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Journée OZP 2017. Atelier 3. Parents : la coéducation à l’école en éducation prioritaire. Construire des passerelles (animé par Catherine Hurtig-Delattre)

31 mai 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée OZP 2017

Atelier 1. Parents : la coéducation à l’école en éducation prioritaire.
Construire des passerelles

Intervenante : Catherine Hurtig-Delattre, directrice d’école maternelle, auteur de "la coéducation, c’est possible
Catherine Hurtig-Delattre a été directrice dans une maternelle qui est sortie du dispositif d’éducation prioritaire, est actuellement dans une école plus mixte que la précédente dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. .
Elle milite également à l’ICEM-Pédagogie Freinet et à Réseaux sans Frontières (RESF).
Elle a été concernée au départ par la coéducation en tant que parent d’élève FCPE.

Animateur : Jean-Pierre Fournier, ex-coordonnateur et formateur, membre du bureau de l’OZP, a coordonné un numéro des Cahiers pédagogiques sur les parents et participe à Questions de classe(s). Il milite également à RESF.

 

Catherine Hurtig-Dellattre projette, en le commentant et en répondant aux questions des participants, un PowwerPoint réalisé pour cet atelier.

dont voici le détail ci-dessus.

 

PLAN
1/ Contexte
2/ relation école/famille = coéducation ?
Spécificité en Education Prioritaire
3/ les dispositifs d’accueil, d’information, de dialogue, de participation
4/ les renversements nécessaires de postures professionnelles
5/ retour sur deux dispositifs -
* les entretiens individuels systématiques
* les « enfants-soleil »
Conclusion : effets et limites

 

1/ Contexte ; d’où je parle
Une école maternelle
Un quartier de mixité sociale, longtemps en Education prioritaire
Une équipe « ordinaire » mais engagée et ouverte, insérée dans un réseau professionnel et associatif
Un parcours personnel cherchant à rendre cohérent la triple expérience professionnelle, parentale et militante

 

2/ Relation école/famille = coéducation ?
• « Une relation de mutualisation entre les éducateurs dits « premiers » que sont les parents, et les éducateurs professionnels qui agissent en parallèle et successivement » (Sylvie Rayna). 
• Postulat de la complémentarité éducation/instruction et non de la répartition de ces deux missions entre famille et école.
• Postulat qu’une certaine“ porosité » est souhaitable pour davantage de continuité et de cohérence
• Postulat de la compétence parentale en admettant la diversité des postures éducatives, comme celle des démarches pédagogiques
• On est loin d’une relation école-famille descendante qui consisterait à « informer pour faire comprendre ce qu’on attend des parents »

 

Spécificité en éducation prioritaire
• Cette relation de coéducation est nécessaire avec tous les parents mais elle est à la fois plus difficile et plus indispensable avec les familles en situation de précarité sociale.
- plus difficile

  • parce que leur mode de vie nous est inconnu
  • parce que certaines attitudes peuvent nous choquer ou être incompréhensibles
  • parce qu’il y’a des problèmes de communication dues à la langue , au vocabulaire, à la compréhension de l’écrit
  • parce que les parents sont souvent meurtris par leur propre histoire scolaire ce qui les rend parfois méfiants ou agressifs
    - plus indispensable
  • parce que les enfants souffrent de manque d’estime d’eux-mêmes
  • parce que la lisibilité de l’école ne peut jamais être implicite

 

3/ les dispositifs
• l’accueil : à l’inscription, au quotidien
• l’information : cahiers de liaison, affichages, mails, blog…
• le dialogue : échanges quotidiens, entretiens individuels, réunions institutionnelles
• la participation : conseil d’école, encadrement de sorties, portes ouvertes, ateliers parents-enfants, dispositifs ouverts
• Au croisement des 4 entrées : l’espace de coéducation
• Une préoccupation constante : comment repenser ces dispositifs avec un objectif de coéducation ?

 

4/ les renversements nécessaires de postures professionnelles

1er renversement : se responsabiliser dans la relation en tant que professionnel , au lieu d’être dans une attente implicite
- vivre une démarche volontariste, constante et pensée
- s’adapter à l’autre (contraintes, niveaux de langage…)
- Interroger la lisibilité et l’efficacité des dispositifs
- s’imposer la souplesse

2ème renversement : construire une relation « asymétrique à parité d’estime » et non de faux semblant partenarial
- assumer l’asymétrie entre situation professionnelle et situation parentale
- considérer les tensions comme normales, constitutives de la situation
- s’entraîner au non jugement inconditionnel, avec postulat de la compétence parentale et de l’aptitude au dialogue
- faire le deuil de l’acquiescement systématique et de la « juste distance »

3ème renversement : envisager la coéducation comme véritable enjeu d’apprentissage et non comme un enjeu de confort ou de convivialité.

* Parce que la confiance mutuelle est source de sécurité psychique pour rendre l’enfant disponible aux apprentissages
* Parce que l’élève de milieu populaire doit être convaincu que sa culture familiale a de la valeur pour surpasser le conflit de loyauté
* Parce que la conscience des passerelles entre cultures familiales et cultures scolaires renforce la capacité à faire des liens et à institutionnaliser les savoirs.

 

5/ Retour sur deux dispositifs
Les entretiens individuels systématiques
Marie Hurtig-Delattre projette un extrait d’une vidéo enregistrée par le Centre Alain Savary : "Les entretiens individuels enseignant-parent(s) : un dispositif institutionnalisé"
- entrée dans l’entretien
- situations de coéducation

Les "enfants soleil"
voir les deux pages de photos du PowerPoint
Commentaire de M Hurtig-Dellatre : Au moment de l’anniversaire de chaque enfant,
les parents sont invités à apporter deux surprises : un gâteau, un dessin, un jeu... Tout ce que les parents apportent est objet d’apprentissage

 

Effets et limites
• C’est difficile mais ça marche et c’est formidable !
• Nombreuses situations de réussite : liens tissés et maintenus, conflits désamorcés, participations multiples , sensation de confiance
• Quelques impasses aussi : ne pas se croire tout puissant
• Ne pas travailler seul : partenaires sociaux bien sûr mais aussi associatifs (ATD, CLASSES, RESF)
• Limites sociales : quand les conditions passent de « précaires « à « indigne »
• Limites professionnelles : manque de temps, manque de formation, résistances internes…

 

Voir aussi

"La coéducation à l’école, c’est possible ", par Catherine Hurtig-Delattre, préface de Frédéric Jesu, Chronique sociale, déc. 2016. Entretien avec le Café

 

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