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Le vidéo projecteur interactif (VPI) à l’école maternelle REP+ rue d’Orsel de Paris 18e (le Café)

8 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Maternelle : Le VPI au bout des doigts

Que peut on faire avec un vidéo projecteur interactif (VPI) en maternelle ? Sur son blog, Vairaunik, professeure des écoles, à Paris dans le 18e arrondissement, rend compte de nombreux projets pédagogiques. "Le vidéo-projecteur interactif permet réellement de nouvelles interactions, il permet d’affiner la compréhension, il permet d’échanger, de partager, de renouveler, de varier, de proposer d’autres voies dans les apprentissages. C’est grand, c’est visible, c’est audible, il fédère le groupe classe. C’est un support participatif. Il amène spontanément à la littérature de jeunesse, littérature tout court d’ailleurs, des élèves plus éloignés de celle-ci, à mon grand étonnement".

[...]
Voici ce que j’ai pu tester, en trois étapes, entre septembre 2017 et février dernier.

- Étape 1, la plus simple, pour débuter et apprivoiser le tableau interactif :
projeter le contenu des iPad de la classe.

J’ai installé une application de mirroring pour que le groupe (classe entière ou petit groupe) profite du contenu des tablettes lorsque nous sommes réunis à l’espace regroupement.

Partager, échanger :
– des temps de présentation, on découvre par exemple les applications de travail sur l’iPad
– des temps de retour après avoir travaillé = mise en commun, retour sur activité, séance vécue (photos), application travaillée, réussites à partager, erreurs à discuter etc
– des temps collectifs, conviviaux et langagiers, de réunion, autour d’un livre, d’une histoire, d’un diaporama : à parler, à décortiquer, à écouter, à commenter : à travailler, oui

Projeter oui mais pas seulement pour « voir » :
– pour agir,
– pour jouer ensemble,
– pour décoder, pour lever des doutes, pour éclaircir
avant de se lancer seul(e) ou à 2.

ET / OU

Projeter le contenu de l’ordinateur : diaporama, musiques, chansons, films, œuvres d’art dans le cadre de l’artothèque etc : exploiter des ressources variées, diversifiées, en grand format.
Indéniablement, le grand format retient l’attention des petits (<— ne pas s’arrêter là !).

Les recettes, les affichages * sont visibles de loin, on y fait facilement référence, on se déplace pour montrer
(*voir en fin d’article la redéfinition des espaces) :

J’ai également commencé par acheter un logiciel "tout-prêt" , pour me rassurer quant à l’utilisation en classe de ce nouveau tableau et je suis très contente de mon achat.
Il s’agit de eRituels de Génération 5 :
Présentation
Voir

Indiquer sa présence : les élèves déplacent leur étiquette en arrivant dans la classe le matin à l’accueil (« rituel » non systématique), avec ou sans les parents. Ou après.
Tout cela vit avec la vie de la classe, rien n’est figé.
Ils déplacent – placent leur image / prénom dans la case école, ils grimpent sur ma chaise pour placer éventuellement la vignette « cantine » (j’ai demandé une vignette « goûter »).

Comme avec les étiquettes papier plastifiées, j’ai pu faire évoluer ce rituel :
— > photo seule,
— > prénom et photo,
— > bientôt le prénom seul pour certains élèves.
C’est motivant.
Cela permet au rituel de ne pas s’encroûter !!
On varie les plaisirs : placer un camarade, se placer soi-même, nommer le camarade, organiser les étiquettes (regrouper à droite les élèves qui déjeunent à la maison, sur une colonne les élèves du goûter etc), chercher des critères de tri des vignettes, placer l’icône cantine etc.

Il y a aussi la frise du calendrier, l’éphéméride, l’emploi du temps.
C’est personnalisable, j’ai inséré nos propres images de classe pour dire, pour parler les activités. Dire le faire.
Comme avec les étiquettes papier plastifiées, j’ai pu faire évoluer ce rituel :
— > photo seule,
— > prénom et photo,
— > bientôt le prénom seul pour certains élèves.

- Étape 2, pas si compliquée au final :
apprendre à utiliser Activ’Inspire (<– le prononcer est risqué paraît-il : activ’ inspaïre ?!)

La licence complète était fournie avec l’ordinateur de la Ville de Paris, c’est bien pensé.
J’ai pu l’installer sur mon ordinateur personnel (Mac) et ainsi préparer la classe, arriver à l’école avec mon paperboard sur ma clé usb (ou cloud « SynBox académique).

Mais surtout chercher, fouiller, farfouiller les modalités pédagogiques, les mises en œuvres au service des apprentissages avec ce logiciel de création.

J’ai commencé simplement, modestement, en transposant des activités que les élèves allaient ou avaient réalisées.

Quel intérêt pédagogique ?
Avoir explicité les attendus avant de travailler (en étant assuré de l’attention des élèves) se révèle très porteur : je constate que les activités sont mieux comprises, les ambiguïtés sont levées, on lève les implicites, chacun est plus engagé dans la tâche. 👍🏼
Quand on revient sur une activité, en reprécisant la consigne, les attendus, les élèves se sentent plus confiants pour refaire, pour réussir.
Avoir manipulé les éléments avant ou après permet de s’engager dans la tâche.
Cela permet aux petits élèves de se projeter dans une activité : une motivation mue par la confiance, la tâche est connue, elle ne fait pas peur aux élèves, bien au contraire, elle donne envie.

On parle la tâche ensemble et c’est bénéfique aux apprentissages.

En début / milieu de petite section, il s’agit principalement d’éléments à déplacer / à replacer : lettres, images, photos, dessins etc.
Mais aussi dessiner, représenter.
Un exemple de « paperboard » (je parle activInspire – quasi – couramment !)

Mais j’ai appris aussi, essentiel, à créer un nouveau « profil d’utilisateur » –> enfants (définir un profil créé selon l’activité proposée) : ils ne peuvent ici Q U E déplacer les éléments.
Autres activités transposées depuis la rentrée de septembre, numériques et en « vrai », en aller/retour permanent : déplacer des images, associer, remettre en ordre, placer des formes géométriques, trier des personnages, raconter

J’utilise le spot, le rideau (merci à mon Erun préféré : Aurélien !) pour découvrir une œuvre de l’artothèque.
Cela permet de « théâtraliser » la tâche, d’emmener les petits élèves et de les faire PARLER !!!
D’apprendre à regarder, émettre des hypothèses.

Étape 3, le VPI est devenu un atelier, autonome, à part entière : février.
J’allais écrire « enfin » … mais c’est un petit peu ça.
Les élèves n’ont plus besoin de moi pour travailler avec ce nouvel outil ! Chouette !
Ils se relayent, se passent le stylet, travaillent deux par deux, les autres, venus spontanément (attirés par la lumière ?!) se sont assis à côté, les regardent, commentent mais n’interviennent pas, ils les respectent, ils savent que leur tour viendra.
On a installé et réussi un éco-système respectueux dans notre classe.
Les ateliers de la classe ont des formes variées : dirigés, autonomes, plastiques, numériques, de manipulation, de construction, à deux, seuls : chacun a sa place.

Coopération, collaboration, validation (ou pas) par les pairs : des relations horizontales, directes, des interactions favorisées, facilitées, encouragées. De l’entraide. C’était fluide, rotations simples : extra !
Le sens même de notre travail en maternelle : co-construction des apprentissages individuels et emmener chacun.
Partage, respect, tour de rôle.

Je suis consciente de ma chance mais je sais bien également que je n’ai pas (ré)inventé l’eau tiède : je commence seulement à découvrir des potentialités intéressantes au niveau pédagogique, pour la réussite de chacun de mes petits élèves.
Le vidéo-projecteur interactif permet réellement de nouvelles interactions, il permet d’affiner la compréhension, il permet d’échanger, de partager, de renouveler, de varier, de proposer d’autres voies dans les apprentissages.
C’est grand, c’est visible, c’est audible, il fédère le groupe classe.
C’est un support participatif (sans jeu de mot avec le budget du même nom !).
Il amène spontanément à la littérature de jeunesse, littérature tout court d’ailleurs, des élèves plus éloignés de celle-ci, à mon grand étonnement.
Je n’en suis qu’à mes débuts avec ce nouveau venu dans ma classe.
Notre autre tableau blanc a pris un sacré coup de vieux mais il sert encore !
il manque de réactivité … mais pas mes petits élèves !

• La question des espaces s’est posée avec l’arrivée de ce tableau : il a fallu redéfinir les aires (jeux, accrochage, dépôts)
– je ne pouvais plus laisser d’affichage permanent sur le tableau principal (j’en ai installé un à l’entrée de la classe, ces affichages n’étaient donc pas essentiels …), je limite désormais fortement ce que j’accroche sur le grand tableau blanc (<– lassée de tout décrocher toutes les 5 mn !!), gérer les affichages donc !
– j’essaie de ne rien poser sur le banc devant le tableau (en tout cas que ça ne gêne pas les élèves pour y intervenir), enfin … presque rien,
– j’ai dû trouver un autre endroit pour les boîtes de retour (cahier-voyageur, livre bibliothèque, artothèque) afin qu’elles n’encombrent pas l’accès au tableau
–> le tableau de fond de classe pour accrocher artothèque
–> le tableau vert à droite de la porte pour les affichages temporaires de référence + les boîtes
–> laisser une piste graphique libre de temps à autre, accessible aux élèves, tableau du fond ou tableau principal
Février, les espaces commencent à être un peu plus fonctionnels, de tâtonnement en tâtonnement.
[Penser, au moment de la demande en équipement, à choisir, peut-être, un tableau « triptyque », avec des volets qui se referment ? C’est trop tard pour moi.]

Et comme ils étaient livrés par deux dans chaque école équipée, il me permet de travailler avec ma collègue, autrement.

Sur Doigt d’école

Extrait de cafepedagogique.net du 07.03.18 : Maternelle : Le VPI au bout des doigts

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