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"Fatima moins bien notée que Marianne", par François Durpaire et Béatrice ­Mabilon-Bonfils, Editions de l’Aube, 2016. Ce livre qui accuse l’école d’islamophobie suscite un vif débat

12 janvier 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Présentation éditeur
Fatima moins bien notée que Marianne pour un devoir équivalent, Issam et Kader plus punis que Mathieu pour un même comportement, des écoles publiques qui concentrent 90 % ­d’enfants musulmans quand d’autres n’en comptent aucun, des manuels scolaires qui réduisent l’islam à l’islamisme… Il ne s’agit pas là d’impressions jetées en pâture au débat polémique, mais du résultat d’années d’enquêtes et de recherches ­scientifiques.

Cette réalité a des conséquences. En janvier 2015, les ­réactions de certains élèves lors de la minute de silence en hommage aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo questionnent sur le degré d’adhésion à notre République. Les attaques du 13 ­novembre 2015 interrogent sur le ressentiment de jeunes radicalisés qui ont fait leur scolarité au sein du système éducatif français.

François Durpaire et Béatrice ­Mabilon-Bonfils n’en sont pas ­restés au simple constat. Ils ­proposent une «  laïcité d’inclusion  » en mesure de faire de l’école une arme puissante ­d’intégration, meilleur rempart contre les haines.

Extrait de editionsdelaube.fr du 07.01.15 : Fatima moins bien notée que Marianne

 

L’école française est-elle islamophobe ? Le livre de François Durpaire et Béatrice Mabillon-Bonfils invite à poser la question. En s’appuyant sur des études nouvelles et des sondages qu’ils ont réalisés, les auteurs montrent que les stéréotypes contre les musulmans n’épargnent pas l’Ecole.
Si les professeurs ne sont pas racistes, l’institution scolaire fonctionne comme un machine à éliminer les musulmans. "Il y a une islamophobie dans l’école qui est aussi de et par l’école", écrivent les auteurs.
Une situation qu’ils invitent à regarder en face pour que l’école puisse jouer tout son rôle pour une société inclusive. Ils invitent à revoir les contenus d’enseignement et à travailler en faveur d’une réelle mixité sociale et ethnique dans les établissements.

Entretien du Café avec François Durpaire

[...] On est face à une réalité systémique ?
Oui. On ne voit pas pourquoi l’école échapperait à la discrimination. L’école n’est pas un sanctuaire. Elle doit pouvoir être interrogée si on veut l’améliorer. L’Ecole l’a fait pour le genre. Elle a montré qu’elle peut s’améliorer. Il faut le faire par rapport à l’islam même si c’est beaucoup plus sensible et particulièrement dans le contexte actuel. Si on ne se pose pas ces questions, on s’interdit toute amélioration. Il ne s’agit pas d’un procès contre l’Ecole mais de dire qu’il faut travailler sur cette question et se donner la possibilité de créer une école plus inclusive. On est dans une démarche constructive.

[...] Vous voulez introduire une culture du débat . Pourquoi ?
La culture du débat c’est la possibilité de tout dire, par exemple des propos antisémites, sans que ce soit signalé à la police. Si on veut déraciner les thèses complotistes il faut qu’elles soient dites. Ca ne veut pas dire que tout se vaut. Pour cela il faut une formation .

Le risque le plus grand ce serait de laisser les élèves avec ces thèses complotistes hors des établissements. Si on veut les déconstruire il faut prendre le risque de les entendre en classe. Même si l’élève reste au bout de la séquence avec ces thèses il lui restera au moins quelque chose de son échange avec son professeur. Personnellement j’irais plus loin : je pense qu’il faudrait dans les programmes d’éducation civique un temps de présence sur les réseaux sociaux. On s’et que c’est là que se fait la radicalisation. Que produirait un million d’enseignants sur les réseaux ?

Votre dernière proposition concerne la mixité sociale. Vous propose deux solutions. Laquelle vous séduit le plus ?
Le modèle anglais avec ses quotas d’élèves pourrait fonctionner en France. Mais je préfère les super établissements de 5000 élèves regroupant plusieurs établissements où on répartirait les élèves ne tiers égaux dans tous les établissements. Ce serait l’alternative à la carte scolaire. On créerait une solidarité territoriale. Mais la grande difficulté de ce sujet est politique. Comment faire accepter politiquement l’idée d’éduquer ensemble tous nos enfants ? C’est pourtant la mesure la plus urgente.

Extrait de cafepedagogique.net du 11.01.15 : Fatima moins bien notée que Marianne ?

 

[...] Quand des socio-astrologues apposent un diagnostic aussi simpliste, idéologique et erroné des inégalités criantes dans notre école, il n’y a guère d’espoir de pouvoir les résoudre. On peut même s’interroger sur les graves conséquences que peuvent avoir de tels discours sur la confiance des parents et des élèves dans l’école républicaine. Les sociologues de l’éducation ne dénoncent-ils pas les prophéties auto réalisatrices de l’échec scolaire ?

Extrait de laviemoderne.net du 10.01.15 : A la tête du client

 

Le livre de François Durpaire et Béatrice Mabillon-Bonfils agit déjà comme un brûlot. Il faut dire que tout y est fait pour conduire à une vision outrée des réalités

Extrait de blogs.mediapart.fr/paul-devin du 11.01.15 : Quand l’école est accusée de racisme ordinaire

Note : Paul Devin est secrétaire général du Snpi Fsu

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