogiques ou des maitres formateurs.

Dans le travail du formateur il y a l’évaluation du futur enseignant. Comment peut on l’évaluer ?

L’évaluation s’appuie sur le référentiel de compétences. C’est tout le travail du formateur de conduire le formé dans la construction de ces compétences. Pour cela il faut une vraie cohérence entre les chercheurs Inspe et les formateurs de terrain.

Le souci éthique est très présent dans le livre. N’y a t-il pas tension entre l’accompagnement des futurs enseignants et obligations envers l’employeur. Entre son vécu d’enseignant et sa fonction de formateur ?

Il y a des tensions. Mais le formateur attaché à son métier sait qu’il doit aider dans un cadre et en tenant compte de l’hétérogénéité des futurs enseignants et de leurs aprioris sur l’éducation. Il n’y a par contre pas de tension avec l’ancien enseignant que l’on a été. Etre formateur est un prolongement dans ce métier de praticien réflexif.

Vous concluez le livre en disant que le formateur est un enseignant spécialisé en andragogie. Que voulez vous dire ?

C’est le prolongement du métier d’enseignant. C’est toujours de la pédagogie et un accompagnement mais avec des adultes.

Propos recueillis par François Jarraud

Marie Gaucher, Devenir formateur d’enseignants, Esf Sciences humaines, 22€

Extrait de cafepedagogique.net du 11.07.22

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