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Les 18 et 19 mai 2017 à l’ESPE de Bonneuil-sur-Marne, Journées d’études interdiciplinaires : Penser l’intersectionnalité (rapports sociaux de race, classe, sexe) dans les recherches en éducation

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Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation
Journées d’études interdisciplinaires les 18 et 19 mai à Bonneuil-sur-Marne

Ces journées d’études interdisciplinaires visent à examiner les processus de racialisation en tant que rapport de pouvoir à l’œuvre dans les mondes éducatifs français, et la manière dont ils s’articulent avec les rapports sociaux de sexe et de classe. Autrement dit, il s’agit d’interroger comment les rapports sociaux de classe, de race, de sexe s’entremêlent, interagissent les uns avec les autres et structurent ensemble le champ de l’éducation au sens large (école, éducation populaire, formation des adultes, éducation spécialisée, intervention sociale).

Le thème de ces journées :
Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation

Le jeudi 18 et vendredi 19 mai 2017 de 9h à 18h30 à l’Espé de l’académie de Créteil, rue Jean Macé à Bonneuil sur Marne (94)

Ces journées sont ouvertes à toutes les personnes intéressées (étudiants, enseignants, chercheurs, acteurs des mondes de l’éducation,etc.).

Consulter le programme

Informations pratiques

Source Cahiers pédagogiques

 

Programme

JEUDI 18 MAI 2017

9h-9h30 : Accueil

9h30-10h : Introduction des journées (amphithéâtre)

Brigitte Marin, Directrice de l’ESPE de l’Académie de Créteil, CIRCEFT-ESCOL
Alain Brélivet, Inspecteur du second degré, Chargé de mission Égalité filles-garçons de l’Académie de Créteil

10h-12h : Conférences de cadrage et échanges avec la salle (amphithéâtre)

Ce que parler d’intersectionnalité à l’ESPE veut dire : enjeux scientifiques et politiques des journées d’études – Comité d’organisation
Articuler race, classe, genre, colonialité… : quelques enjeux théoriques de la co-formation des rapports sociaux – Paola Bacchetta (Department of gender and women’s studies, University of California)
Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation – Françoise Lorcerie (IREMAM, CNRS et Aix-Marseille Université)
L’institution scolaire au risque de l’islamophobie : pistes de réflexion à partir de la question du devoir de neutralité – Marwan Mohammed (CMH, CNRS)

12h-13h : Déjeuner

13h-15h : Session 1 (trois panels et un atelier en parallèle)

Panel A : La construction des rapports différenciés aux cultures et aux savoirs (salle 303)

Discussion : Séverine Depoilly (GRESCO, Université de Poitiers)

Enfance et normes culturelles : comment se construisent les rapports enfantins aux œuvres d’art entre l’école et le musée et à l’intersection des rapports de classe, de genre et de race ? – Claire Desmitt (Proféor-CIREL, Université de Lille SHS)
Genre, classe, « race » et sciences : analyse intersectionnelle de la construction de rapports aux sciences différenciés chez des élèves de CM1-5ème – Clémence Perronnet (Centre Max Weber, ENS de Lyon)
L’ « intégration en panne » dans les quartiers populaires vue par les lycées en fonction de leur lien aux immigrations : injustices sociales ou « problème » ethno-racial ? – Halima Aït-Mehdi (CURAPP-ESS, Université de Picardie Jules Verne)

Panel B : Discipliner les minoré.e.s (salle 306)
Discussion : Tal Dor (Experice)

Surveiller et sanctionner au nom de la loi du 15 mars 2004. Approche intersectionnelle des enjeux de la discipline laïque à l’école – Chloé Le Meur (EHESS, enseignante, Bezons)
« L’être humain pour qu’il comprenne faut lui laisser une trace : un vieux dicton qui se dit à Barbès ». Ethnographie d’une situation de violence à l’école au prisme de l’intersectionnalité – Naïma Anka Idrissi (Experice)
Pratiques éducatives au tribunal pour enfants : les apports de l’intersectionnalité pour comprendre la prise en charge des jeunesses minoritaires par la justice – Arthur Vuattoux (IRIS)

Panel C : Comment l’institution scolaire fabrique le « problème musulman » (amphithéâtre)

Discussion : Hanane Karimi (DynamE, Université de Strasbourg)

« Des esclaves sans sexe, sans race, sans religion » / Les Journées de Retrait de l’école : des « musulmans » contre « l’idéologie du genre » dans les programmes scolaires – Diane-Sophie Girin (GSRL, EPHE)
Les élèves ne sont-ils-pas Charlie ? Les attentats de janvier 2015 au prisme de l’intersectionnalité à l’école – Konstantinos Eleftheriadis (CEMS-IMM)
L’école face au « nous » musulman : retour d’enquête sur les réactions des élèves suite aux attentats de Charlie Hebdo dans une école primaire ségréguée – Alice Simon (CEPEL, Université de Montpellier)

Atelier 1 : Enseigner la laïcité : la messe ou le débat ? (salle 307)

Romain Geffrouais (Groupe Français d’Éducation Nouvelle)

15h-15h30 : Pause

15h30-18h : Session 2 (trois panels et un atelier en parallèle)

Panel D : Quand les acteurs.trices éducatifs.ves font bouger les lignes (1) (salle 306)
Discussion : Olivier Chaïbi (IDHES, UPEC-ESPE)

La prise en compte du genre et de la race par les enseignant.e.s du premier degré : perspectives comparées et intersectionnelles – Marie Pachoud (Laboratoire Max Weber)
Penser l’intersectionnalité à rebours du programme officiel : pratiques d’un groupe d’enseignants japonais en école élémentaire – Aline Henninger (Centre d’études japonaise, INALCO)
Incidences d’une formation sur l’intersectionnalité en EPS auprès des professeurs des écoles stagiaires – Odile Maufrais et Sigolène Couchot-Schiex (LIRTES)
· Parcours langagiers, langues profanes et langue savante : enjeux du bilinguisme des enfants de migrants – Laura Rakotomalala (Équipe Inserm Santé mentale et santé publique) et Marie Rose Moro (Équipe Inserm Méthodes et Cultures)

Panel E : Quand les acteurs.trices éducatifs.ves font bouger les lignes (2) (amphithéâtre)
Discussion : à confirmer

Penser et expérimenter des pratiques non-discriminantes à l’école – Évelyne Clavier (CRAP-Cahiers pédagogiques)
Discriminations, racismes et processus de racialisation en lycée professionnel – Aida Kharkhache et Stéphane Kus (IFE, ENS de Lyon)
« Vous êtes âgée Madame c’est normal que vous soyez ouvert d’esprit » : Observation et analyse des réactions d’élèves de lycée professionnel à un dispositif sur le sexe, la classe et la race – Delphine Allouis (enseignante), Naïma Anka Idrissi (Experice), Anne Laure Ferrari (enseignante) et Fanny Gallot (CRHEC)
Questionner et agir sur la frontière entre la normalité et la différence à l’école : enseignants(es) et chercheurs(es) du projet Normalité, Différence et Éducation – Patricia Guerrero (Université Centrale du Chili), Carolina Rojas (Universidad Alberto Hurtado) et Claudia Matus (Pontificia Universidad Católica de Chile)

Panel F : Paradoxes de la lutte contre les discriminations (salle 307)
Discussion : Mathilde Larrere (ACP, UPEM)

La lutte contre les discriminations, un rapport de domination ? Les jeunes des quartiers populaires au croisement des représentations – Annick Metefia (Intervenante pédagogique)
La socialisation des bénéficiaires de l’action « L’ouverture sociale des lycées de la défense » – Sarah Tiano (ADEF, IRSEM)
Le rapport à l’origine et au territoire comme ressource pédagogique. L’ « ouverture sociale » de Sciences Po Paris – Germán Fernández Vavrik et Agnès van Zanten (LIEPP)
Favoriser la diversité des origines ethniques pour favoriser la mixité entre les sexes dans les études supérieures d’informatique – Isabelle Collet (GRIFE-GE, Université de Genève)

Atelier 2 : Exposition « À l’intersection des dominations : le fait colonial dans les manuels scolaires » (bibliothèque)

Kevin Bernard (EHESS), Fanny Gallot (CRHEC) et Fatima Mehaouat (EHESS)

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VENDREDI 19 MAI 2017

8h30-9h : Accueil

9h-11h : Session 3 (deux panels et un atelier en parallèle)

Panel G : Saisir les expériences biographiques et les points de vue des acteurs.trices (amphithéâtre)
Discussion : Renaud Cornand (Université Aix-Marseille)

Voix d’adolescents : l’école en situation postcoloniale – Malika Mansouri (PCPP)
L’intersectionnalité des rapports sociaux dans les positions dominantes. Les trajectoires biographiques d’enseignant.e.s noir.e.s à l’Université dans le Brésil contemporain – Guénolé Marchadour (LISE, CNAM)
Entre inégalités scolaires, ségrégation urbaine et divisions ethno-raciales. Regards d’enseignants sur les espaces de l’éducation prioritaire – Sophie Blanchard (Lab’Urba)

Panel H : Évaluer et orienter les élèves (salle 306)
Discussion : à confirmer

L’évaluation scolaire : un révélateur de la consubstantialité des rapports sociaux de sexe, de classe et de « race » – Didier Chavrier (Laboratoire Éducation, Cultures, Politiques, Université Lyon II)
Les paradoxes de l’injonction à l’autonomie dans la sélection scolaire : filles et garçons de milieux populaires face à l’orientation – Séverine Chauvel (LIRTES)
Orientation scolaire et intersectionnalité. Analyse des prises de décision dans les conseils de classe en Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique) – Géraldine André (GERME, Université libre de Bruxelles)

Atelier 3 : Réflexions autour d’outils pédagogiques sur les stéréotypes au prisme de l’intersectionnalité (salle 307)

Anne Gorry, Ludivine Egounleti (association Les Petits Débrouillards), Sarah Barnier (IIAC-LAUM-BABELS, association les Petits Débrouillards)

11h-11h30 : Pause

11h30-13h30 : Session 4 (trois panels en parallèle)

Panel I : Tensions dans les rapports de domination (amphithéâtre)
Discussion : Isabelle Clair (IRIS, CNRS)

L’éducation à l’égalité des sexes et des sexualités au risque de l’altérisation de certaines familles – Gaël Pasquier (LIRTES)
Les pédagogies nouvelles face aux inégalités scolaires : enquête intersectionnelle dans une école Montessori en Équateur – Emily Lopez Puyol (Université Paris Diderot – Paris 7)
L’Altérité dans les manuels scolaires : une approche intersectionnelle des représentations genrées et ethnoraciales – Valérie Lanier (LIRTES)

Panel J : Traitement différentiel de publics spécifiques (salle 306)
Discussion : Roxane Bettinger (Institut Supérieur Clorivière)

Penser l’intersectionnalité dans la scolarité de jeunesses migrantes – Maïtena Armagnague (Grhapes, INS HEA)
Parcours de formation de migrant·e·s transgenre au prisme de l’intersectionnalité – José Reyes (CEREP)
Disqualification identitaire et imposition normative de la pensée : la douance à la lumière de l’intersectionnalité – Maëlle Maillard (Experice, Université Paris 8)

Panel K : Effets ségrégatifs des politiques et des dispositifs éducatifs (salle 307)

Discussion : Anne Clerval (ACP, UPEM)

Intersection entre surdité et migration : prise en compte de la diversité linguistique et culturelle dans le champ de l’éducation – Diane Bedoin (CIRNEF)
Inégalités, ségrégation et ethnicisation des territoires de l’école à Marseille – Gwenaëlle Audren et Virginie Baby-Collin (TELEMME, CNRS, Université Aix Marseille)
Altérité ethnique et appropriation de la compréhension en milieux populaires – Samuel Bérard (CIRCEFT-ESCOL)

13h30-14h30 : Déjeuner

14h30-16h30 : Session 5 (deux panels et un atelier en parallèle)

Panel L : Les pédagogies critiques à l’épreuve de l’intersectionnalité (amphithéâtre)

Discussion : Nassira Hedjerassi (CEREP, Université de Reims Champagne-Ardenne)

Enseigner à l’épreuve de l’intersectionnalité : retour sur les pédagogies critiques – Irène Pereira (LIS, UPEC)
Le théâtre de l’opprimé.e :
une méthodologie de l’intersectionnalité ? – Myriam Cheklab (Experice, Université Paris 8)
Alliance sans appropriation ? Vers une pratique pédagogique intersectionnelle des romans de Sue Monk Kidd – Lara Cox (Université Paris 4, Université d’Évry)

Panel M : Épistémologies et méthodologies de l’intersectionnalité (salle 306)
Discussion : Jules Falquet (CEDREF-LCSP, Université Paris Diderot)

« Classe, race, genre » à l’Université : comment saisir la consubstantialité des rapports sociaux dans les trajectoires étudiantes franciliennes ? – Leïla Frouillou (CIRCEFT-ESCOL)
Perspectives intersectionnelles dans la recherche qualitative sur la formation professionnelle duale en Suisse. Les questions soulevées par une analyse secondaire de données ? – Nadia Lamamra (IFFP-Lausanne)
Penser l’intersectionnalité dans les représentations du métier de professeur d’EPS. Enjeux méthodologiques d’une enquête par questionnaires – Cécile Ottogalli-Mazzacavallo, Loïc Szerdahelyi, Aurélie Epron (L-ViS, Université Lyon 1)

Atelier 4 : La leçon de « la leçon de discrimination » (salle 307)

Joëlle Magar-Braeuner (LEGS, IREF-UQAM)

16h30-17h : Pause

17h-18h30 : Table ronde – Regards croisés d’universitaires, actrice.teur.s du monde éducatif et militant.e.s (amphithéâtre)
Claire Cossée (LIRTES)
Fabrice Dhume (URMIS/ISCRA)
Nasima Moujoud (LARHRA)
Audrey Mukoko (enseignante et afroféministe)
Sarah Zouak (Lallab)

Extrait de intersectionnalite-education.fr : [Intersectionnalitéhttp://intersectionnalite-education.fr/programme/]

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3 Messages de forum

  • Espé de Créteil : le ministère et la rectrice répondent au CLR (15 mai 17)

    15 mai 2017

    Voici la réponse que nous avons reçue aujourd’hui même du directeur de cabinet de la ministre de l’Education nationale.

    "Cher Monsieur,
    Voici ci-après des éléments transmis par la rectrice, qui confirment mes propos.
    Bien à vous
    Olivier Noblecourt

    « Monsieur le directeur de cabinet,

    Je vous confirme les éléments de réponse au mail que vous m’avez transféré du Comité Laïcité République.
    Le colloque est organisé par l’UPEC sur le site de Bonneuil, qui se trouve par ailleurs être un des sites de l’ESPE, qui n’est pas co-organisateur. À ce titre, le président de l’UPEC fera l’ouverture des travaux.
    Le site internet de l’ESPE ne fait nullement mention dans son actualité du colloque et de son programme et ne fait pas publicité du lien d’inscription.

    Enfin, les enseignants de l’académie de Créteil n’ont pas été convoqués pour participer à ce colloque dans le cadre du plan de formation académique, ou à aucun autre titre.

    Bien à vous,
    Béatrice Gille »

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  • Communiqué du Comité Laïcité République
    La confusion règne toujours à l’Espé de Créteil

    15 mai 2017

    Comme indiqué précédemment, le Comité Laïcité République a interpellé par écrit la rectrice de l’académie de Créteil et le cabinet - encore en fonction - de la ministre de l’Education nationale, au sujet des deux journées d’étude au contenu plus que problématique organisées à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de Créteil. Il n’a, à ce jour, obtenu aucun retour de la première et des réponses fragmentaires du second.

    Ainsi nous a-t-il été confirmé le retrait de cette information du site de l’Espé et le fait que les enseignants en formation à Créteil ne seraient désormais pas conviés à ces journées.

    Si nous prenons acte avec satisfaction de ces décisions, nous persistons toutefois à penser que celles-ci n’auraient pas eu à intervenir si la simple vigilance républicaine que l’on est en droit d’attendre d’un recteur d’académie ou d’un directeur d’Espé avait été à temps et clairement exercée.

    De plus, ces décisions - aussi timides que tardives - n’empêcheront sans doute pas certains étudiants en formation de se rendre à ce colloque. D’autant que l’information figure toujours en bonne place sur plusieurs sites institutionnels tels ceux de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et de l’ENS de Lyon, sans compter nombre de sites associatifs ! Autant dire que le mal est fait et qu’il eut été plus clair - mais encore fallait-il le vouloir - d’annuler purement et simplement la tenue de ces journées au sein de l’Espé.‎ Car là demeure le véritable scandale : qu’une telle ligne anti-laïque et hostile aux lois et valeurs de la République puisse se faire entendre dans ce lieu de formation des futurs cadres de notre école !

    Le Comité Laïcité République n’a jamais cherché à interdire de parole des personnes qui tiennent un discours contraire au sien. Tribunes et médias divers ne manquent pas vers lesquels ceux-ci peuvent se tourner. Mais il est clair pour nous que la confusion ne saurait être admise - et moins encore encouragée - dans l’enceinte d’une institution spécifiquement dédiée, comme cette Espé, à l’expression, l’enseignement et la diffusion de nos valeurs laïques et républicaines.

    Patrick Kessel
    ‎Président du Comité Laïcité République
    16 mai 2017

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  • Communiqué du Comité Laïcité République
    Les idées racialistes, séparatistes, antilaïques et antirépublicaines diffusées au sein de l’ESPE de l’académie de Créteil (12 mai 17)

    12 mai 2017

    Le Comité Laïcité République affirme solennellement sa ferme opposition à la tenue des deux « journées d’étude » programmées les 19 et 20 mai prochains à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de l’académie de Créteil.

    Sous couvert de « Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation » – intitulé au demeurant bien abscons et jargonnant ! – il s’agit en réalité d’une pure provocation visant à légitimer un discours communautariste délibérément hostile à la laïcité républicaine, voire mensonger et calomnieux, dans le lieu même où sont censés être formés les futurs enseignants des écoles, collèges et lycées de l’une des plus importantes et sensibles académies de notre pays.

    Avec des intitulés tels que « Comment l’institution scolaire fabrique-t-elle le problème musulman ? » ou « Surveiller et sanctionner au nom de la loi du 15 mars 2004. Approche intersectionnelle des enjeux de la discipline laïque à l’école », il ne s’agit rien moins que de donner la parole à des militants connus pour leur vive opposition à la loi du 15 mars 2004 d’interdiction du port de signes et tenues manifestant une appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics. Citons encore l’intitulé suivant, qui introduit au sein de l’École de la République, sans aucune distance critique et au mépris de nos lois, la notion de race ! « La prise en compte du genre et de la race par les enseignant.e.s du premier degré : perspectives comparées et intersectionnelles ».

    Nous serions pourtant en droit d’attendre que lors de journées de formation d’enseignants – ces fonctionnaires d’État qui, selon la charte de la laïcité à l’école, ont à transmettre et incarner la laïcité et les valeurs de la République – se fasse entendre une autre parole que celle de proches ou de militants du collectif contre l’islamophobie en France ou du parti des indigènes de la République, dont les représentants n’hésitent pas à avancer des thèses racialistes et séparatistes en contradiction absolue avec les principes et avec l’idéal d’émancipation de la République laïque.

    ‎Cette initiative nous apparaît d’autant plus inconcevable qu’elle a lieu au sein même de ce qui fut, voici quelques années encore, sous l’égide notamment de Jean-Louis Auduc alors directeur des études, l’un des tout premiers IUFM à avoir organisé des formations exemplaires sur la laïcité.

    ‎Il y a urgence à réagir ! Maintenir l’accueil de ces journées à l’Espé de Créteil constituerait un précédent d’une extrême gravité et, dans le contexte présent, apporterait de l’eau au moulin de courants xénophobes qui ne manqueront pas de s’emparer de cette manifestation caricaturale pour en faire une arme électoraliste, dans une période de fortes tensions.

    Nous avons par lettre demandé à Madame la Rectrice, d’user de tous ses pouvoirs pour interdire la tenue de ces journées au sein de l’Espé de son académie, journées dont le programme bafoue les principes qui guident l’enseignement laïque et républicain et en particulier la formation des maîtres.
    Nous avons alerté le cabinet de Mme la Ministre de l’Éducation nationale. Nous n’avons reçu aucune réponse de la première. Interrogé par nos soins, le cabinet nous a fait savoir que ce colloque était retiré du plan de formation des maitres. À ce jour, il figure toujours sur le site.

    Nous engageons tous les laïques à visiter le site web de cet établissement d’enseignement supérieur public destiné à la formation des maîtres pour prendre la mesure de l’effarant programme de ces journées.

    Nous les appelons à protester, en faisant part de leur profond désaccord auprès de l’Académie de Créteil et de L’Espé, par mail, aux adresses suivantes : brigitte.marin@u-pec.fr et recteur@ac-creteil.fr.

    Pour l’honneur de l’École publique, laïque et républicaine, une telle manifestation ne peut avoir lieu dans les locaux et avec le soutien de l’Espé et, de fait, de l’Académie de Créteil, du Ministère de l’Éducation nationale et de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, double-tutelle de cet établissement.

    Comité Laïcité République
    le 12 mai 2017.

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