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Une insertion plus difficile pour les jeunes « recalés » à l’entrée du supérieur (Cereq Bref)

26 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Parcours de formation et parcours professionnels
Une insertion plus difficile pour les jeunes « recalés » à l’entrée du supérieur
Céreq Bref, n° 399, Décembre 2020, 4 p.

Les principes et les modalités de la sélection des jeunes à l’entrée de l’enseignement supérieur animent le débat public et scientifique depuis plus d’une décennie. Mais connaît-on les conséquences de cette sélection ? L’enquête Génération du Céreq montre que les jeunes empêchés de poursuivre des études après le baccalauréat connaissent un début de carrière plus difficile que les autres bacheliers.

Selon les données de l’application Parcoursup, en 2018, environ 30 000 bacheliers n’ont reçu aucune proposition d’admission dans l’enseignement supérieur ou ont fini par quitter l’application sans avoir reçu de proposition. Ces « recalés » représentent 6 % des candidats, une part qui varie nettement selon le type de baccalauréat détenu (3 % des bacheliers généraux, 8 % des bacheliers technologiques et 14 % des bacheliers professionnels).

Les barrières formellement instituées à l’entrée de l’enseignement supérieur ne constituent cependant pas les seuls obstacles à la poursuite d’études après le bac. L’étude de la sélection formelle oublie notamment les jeunes qui se sont auto-sélectionnés, ceux dont les goûts et les ambitions ont été réfrénés par l’entourage, ou ceux dont la sélection est restée invisible parce qu’opérée selon des contraintes de proximité géographique, de capacité financière ou d’accès à l’information, entre autres [1]. Cette conjonction d’influences amène les jeunes issus des milieux populaires à exprimer des aspirations scolaires moins ambitieuses que celles des élèves plus favorisés. Ainsi, par exemple, en 2018, six bacheliers professionnels sur dix ont arrêté leurs études après leur bac (cf. Encadré 1) : outre le fait que le baccalauréat professionnel soit initialement dédié à l’entrée sur le marché du travail, ces sorties du système éducatif relèvent à la fois de la sélection informelle – les choix et les ambitions scolaires, les freins socioéconomiques à la poursuite d’études – et de la sélection formelle – les autorisations d’inscription dans l’enseignement supérieur.

Peu de travaux s’intéressent aux effets de la sélection formelle sur les premières années de vie active des « recalés » du supérieur. L’enquête Génération (sortants de 2013 interrogés en 2016) permet d’appréhender cette population. Ces bacheliers déclarent, parmi d’autres motifs, être entrés sur le marché du travail suite à un refus dans la formation de leur choix. Ils ont donc subi la sélection formelle ainsi que la sélection informelle puisqu’ils ont décidé d’abandonner leurs études plutôt que de s’inscrire dans une formation librement accessible. Cette catégorie de « recalés », qui intègre dans sa définition une dimension subjective, est comparée dans cette étude à deux autres groupes de bacheliers, sortis du système éducatif la même année et ayant pour principal point commun d’avoir intégré le marché du travail avec un baccalauréat comme plus haut diplôme.

Des « recalés » défavorisés aux ambitions d’études modestes
Le premier de ces groupes rassemble les bacheliers ayant arrêté leurs études pour d’autres raisons que la mention d’un refus de l’institution. En 2013, ce groupe rassemble un peu plus de 100 000 jeunes, dont une majorité de garçons. Le plus souvent, ils mentionnent avoir arrêté leurs études car ils voulaient entrer dans la vie active. On dira d’eux par commodité qu’ils « n’ont pas souhaité poursuivre », même si leurs souhaits sont certainement moins réductibles que cela. Ils ont pu subir une sélection informelle à travers une moindre connaissance des formations existantes, la dissuasion de leur entourage familial ou scolaire, la complexité logistique et financière de poursuivre les études, etc. Les trois quarts d’entre eux sont titulaires d’un baccalauréat professionnel et ils sont plus d’une moitié à avoir un père ouvrier ou employé ou une mère peu diplômée (cf. Encadré 2).

Le groupe des recalés comprend environ 20 000 jeunes en 2013. Leur principale différence avec le précédent est d’avoir subi la sélection formelle. Ils se ressemblent sinon largement : issus de milieux socioéconomiques encore plus modestes, les « recalés » sont majoritairement issus de l’enseignement professionnel (62 % de bacheliers professionnels contre 21 % de bacheliers technologiques et 16 % de bacheliers généraux). Au moment du baccalauréat, quasiment les trois quarts d’entre eux n’ont formulé qu’une seule candidature dans l’enseignement supérieur - dans plus de la moitié des cas, une section de technicien supérieur (STS ). Ces bacheliers n’ont donc pas joué la carte des filières non-sélectives afin d’entrer dans l’enseignement supérieur « à tout prix ». À travers un vœu unique, ils ont vraisemblablement misé sur la filière correspondant à leur orientation passée en lycée professionnel et probablement à leur projet professionnel.

Le troisième et dernier groupe de bacheliers étudié est constitué de jeunes sortis de l’enseignement supérieur en 2013 sans avoir obtenu de diplôme. Scolairement, leur visage est différent : ils ont moins souvent redoublé avant la sixième et les bacheliers généraux sont les plus nombreux (44 %). Ils sont issus de milieux sociaux plus favorisés, puisque la part de bacheliers dont le père est employé ou ouvrier, ou la mère peu diplômée, passe au-dessous des 50 %. Hommes et femmes sont représentés à parts égales dans ce groupe qui rassemble environ 75 000 jeunes. [...]

Extrait de cereq.fr du 21.12.20

 

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