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Séparer la formation, la qualification professionnelle, le recrutement sur profil et rendre attractives les académies et filières déficitaires (Alain Bouvier, ex-recteur)

26 octobre 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les vraies raisons de s’inquiéter sur le recrutement des enseignants français sont, comme souvent, mises sous le tapis.

[...] Former, puis qualifier, puis recruter sur profil

Sont à articuler trois fonctions : la formation, la qualification (habilitation à enseigner) et le recrutement. Les concours actuels assurent les deux dernières, dans une confusion des rôles et une difficile articulation avec la première. Ils sont placés au milieu des cursus universitaires comme si le but était de les dénaturer. Leur pertinence s’est effondrée et ils cumulent les inconvénients. En particulier, ils empêchent l’université de bâtir des masters adaptés, comme elle le fait aujourd’hui pour de nombreux métiers.

Plus grave encore : les actuels concours, paralysés par leur mode bureaucratique, sont incapables de repérer les compétences professionnelles des candidats.

Enfin, l’employeur n’est pas en mesure d’affecter les différents profils des lauréats là où ils seraient utiles.

Pour les professions de haut niveau intellectuel, l’université propose des parcours à la suite desquels les diplômés se tournent vers les employeurs qui procèdent aux recrutements en fonction des profils qu’ils recherchent. Dans ce schéma chacun est dans son rôle. Pourquoi maintenir la confusion à l’Éducation nationale ? À qui profite cette guerre des territoires, chaque partie prenante disant que les problèmes sont de la faute des autres ?

Les enseignants du premier degré sont des fonctionnaires de l’État, recrutés par des concours au niveau académique (et non pas national), avec des affectations départementales. Ils n’en sont pas moins fonctionnaires de l’État ! Affirmer, comme certains le font, que seul le recrutement pas des concours nationaux est envisageable pour des fonctionnaires de l’État est une contre-vérité. Que cache-t-elle ?

Le temps est venu de laisser l’université faire son travail de formateur, puis le niveau déconcentré, au plus près du terrain, d’assurer le recrutement sur profil au nom de l’État. Il s’agit donc de séparer la formation, la qualification professionnelle (qui pourrait être régionalisée) et le recrutement sur profil par les circonscriptions du premier degré et les établissements secondaires.

Mais ceci ne sera pas suffisant.

Rendre attractifs les secteurs en difficulté

Il est nécessaire de rendre attractives les académies et les filières qui ne le sont pas, en payant davantage les enseignants des secteurs en difficulté de recrutement, comme cela se fait déjà pour les DOM-TOM et les établissements français à l’étranger. [...]

Extrait de questionstabouessur notre sustème éducatif.cm du 01.10.17 : Débureaucratiser le recrutement des enseignants français[1]

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