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Deux études analysent les effets positifs de la ségrégation scolaire et ethnique à l’intérieur du collège sur le bien être des élèves

5 mars 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

"Une des formes les plus violentes de ségrégation c’est la discrimination opérée entre les classes dans un établissement". Le 3 mars, Son Thierry Ly (Ecole économique de Paris) a présenté dans un séminaire du LIEPP (Sciences Po) de nouvelles recherches sur la ségrégation scolaire. Abandonnant l’univers du lycée, il étudie la totalité des collèges français pour mettre en évidence les facteurs internes de ségrégation.

Barbara Fouquet Chauprade (université de Genève) travaille sur les effets de la ségrégation sur le bien être des élèves avec des résultats surprenants. Deux façons d’aborder la ségrégation sous des axes nouveaux. Mais aussi deux études qui interrogent le regard porté sur la ségrégation. Peut on être heureux et ségrégué ?

La ségrégation dans les établissements aussi forte qu’entre établissements [...]

[...] Son Thierry Ly montre que 9% des collèges pratiquent une ségrégation sur au moins trois niveaux du collège sur quatre. Un quart des collèges pratiquent de la ségrégation sociale en 3ème. Quant à la ségrégation scolaire (trier els élèves selon le niveau), la moitié des collèges la pratiquent en 3ème. Les options sont l’arme la plus utilisée pour permettre ces ségrégations. Comme en a témoigné un CPE présent dans la salle "mon fils fait allemand il va avoir les mêmes camarades de la 6ème à la 3ème"...

Comment la ségrégation est-elle vécue ?
Son Thierry Ly a aussi réussi à mettre en équation la façon dont la ségrégation est vécue par chaque élève. Combien de fois par exemple chaque élève a-t-il le sentiment d’être relégué dans une classe spéciale ? En observant les mouvements des élèves chaque année de classe en classe, il montre que la recomposition des classes qui est faite chaque année tempère fortement le sentiment de ségrégation. Peu d’élèves vivent chaque année l’expérience d’être dans une classe reléguée.

[...] C’est aussi au vécu que s’adresse Barbara Fouquet Chauprade dans une étude tout à fait innovante. Elle s’est attachée à observer el sentiment de bien être des élèves dans les situations de ségrégation dans 6 collèges français (4 dans l’académie de Bordeaux et 2 sur Créteil) à travers plus de 1300 questionnaires.
Le premier enseignement c’est que la ségrégation ethnique a beaucoup plus d’effet sur le bien être que la ségrégation sociale. La ségrégation ethnique est mal vécue sauf quand les minorités ethniques sont majoritaires dans une classe. Dans ce cas, cette mise à l’écart , ou cet entre soi forcé, est vécue positivement par les élèves des minorités ethniques (mais négativement par les élèves de la majorité). D’où une nouvelle interrogation : cette stratégie de mise à l’écart n’ets-elle pas positive pour les jeunes en question ? La question renvoie à un débat qui a lieu aussi en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis sur l’épanouissement des filles ou des minorités dans des établissements spécifiques. Elle interroge du coup la part des amitiés ou des démarches des parents dans la construction de la ségrégation. Mais si pour vivre heureux il faut vivre ségrégué, comment faire société ? Là dessus économistes et sociologues ont-ils des réponses ?

Extrait de cafepedagogique.net du 04.03.15 : La ségrégation scolaire c’est bien ou pas bien ?

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