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Education artistique et culturelle en maternelle : - Observer et reconnaitre une forme : des choses, un mot - Explorer le monde : toucher, ressentir, savoir dire (Observatoire des pratiques en éducation prioritaire)

12 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Observer et reconnaître une forme : des choses, un mot

Dans une école maternelle, en Grande Section, « on va parler des ronds », ronds comme « un O » dit un élève.

Chasse aux ronds : identification, d’un support à l’autre.
La semaine précédente, les élèves ont pris des photographies, qui figurent au tableau. Les élèves ont « cherché des ronds » et en ont trouvé « dehors et à l’intérieur », disent-ils.

Réunis, ils viennent les identifier : un rond peint au sol ; un pneu, « un bouton » : « des ronds dans des ronds ». Les enfants verbalisent, geste à l’appui. Une forme ébauchée dans le paysage ? Le doigt tourne, s’interrompt. « C’est pas un rond ».

L’identification continue. Des dessins au feutre noir modélisent des ronds photographiés. Les élèves associent l’un à l’autre, aident celui qui a des difficultés. On suit du doigt la forme. « Un rond et des petits ronds dessus, c’est la bouche d’égoût ».

Trier, argumenter : des ronds ou pas ?
En îlot, chaque groupe reçoit une barquette pleine d’une même collection de petits objets. On peut la vider sur la table pour replacer seulement les objets où l’on identifie un rond. L’élève en difficulté reformule la consigne : « Si c’est rond, dans la barquette ! ». Les petits trient plus ou moins vite, débattent. Que faire d’une paille ? Rejetée, elle est manipulée par un élève qui la révèle, en coupe. « Barquette ! » Une toupie intrigue des élèves en désaccord. L’adulte fait le tour de l’objet du doigt : « un rond ! », reconnaissent les élèves.

Réunion sous le tableau : les objets rejetés sont restés sur les tables. Toutes les barquettes sont déposées dans un cerceau au sol. L’inventaire commence. Chaque enfant vient montrer le rond dans chaque objet . La paille livre encore son secret. Les ciseaux font controverse : un rond mal formé, là où l’on passe les doigts, n’est pas un rond. « Un ovale », dit l’élève qui a du vocabulaire. La pince à linge ? On la regarde en l’air. En son centre, un rond inachevé paraît dans la lumière. « Un rond doit être fermé », a dit la maîtresse. « Alors c’est pas un rond ! ».

« On est entouré de ronds » : fin d’un temps fort d’enseignement explicite. Écoute, observation, verbalisation, justification : des mots aux choses, des choses aux mots, on a compris et communiqué efficacement.

Extrait de educationartistiqueetculturelleen educationprioritaire du 11.10.18 : Observer-et-reconnaitre-une-forme-des-choses-un-mot/

 

Explorer le monde à l’école maternelle : toucher, ressentir, savoir dire

« Ne touche pas ! ». Aux enfants, on limite l’aspiration à toucher. C’est pourtant le sens des toute premières découvertes, le sens au plus intime du sujet. Le toucher révèle le corps pour en informer la conscience.

Rassemblés dans une grande salle polyvalente, par groupe de six à huit, trente élèves de toute petite, petite et moyenne sections, explorent le monde au toucher, ce matin-là.

Sentir des objets « doux » ou « piquants », les trier sur deux plateaux différents, c’est l’activité d’un premier atelier. On touche avec les doigts, on dit ce que l’on sent.

Choisir un petit objet sur une table, le toucher pour retrouver le même, à l’aveuglette, dans le bric-à-brac d’une boîte à mystères. Dans ce carton fermé, on touche avec les mains, passées par deux trous de côté. On sort l’objet, on vérifie avec les yeux. C’est un deuxième atelier.

Retrouver une sensation quand elle n’est que figurée, c’est l’objectif d’un troisième atelier. Images de radiateur, de réfrigérateur, d’iceberg, de feu de bois ? « Chaud » ou « froid » ? On appelle une sensation en mémoire avec les yeux.

Parcourir pieds nus un carré de moquette, un lit de gros galets, de coton, de foin, de fausse fourrure, de feuilles sèches. Traverser un matelas de mousse, des plumes, de la terre, une bassine d’eau. Ni les mains, ni les yeux ne sont stimulés. On touche avec les pieds : quatrième expérience.

Dire ce que l’on sent, le justifier, c’est ici développer un sens commun, relier le corps à la tête, la chose aux mots. « Tu es sûr ? », « pourquoi proposes-tu cela ? ». Inlassablement, les enseignantes s’assurent que les enfants pensent leurs réponses.

Toucher, ressentir, penser pour dire, c’est prendre conscience de soi, devenir sujet. Dire ses sensations prépare à dire ses émotions, quand je suis touché

Extrait de educationartistiqueetculturelleen educationprioritaire du 10.10.18 : Explorer le monde à l’école maternelle : toucher, ressentir, savoir, dire

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