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Dans Fenêtres sur Cours, 2 mai 2017, deux facteurs d’inégalités : l’oral (dossier) et les devoirs (article)

4 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Fenêtres sur Cours n° 435
2 mai 2017

Au sommaire de ce numéro, nous avons relevé en particulier :

- DOSSIER : Apprendre et prendre la parole au cycle 3

Extrait page 14
[...] Trois questions à Elisabeth Bautier,
sociolinguiste, chercheure en sciences de l’éducation

En quoi la langue orale utilisée à l’école véhicule-t-elle les inégalités sociales ?
Les inégalités viennent du fait que les usages de la langue nécessaires aux apprentissages constituent un langage spécifique. Il s’agit d’un oral pour apprendre que les enseignants n’identifient pas toujours comme spécifique ou qu’ils croient
partagé par tous. À leur décharge, la plupart du temps, cette dimension du langage et des programmes n’est pas prise en charge par la formation qu’ils ont reçue.
On n’utilise pas la même syntaxe ni le même lexique pour communiquer des envies, des besoins ou des émotions que pour raisonner, décrire, expliquer... À l’école, il ne
s’agit pas seulement de parler du monde mais principalement de parler sur le monde. Cet usage scolaire de la langue n’est guère présent dans la majorité des familles faiblement scolarisées et là encore bien souvent insuffisamment
enseigné à l’école. Et cet enseignement est censé commencer dès la maternelle.

En cycle 3, n’est-il pas trop tard pour y remédier ?
Bien sûr que non. Mais cela suppose pour les enseignants d’être capables de distinguer les différents usages de la langue et d’en repérer la maîtrise chez leurs élèves. En effet, l’évaluation de l’oral que nous venons d’évoquer ne peut se réduire à la participation à un débat en classe. Il est nécessaire de distinguer l’oral de communication et d’expression, certes plus ou moins fluide et pertinent, de l’oral d’élaboration et de raisonnement nécessaire aux apprentissages scolaires.

Quel type d’activités doit-on privilégier ?
Toutes les activités d’oral ne se valent pas. Il est important de privilégier celles qui permettent aux élèves qui risquent d’être en difficultés d’apprendre ce qu’ils ne vont rencontrer qu’à l’école, c’est-à-dire les utilisations du langage pour comparer, classer, raisonner, expliquer, argumenter, construire des savoirs génériques... En d’autres termes des usages qui convoquent les fonctions cognitives du langage
et qui construisent ces usages, également nécessaires à l’écrit. Ainsi, dans chaque discipline scolaire, l’enseignant est censé porter pour lui comme pour ses élèves, l’exigence de l’utilisation du lexique de l’école. Car ce lexique a également une dimension cognitive de construction des raisonnements scolaires. Le mot mammifère par exemple n’est pas seulement un terme d’un vocabulaire soutenu,
technique ou strictement scolaire et « réservé à d’autres », comme le pensent certains élèves, c’est un support indispensable à des opérations mentales de catégorisation, de comparaison, de critérisation, donc de compréhension.

 

- MÉTIER : Les devoirs, facteurs d’inégalités

Extrait page 19
Les devoirs toujours là et toujours facteurs d’inégalités
« Le système des devoirs n’a pas fait ses preuves en matière d’égalisation des parcours d’apprentissage. Au contraire, il pénalise les plus faibles, accentue la
compétition et contribue au renforcement des inégalités scolaires », le constat est sans appel, il émane de la dernière note du conseil scientifique de la
FCPE coordonnée par Etienne Douat, maître de conférences en sociologie. Cela rejoint les réflexions régulières du SNUipp qui demande un respect des
textes et une plus grande intégration « des devoirs en classe ».
La circulaire de 1956 interdit les travaux écrits mais laisse possibles d’autres activités de relecture, de révision, de mémorisation qui ne sont pas forcément plus aisées pour les élèves et leurs familles, au contraire.
Qu’est-ce « qu’implique réviser une leçon ? » interroge l’étude. Elle souligne aussi combien « l’inflation des dispositifs » d’aide aux devoirs proposés aux familles finalement justifie que perdure ce travail à la maison, tout comme « la mobilisation autour de l’enjeu scolaire, le renforcement de la concurrence » qui met les
enseignants sous pression.

Rituel exigeant et source de conflits
Or pour faire leurs devoirs, les élèves ne bénéficient pas tous des mêmes conditions, loin de là. D’une part matériellement, parce qu’on ne travaille pas de la même façon sur un bureau dans une chambre au calme que dans un « logement exigu »
, sans espace adapté et dans le bruit. D’autre part, l’aide apportée par la famille est inégale selon les horaires de travail des parents ou leurs ressources personnelles pour accompagner leur enfant. Enfin, le « rituel des devoirs parce qu’il est exigeant » peut
« nourrir et exacerber les conflits intrafamiliaux », au lieu de créer ce lien essentiel entre l’école et la famille de manière sereine. D’où l’importance d’une réflexion de fond pour empêcher tout ce qui peut creuser encore les écarts.
LAURENCE GAIFFE

Le numéro en PDF

Extrait de snuipp.fr : Fenêtre sur Cours, n°435

Voir aussi à la rubrique "Salle de presse"

29/03 Cnesco : différencier oui, mais comment ?
[...] 26/01 Nouveaux dispositifs en éducation prioritaire : où en est-on ?
26/01 Transformer l’école pour réduire les inégalités scolaires

 

Site OZP : Recherche sur les devoirs

- Devoirs (à la maison et à l’école). « Rechercher » en plein texte sur le mot devoirs
- Devoirs (à l’école). M Accompagnement éducatif
- Devoirs (à la maison). M Accompagnement périscolaire

Extrait de l’index du site : l’INDEX : pour trouver rapidement le mot-clé (ou la rubrique) correspondant le mieux à votre demande

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