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Les origines de l’éducation prioritaire

juin 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

Les origines de l’éducation prioritaire

 
Des militants pédagogiques, des militants syndicaux, des chercheurs, des hommes politiques sont à l’origine de l’éducation prioritaire.

 

La première circulaire sur l’éducation prioritaire, signée par Alain Savary paraît au Bulletin officiel de l’Education nationale du 1er juillet 1981. Elle fait suite à un mouvement d’idées apparu dès les années soixante à l’échelle mondiale : la loi de lutte contre la pauvreté (Economic Opportunity Act) de 1962 aux Etats-Unis, le rapport Plowden de 1967 en Angleterre.
En France, on ne parle pas d’échec scolaire mais d’idéologie du don.En effet, on estime que si un élève ne réussit pas c’est qu’il n’est pas doué et que sa place est dans une filière moins prestigieuse ou dans la "vie active". On estimait que les inégalités sociales étaient corrigées par les bourses qui étaient attribuées aux élèves "méritants".

Cette idéologie a été remise en question par des travaux de chercheurs (notamment ceux du sociologue Pierre Bourdieu et des chercheurs du CRESAS-INRP [1] mettant en relation les résultats scolaires des élèves avec leur origine sociale et leur situation géographique. Par exemple, un garçon habitant une ville universitaire et dont les parents sont enseignants a plus de chance de réussir qu’une fille habitant la campagne et dont les parents sont ouvriers agricoles.

Parallèlement, des initiateurs de l’idée, issus de mouvements associatifs et pédagogiques, cherchent à faire apparaître au grand jour des réalités occultées. Ils lancent une grève à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) sur proposition du SGEN-CFDT (Syndicat général de l’Education nationale de la Confédération française démocratique du travail), de l’Union locale CFDT et de l’AGTA (Amicale générale des travailleurs algériens, active à l’époque dans cette ville), avec l’appui du SNI-FEN (Syndicat national des instituteurs de la Fédération de l’Education nationale) et des forces politiques de gauche et de la municipalité PC-PS (Parti communiste-Parti socialiste).

Dès le début des années soixante-dix, l’éducation prioritaire devient une revendication syndicale. En 1974, Bertrand Schwartz avance l’idée d’une « école inégalitaire » pour compenser les inégalités socioculturelles qu’Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, appuie. Dans un article paru dans le journal Le Monde, il explique qu’il ne sert à rien de lutter contre les effets de la précarité si on ne s’attaque pas aux mécanismes qui la font se reproduire de génération en génération.
En 1974, l’idée de ZEP passe de la revendication syndicale à l’objectif politique. Défendue par Louis Mexandeau, Jacques Delors et Maurice Rémy, elle est inscrite dans le « Plan socialiste pour l’Éducation nationale ».

 

Documents

- Bourdieu, Pierre, Passeron, Jean-Claude. Les héritiers. Minuit, 2001. Sens commun.
- Bourdieu, Pierre, Passeron, Jean-Claude. La reproduction, éléments d’une théorie du système d’enseignement. Minuit, 2001. Sens commun.
- Cogez, Bruno. Les zones d’éducation prioritaire
(origines, projets, mise en place), 1966-1958. Mémoire de maîtrise sous la direction d’Antoine Prost, Paris-I, 1996, 2 vol. (168+58 p.)
- La circulaire n°81-328 du 1er juillet 1981. BOEN n°27 du 9 juillet 1981.

 

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Notes

[1Les travaux du Centre de recherches et d’études sur l’adaptation scolaire (Crésas) ont joué un rôle très important dans la décision prise par Alain Savary.

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