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Le ministère annonce pour la rentrée des mesures en faveur des directeurs d’école, notamment une aide administrative qui pourrait concerner en priorité les écoles des quartiers défavorisés

6 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Rentrée 2020 ; Des mesures en faveur des directeurs d’école

Dès l’été 2019, Jean-Michel BLANQUER a souhaité engager la réflexion et des travaux pour faire évoluer les fonctions et les conditions de travail des directeurs d’école. Le drame qui a ensuite frappé Christine Renon a bouleversé l’ensemble de la communauté éducative et renforcé la nécessité urgente d’améliorer la situation des directeurs d’école.
Une consultation d’ampleur a été lancée par le ministère en novembre 2019. Elle a permis à plus des deux tiers des directeurs de s’exprimer, avant la phase de concertation avec les partenaires sociaux.
La France, comme le reste du monde, a ensuite dû faire face à une épidémie de grande ampleur. L’école et l’ensemble de ses personnels ont vécu cette épreuve et ont été entièrement mobilisés.
C’est tout particulièrement le cas des directeurs d’école qui, par leur attention aux collègues, aux élèves et aux familles et par leur entière mobilisation, ont permis à l’école de traverser cette épreuve. Les élèves ont pu bénéficier d’une continuité pédagogique, avant de reprendre progressivement le chemin de l’école.
La semaine dernière, la proposition de loi de la députée Cécile RILHAC a permis de porter le débat devant la représentation nationale.

Cette avancée majeure permet à Jean-Michel BLANQUER, dans le respect de ses engagements, de prendre un certain nombre de mesures importantes pour la direction d’école qui seront mises en place à partir de la rentrée prochaine.

Des mesures importantes pour la direction d’école qui seront mises en place à partir de la rentrée
Des mesures pour améliorer le quotidien des directeurs d’école : plus d’autonomie et moins de charges
Les outils à disposition des directeurs seront améliorés afin de simplifier le service, limiter les sollicitations et permettre de gagner du temps ;
Tout directeur d’école bénéficiera de deux jours de formation par an ;
Les directeurs départementaux (DASEN) pourront accorder des décharges ponctuelles complémentaires aux directeurs d’école ;
Les directeurs auront pleine autonomie dans la programmation et la mise en œuvre des 108 heures d’obligation de service ;
Ils disposeront désormais d’une visibilité sur le calendrier annuel des enquêtes de terrain demandées aux différents échelons. Par ailleurs ces enquêtes seront rationalisées et mieux coordonnées ;
Dans l’attente de travaux approfondis sur la rémunération et l’avancement, tous les directeurs d’écoles toucheront, à l’automne prochain, une indemnité supplémentaire exceptionnelle.
Ces mesures de simplification doivent permettre aux directeurs de se recentrer sur leur mission essentielle : le pilotage de leur école.

Des mesures pour mieux accompagner les directeurs d’école
Périodiquement un groupe départemental de directeurs d’école sera réuni afin d’évoquer les problèmes et les solutions applicables ;
Une fonction nouvelle de référent, dédiés aux directeurs d’école, sera consacrée pour les accompagner, les conseiller, dans l’exercice de leurs missions.
Les temps d’échanges entre pairs seront systématisés pour favoriser le développement professionnel continu, sur les temps d’animation pédagogique.
Un travail sera engagé en cours d’année sur la charte fonctionnelle de confiance entre inspecteurs de l’éducation nationale et directeurs.
Une aide administrative humaine renforcée :
Dès la rentrée prochaine 12 500 jeunes du service civique viendront en appui dans les écoles notamment pour aider dans la relation avec les familles ;
Un plan de recrutement par la voie de l’apprentissage est lancé. Des étudiants en formation post-bac spécialisée dans l’accompagnement administratif (BTS, DUT), permettront aux directeurs d’école qui y auront recours de disposer d’une aide administrative professionnelle et durable ;
La montée en puissance de la préprofessionnalisation se poursuit, avec 900 nouveaux recrutés, venant s’ajouter aux 700 de l’année dernière, qui peuvent désormais prendre en charge des petits groupes d’élèves, ce qui décharge d’autant les collègues professeurs et directeurs.
L’ensemble de ces mesures, qui constitue une nouvelle étape dans l’amélioration des conditions de travail des directeurs d’école, sera précisé dans une circulaire discutée la semaine prochaine avec les partenaires sociaux.

Extrait de education.gouv.fr du 02.07.20

 

Directeurs : Les propositions du ministère
A quelques heures du remaniement, JM Blanquer serait-il devenu moins sourd ? Après avoir reçu les syndicats, le ministère a annoncé le 2 juillet des mesures en faveur des directeurs d’école qui entreront en application à la rentrée 2020. Des groupes de travail sur la revalorisation, les décharges et la délégation de compétences seront réunis cet été. Ces mesures sont globalement positives. JM Blanquer tient la promesse faite lors du vote de la loi Rilhac à l’Assemblée même si la plupart des mesures restent dans le flou, voire semblent impossibles à tenir. Il restera aussi à voir les contreparties demandées.

Promesse tenue

« Nous allons prendre des mesures dès cette rentrée, c’est-à-dire avant même que le présent texte produise ses effets. Vous pourrez vérifier mes dires très prochainement, lorsque nous allons apporter une aide humaine administrative d’État aux écoles primaires de France, en faisant évidemment attention aux écoles qui en ont le plus besoin, qu’elles soient situées en zone rurale ou dans des quartiers défavorisés ». Le 24 juin, lors du débat à l’Assemblée sur la loi Rilhac, JM Blanquer avait annoncé de mesures sous 15 jours pour une application à la rentrée. Avec les annonces du 2 juillet, prise après une réunion avec les organisations syndicales, la promesse est tenue. Cet engagement était la contrepartie du retrait de la loi Rilhac des points concrets comme ceux sur l’aide administrative et les décharges. Il faudra voir si les propositions valent ce retrait.

Une vraie aide administrative ?

Le point le plus important de la loi Rilhac était la possibilité d’une aide administrative payée par la commune. JM Blanquer promet « une aide administrative humaine renforcée » dès la rentrée prise en charge par l’Etat, une solution bien meilleure que celle proposée par la loi Rilhac.

Concrètement elle prendrait trois formes. D’abord 12 500 contrats civiques. Ensuite l’appel à 900 jeunes AED en pré recrutement dans l’éducation nationale qui pourront prendre en charge des petits groupes d’élèves pour décharger de sa classe le directeur. Enfin le ministre annonce le recrutement d’apprentis de niveau bac +2 dans le cadre de BTS et IUT spécialisés dans l’accompagnement administratif.

A vrai dire seule cette dernière catégorie est satisfaisante , même si l’apprenti n’est pas à plein temps dans l’école et même s’il n’est pas spécialisé dans l’aide à une école. Le nombre de ces apprentis sera pourtant faible par rapport aux besoins (45 000 écoles publiques).

Les contrats civiques sont des jeunes à former et qui ne restent que de 6 à 12 mois. Dès qu’ils ont acquis des compétences ils s’en vont. Quant aux futurs enseignants en formation pré professionnelle, eux aussi leur service en classe est limité.

Tous ces éléments mis bout à bout ne répondent pas aux besoins des directeurs : une aide administrative installée à assez long terme capable d’aider au jour le jour, comme les emplois aidés que le gouvernement a supprimés en 2017. Mais c’est un léger progrès.

Revalorisation et formation

Le ministère annonce aussi « une indemnité supplémentaire exceptionnelle » à l’automne prochain. Son montant n’est pas précisé. Un groupe de travail sera mis en place pour travailler sur la revalorisation des directeurs.

« Tout directeur bénéficiera de deux jours de formation par an », promet le ministre. Ce point avait été débattu lors de la loi Rilhac et c’est une avancée, du moins si les Dasen arrivent à fournir les remplaçants. ON sait que c’est un problème très réel. Il ne faudrait pas que ces formations aient lieu durant les congés comme la loi Blanquer le permet.

Décharges

La question des décharges était un point important de la loi Rilhac, finalement retiré du texte. Le ministère annonce que « les Dasen pourront accorder des décharges ponctuelles complémentaires » aux directeurs. Ce n’est pas vraiment un engagement. Selon Régis Metzger, co secrétaire général du Snuipp Fsu, le ministère a évoqué des décharges pour les petites écoles dès la rentrée 2020. Mais il est clair pour R Metzger que ce ne sera pas possible partout. Là aussi ce point fera l’objet d’un groupe de travail et on en sera davantage plus tard.

Autonomie des 108 heures

Autre engagement ministériel, les directeurs « auront pleine autonomie dans la programmation et la mise en œuvre des 108 heures d’obligation de service ». Là le ministère semble reprendre une revendication du Snuipp Fsu. « Si ça se concrétise ce sera une vraie demande de la profession », estime R. Metzger. Sur ces 108 heures il y a les APC et les animations pédagogiques qui sont généralement pilotées par les IEN dans le cadre des injonctions ministérielles.

Même si le « plan Français » prévoit expressément d’utiliser l’obligation de se former durant 5 jours de congés d’été, il n’est pas certain que le ministère abandonne ces moments de formation qui permettent de faire descendre les conceptions ministérielles.

Derrière cette question, se dessine plutôt la question des missions du directeur et son statut. Si le directeur a « pleine autonomie » sur la formation des enseignants, ce ne sera que dans le cadre de sa délégation de compétences accordée par l’IEN.

Numérique et harcèlement administratif

Lors du débat sur la loi Rilhac, JM BLanquer avait promis un effort sur le numérique. Le ministère annonce que les outils mis à disposition des directeurs seront améliorés. Cela concerne par exemple ONDE nous a-t-on dit. Ce serait une bonne chose si le ministère y arrive. Les directeurs « disposeront désormais d’une visibilité sur le calendrier annuel des enquêtes de terrain demandées aux différents échelons ». C’est fort probable. Mais l’expérience montre que rien n’empêchera les échelons hiérarchiques de bombarder les directeurs des enquêtes dont ils ont le besoin immédiat. Il semble vain d’espérer une pause bureaucratique. La seule façon de gérer le problème est l’aide administrative formée.

Un ministre moins sourd ?

Mais le plus dur reste à venir. Il sera traité dans les groupes de travail. Il s’agit de la revalorisation des directeurs, alors que celle des personnels de direction va être très prochainement officielle. Ils ont obtenu 23 millions. Il s’agit des décharges, sujet très important et sur lequel le ministère semble faire du sur place. Enfin il s’agit de la délégation de compétences et du maintien de la démocratie scolaire propre au premier degré.

« On a demandé la réouverture des discussions et c’est fait », nous a dit Régis Metzger. « Il y a des propositions sur la table à discuter ». Effectivement, ces annonces sont de bonnes nouvelles. Ne boudons pas : au bout de trois ans de présence rue de Grenelle, JM Blanquer semble avoir entendu une partie de ses personnels !
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 03.07.20

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