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"Les conventions éducation prioritaire de Sciences Po rattrapées par la méritocratie", article de Germán Fernández-Vavrik, Filippo Pirone et Agnès van Zanten dans « Raisons éducatives » 2018/1, n° 22 (version intégrale)

10 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Les conventions éducation prioritaire de Sciences Po rattrapées par la méritocratie

[...] Extrait de la conclusion : Il n’est pas sûr cependant que ce dispositif perdurera sous cette forme car la perception de ses différentes dimensions a évolué en lien avec les changements en cours dans son environnement proche et lointain. Salué pour son audace par une fraction des élites politiques et économiques, le modèle de discrimination positive de Sciences Po n’a pas fait d’émules parmi d’autres établissements d’enseignement supérieur d’élite en France, ce qui lui a permis initialement de se distinguer mais a contribué à terme en partie à l’isoler.
Et ce d’autant plus qu’en France, les pouvoirs politiques n’ont pas imposé des dispositifs contraignants de ce type, contrairement à ce que l’on a pu observer dans d’autres pays. L’idée d’un quota de 30 % des boursiers dans chacune des grandes écoles, avancée sous la Présidence de Nicolas Sarkozy a été rapidement abandonnée et son maintien en tant qu’objectif partiellement dévoyé par l’évolution des barèmes pour l’obtention des bourses du supérieur. Cet immobilisme politique contribue à son tour à l’érosion du soutien de la coalition initiale d’acteurs en faveur du dispositif car, quelle que soit l’appréciation qu’ils portent sur ses effets, il s’agit d’une action à petite échelle qui ne peut pas avoir d’effets significatifs sur le renouvellement global des élites. L’institution elle-même, après la phase offensive du départ et celle d’expansion du dispositif, semble se tourner davantage vers des formes d’inclusion susceptibles de rapprocher son action de celle d’autres établissements d’enseignement supérieur sélectifs et de recueillir un accueil favorable à un moment où l’accès à l’enseignement supérieur se trouve au centre de l’agenda politique.

Nous avons également montré que les lycées cherchent aussi à leur échelle à faire tenir ensemble méritocratie, discrimination positive et inclusion. Limités dans leur capacité d’innovation par le caractère contraignant du script institutionnel, les enseignants impliqués dans le dispositif ont puisé dans leur répertoire pédagogique mais mobilisent aussi, de plus en plus, des pratiques promues par d’autres institutions d’enseignement supérieur, entreprises ou associations, engagées dans l’outreach. Ceci est tout particulièrement le cas quand ces acteurs interviennent dans l’établissement en lien ou parallèlement au dispositif Sciences Po, comme c’est le cas à O et S. Chez la grande majorité de ces enseignants, on observe néanmoins un même brouillage entre l’objectif de « diversification » des élites et celui de la préparation des lycéens à l’enseignement supérieur. Ce brouillage, inhérent à la conception du dispositif et un des gages de sa longévité, apparaît néanmoins hautement problématique dès lors qu’il est pris comme un modèle à suivre pour organiser l’orientation des élèves dans les lycées défavorisés et leur réussite dans l’enseignement post-secondaire. Il s’agit là d’une tout autre tâche qui suppose plutôt un accompagnement long, intense et personnalisé de leurs projets, proche de celui dont bénéficient les élèves des lycées favorisés (Olivier, Oller, & van Zanten, à paraître), parallèlement à leur acquisition de connaissances solides et de modes d’organisation efficaces du travail intellectuel.

[L’article en version intégrale (pages 19-43) sur cairn.info : Les conventions éducation prioritaire de Sciences Po rattrapées par la méritocratie

 

100 millions d’euros : Sciences Po lance la plus grande levée de fonds de son histoire
Présidée par Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et ancien élève, cette campagne de levée de fonds auprès de particuliers et d’entreprises, qui s’achèvera en 2022, aura notamment pour but de financer un nouveau campus à Paris.

[...] D’après l’école, les autres ambitions de cette levée de fonds sont de poursuivre l’accueil de publics « traditionnellement éloignés de l’université », comme les lycéens des milieux défavorisés, ou de réaffirmer son ancrage dans le monde, et notamment en Afrique où Sciences Po a ouvert un premier bureau à Nairobi (Kenya) cette année. Enfin, l’école souhaite s’ouvrir d’avantage aux sciences dures, en poursuivant ses partenariats avec des établissements leaders dans ces domaines.

Extrait de etudiant.lefigaro.fr du 08.10.18 : 100 millions d’euros : Sciences Po lance la plus grande levée de fonds de son histoire

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