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La Fsu relance le débat sur l’éducation prioritaire (le Café et ToutEduc)

3 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

La FSU relance le débat sur l’éducation prioritaire

" Il est grand temps de remettre la question de l’Éducation prioritaire au coeur des discussions et des politiques à mettre en oeuvre sans plus tarder". Le 2 octobre, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, rend compte d’un sondage sur l’évolution de l’éducation prioritaire depuis sa refondation de 2014. Nul hasard dans l’événement : il aurait du avoir lieu après la publication du rapport Mathiot Azema sur l’éducation prioritaire. Rapport très probablement remis au ministre mais qui pour le moment n’est pas sorti du cabinet. Puisque le ministre reste coi, la Fsu prend l’initiative de relancer le débat. Elle le fait en invitant l’expertise de Jean-Yves Rochex. Elle demande le maintien d’une carte de l’éducation prioritaire et de nouveaux moyens. Et annonce des Etats généraux de l’éducation prioritaire au début de 2020.

De faibles progrès depuis 2013

Il y a des expéditions qui frappent dans le vide. C’est un peu le cas du colloque organisé par la Fsu le 2 octobre sur l’éducation prioritaire. Il aurait du avoir lieu en pleine mise en place d’une nouvelle politique gouvernementale. Il y a eu le rapport de la Cour des comptes en octobre 2018. A cette rentrée les dédoublements de grande section en éducation prioritaire ont commencé. Les 80 cités éducatives sont annoncées. Et on attendait la publication du rapport confié par JM BLanquer à A Azema et P Mathiot sur l’éducation prioritaire et l’annonce des décisions ministérielles. Mais voilà, le ministère fait faux bond. Le rapport a sans doute été remis mais le ministère maintient un profond mutisme sur l’éducation prioritaire. La Fsu est donc seule à remettre cette question dans le débat éducatif.

Elle le fait en publiant les résultats d’un sondage qui a touché un quart des collèges de l’éducation prioritaire et 16% des écoles. Il montre une légère amélioration des conditions de travail depuis 2013, surtout en Rep+ où il y a des mesures particulières comme la compensation horaire et des formations. C’est en maternelle que les enseignants sont le plus insatisfaits de leurs conditions de travail, ce qui n’est pas étonnant vu le nombre de classes surchargées (40% des maternelles de Rep+). Depuis 2013 la co intervention et el travail de groupe se sont un peu développés. Mais les enseignants deplorent (à 78%) un manque de temps pour l’organiser et des emplois du temps qui ne tiennent toujours aps compte de cet impératif. Autre point noir : le management. La moitié des enseignants déclarent recevoir des injonctions ou des pressions et seulement un quart estime être soutenu par leur hiérarchie. Moins d’un tiers des enseignants de Rep+ déclarent que leur établissement a obtenu des moyens supplémentaires en devenant Rep+. L’offre de formation est jugée de qualité insuffisante par 58% des enseignants et satisfaisante par seulement 10%.

L’éducation prioritaire est elle passée à coté de l’objectif de démocratisation ?

Dans son intervention, JY Rochex retrace les 5 étapes de l’éducation prioritaire depuis sa naissance en 1981. L’objectif de départ était la correction des inégalités sociales par le renforcement de l’action éducative dans des zones et des milieux sociaux à fort taux d’échec scolaire en subordonnant les moyens à leur rendement en terme de démocratisation scolaire. A l’origine c’est donc un epolitique très ciblée qui ne concerne que 8% des élèves (contre 20% aujurd’hui). Pour JY Rochex, cet objectif de démocratisation scolaire reste le grand oublié des politiques menées depuis 1981.

Depuis 1981 l’éducation prioritaire est passée par plusieurs phases avec au moins 5 relances et des périodes de mise en sommeil.Le 1er âge de l’éducation prioritaire ciblait des zones. Le débat se portait sur la place de l’école dans la production des inégalités scolaires. Le deuxième âge voit ces territoires comme des zones à risques et tente de garantir un minimum aux populations. Le 3ème âge promeut le mérite individuel (internats d’excellence, conventions sciences po..). L’objectif de démocratisation scolaire est perdu de vue. La refondation de 2014 revient à l’idée de la démocratisation et produit un référentiel en ce sens. Depuis l’arrivé de JM Blanquer, la démocratisation est retournée dans son puits. Le ministre parle rarement de l’éducation priroitaire.

Que sait on du rapport Mathiot Azema ?

Selon JY Rochex, le rapport Azema Mathiot devrait maintenir une carte de l’éducation prioritaire pour les Rep+ . A la place des Rep on aurait une politique décentralisée d’allocation de moyens par les rectorats. Au risque de voir ces moyens petit à petit s’évanouir.

Lui même n’est pas hostile au maintien de la labellisation et d’une allocation de moyens différentielle pour gommer les effets de seuil. Mais a condition que ce principe d’allocation des moyens pour raisons sociales concerne toutes les écoles. Il faudrait aussi agir autour de l’école car à elle seule elle ne peut pas tout régler. JY Rochex pense de la même façon qu’il faut une politiquie de mixité sociale dans la ville et pas seulement dans les écoles. Installée là seule elle peut avoir des effets négatifs.

La FSU pour le maintien d’une carte de l’éducation prioritaire

Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, " les volontés de transformation annoncées par le Ministre de l’Éducation ou proposées par le rapport Mathiot-Azéma sont loin d’être rassurantes. Ainsi, la fin de la labellisation, dans le contexte d’une politique de restriction budgétaire, aurait des conséquences très défavorables. A défaut d’être « sanctuarisés » par la labellisation, les moyens seront répartis de façon très inégalitaire selon les établissements, et à court terme, ils se dissoudront au gré de la définition successive d’autres priorités. La revalorisation de l’indemnisation des personnels est concentrée sur les REP+ mais ailleurs, la revalorisation promise pendant la campagne présidentielle reste lettre morte. Quant à la territorialisation, comment ne pas craindre qu’elle s’asservisse aux enjeux politiques locaux, au mépris de critères transparents d’attribution ?"

La FSU demande des moyens pour augmenter le temps de travail en équipe et améliorer la formation. Elle demande aussi "une carte de l’éducation prioritaire qui réponde à des critères transparents (économiques, sociaux et scolaires) établie au plan national. Il s’agit aussi d’engager un travail sur la sectorisation qui permette une meilleure mixité sociale. Cette carte doit inclure les écoles (notamment « orphelines ») et les établissements (collèges et lycées) qui en relèvent. La FSU demande la réunion de tous les établissements « Éducation prioritaire » sous un label unique. Elle revendique qu’y soit inclus les lycées (professionnels, généraux et technologiques y compris agricoles et maritimes)". Enfin la Fsu veut la rupture avec le management autoritaire. Le syndicat organisera début 2020 des Etats généraux de l’éducation prioritaire pour pousser ces idées.

Extrait de cafepedagogique.net du 03.10.19

 

Des états généraux de l’Education prioritaire organisés par la FSU, en l’absence de politique ministérielle

Le colloque que la FSU a organisé, ce 2 octobre, pour témoigner de son engagement "pour l’éducation prioritaire" verra "ses travaux prolongés par des Etats généraux de l’Education prioritaire" que la fédération syndicale organisera au début de l’année prochaine. Il s’agit, explique sa secrétaire générale d’ "interpeller le ministre" qui "cherche à gagner du temps alors qu’ "il y a urgence à prendre des mesures".

Le sentiment d’un "désintérêt" de Jean-Michel Blanquer pour la question s’est exprimé à plusieurs reprises dans la matinée, d’autant qu’au ministère, le chef du bureau chargé du suivi de l’éducation prioritaire n’a pas été remplacé depuis son départ il y a un an, et qu’aucun bilan de la réforme "Peillon" n’a été réalisé. La FSU a interrogé les personnels et quelque 1 600 questionnaires ont été remplis, dont un bon tiers par des "non-syndiqués". Si les conditions de travail se sont un peu améliorées depuis 2013, année de la précédente enquête, surtout en REP+ et dans le 1er degré, elles restent difficiles, notamment dans les maternelles REP+ où 40% des classes comptent plus de 26 élèves. Un tiers des personnels déplorent le manque de moyens, 27 % un climat scolaire "difficile" (mais 43 % le jugent bon), 78 % manquent de temps pour le travail en équipe, surtout en REP où ils ne bénéficient pas de décharge comme en REP+. La qualité des formations est insuffisante, un petit tiers des personnels dit trouver un soutien du côté de la hiérarchie, les autres se sentent "oubliés" quand ils n’ont pas reçu d’injonctions et de pressions. Avec la question des effectifs, trop lourds sauf dans les classes dédoublées, le caractère "agressif" du management est régulièrement dénoncé. Le représentant du SNUIPP (1er degré) parle même d’une espèce de "camisole de force" qui enserre les professeurs des écoles lorsque les inspecteurs et conseillers pédagogiques se font les relais insistants des "recommandations" ministérielles.

Orateur de la matinée, Jean-Yves Rochex (Paris-8) s’est attaché à évoquer "les paradoxes d’une politique incertaine" depuis la création des ZEP en 1981. Celles-ci ciblaient à la fois les catégories sociales en difficulté et des territoires "où l’unité du service public était menacée". Mais l’extension du nombre des collèges concernés, de moins de 400 à plus de 1000, a contribué à minorer la question du rapport à l’Ecole des milieux populaires, et on est passé d’une logique de démocratisation de l’accès au savoir à la lutte contre les exclusions, à vouloir que les exclus aient un minimum, ce qui n’interdit pas l’accroissement des inégalités puisque, dans le même temps, les exigences à l’égard des autres élèves augmente et que l’approche des savoirs se complexifie si on en juge par les manuels scolaires. En 2014, on revient à une conception de l’Education prioritaire plus proche de celle qui prévalait initialement avec des critères nationaux, un référentiel et des plans de formation de formateurs, mais depuis, le ministère impose un pilotage par les résultats, prescrit des pratiques pédagogiques "supposées plus efficaces" et développe une "conception individualisante" des parcours scolaires.

Un label unique

Le chercheur remarque qu’on manque de travaux sur la réalité des pratiques pédagogiques en éducation prioritaire, ajoute que l’innovation à laquelle l’administration appelle n’est pas synonyme de démocratisation, mais que trop souvent, le niveau des exigences baisse à l’égard des élèves qui auraient le plus besoin, à l’inverse, d’une offre de qualité. Il n’est pas certain que le rapport Mathiot - Azéma, dont il a lu une première version, réponde à la demande du ministre qui voudrait mettre dans "un pot commun" toutes les politiques territoriales, et il se demande s’il sera jamais publié. Lui-même "plaide pour une allocation différentielle des moyens" pour "donner réellement plus à ceux qui ont moins", à la condition de conserver "un pilotage national" de façon à éviter la dissolution des moyens.

C’est aussi ce que redoute la FSU dans un contexte de restrictions budgétaires, et elle demande "un label unique pour les écoles, collèges, lycées, y compris les lycées professionnels et les lycées agricoles et maritimes". La fédération demande aussi "une meilleur accompagnement des personnels", davantage de travail en équipe, des formations de qualité, la fin du "management injonctif". Elle demande encore l’appui des collectivités territoriales "pour faciliter l’accès des enfants et des jeunes à la culture".

Extrait de touteduc.fr du 02.10.19

 

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