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L’instruction obligatoire dès 3 ans : quels enjeux pédagogiques, sociaux et politiques ?, un article de Pascale Garnier (Paris 13)

13 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

L’instruction obligatoire dès 3 ans : quels enjeux pédagogiques, sociaux et politiques ?
Pascale Garnier, Sociologue, professeur en sciences de l’éducation à l’Université Paris 13, co-directrice du laboratoire EXPERICE revient sur la portée de l’article 2 du projet de loi pour une Ecole de la confiance qui abaisse à 3 ans l’âge de l’instruction obligatoire. Pour elle, cette mesure loin d’être purement symbolique bouleverse profondément l’école maternelle : sa philosophie, sa conception de ce qu’est un jeune enfant, son organisation. Un point de vue argumenté qui ne peut qu’interpeller les professionnels de la petite enfance.

Implications budgétaires et inégalités territoriales

À l’heure où le projet de loi pour une Ecole de la confiance est discuté au Sénat, les critiques de l’article sur l’obligation d’instruction dès trois ans se focalisent sur les aspects budgétaires. En effet, non seulement il faut des moyens pour ouvrir de nouvelles écoles maternelles dans les territoires notoirement sous dotés d’Outremer et des départements comme la Seine Saint Denis où se concentrent les quelques 3% des enfants des 3-5 ans (soit près de 28 000) qui ne sont pas actuellement scolarisés, mais aussi pour que, avec un soutien de l’Etat, les communes prennent à leur charge le financement de nouvelles écoles maternelles privées.
Loin d’être secondaires, ces questions budgétaires ne manquent pas de faire écho à de profondes inégalités territoriales. Celle-ci jouent doublement : à la fois au niveau des ségrégation résidentielles selon les quartiers ; et au niveau des communes qui financent les locaux, les budgets et l’emploi de personnels municipaux. Sur ce point, l’enquête que nous avons menée dans trois écoles maternelles montre de très forts contrastes selon la richesse et la politique des communes (Garnier, 2016). Il manque d’études plus systématiques pour prendre la mesure de conditions de scolarisation si disparates, mais il est fort probable que ce sont dans les mêmes territoires qui peinent déjà à accueillir tous les enfants à partir de trois ans qu’elles sont les plus difficiles.

En outre, même si elle ne vise directement que peu d’enfants, cette obligation est bien plus qu’une mesure symbolique, inscrivant d’ailleurs son promoteur dans la lignée des Jules Ferry, Jean Zay et Jean Berthoin qui ont progressivement accru l’âge de la scolarité obligatoire. Elle constitue une profonde rupture dans l’histoire de l’école maternelle que nous soulignerons ici car elle transforme la nature même de cette institution et, à travers elle, les conceptions de jeunes enfants et de leurs apprentissages, et plus largement la vie des familles.

De « la maternelle » à une école comme les autres
[...]

Extrait de lesprosdelapetiteenfance.fr du 12.05.19
(source ToutEduc)

 

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