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Le travail sur l’estime de soi permet "l’accrochage scolaire des élèves" et chez les enseigants de "cultiver des graines d’estime professionnelle" (congrès AGEEM, juillet 2016)

18 juillet 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

"Développer la maternelle, c’est développer la démocratie" (I. Racoffier, congrès de l’AGEEM)

"L’estime de soi", tel était le thème du congrès de l’AGEEM qui s’est achevé hier 5 juillet à Dijon. Pour la présidente de l’association des enseignants des écoles maternelles, c’est ce travail sur l’estime de soi qui permet d’apprendre mieux dès le plus jeune âge, de "réussir l’accrochage scolaire". Mais en donner les modalités aux enseignants, c’est les amener à ressentir ce que ça leur fait à eux, et le congrès devait "cultiver des graines d’estime professionnelle". Car, comme le dit Maryse Metra (AGSAS - Association des Groupes de Soutien Au Soutien), "ce qui vaut pour les élèves vaut aussi pour les enseignants", eux aussi doivent conjuguer, pour les transmettre, "sentiment de confiance", "connaissance de soi", "sentiment d’appartenance à un groupe" et "sentiment de compétence".

Comme tous les congrès, celui-ci voit se succéder les conférenciers, Jean-Paul Delahaye, Eirick Prairat , Yves Soulé, Joëlle Gonthier, Catherine Guéguen… mais, et c’est une nouveauté cette année, s’y ajoutent des ateliers de pratiques et des expositions pédagogiques. Les enseignants ne s’effacent pas derrière les productions de leurs élèves, comme trop souvent ; le petit livret de présentation propose, pour une trentaine d’entre elle, un lien avec une "appli" qui fait parler les responsables de chacune de ces innovations sur le portable du visiteur.

Une robe pour symboliser les identités
Ces micro-vidéos seront accessibles sur le site de l’AGEEM, comme autant de supports de formation, puisque ce congrès est reconnu comme un temps de formation, mais Isabelle Racoffier regrette qu’elle soit aussi peu développée dans les Espé, et elle demande qu’au moins un tiers du temps de formation des professeurs des écoles soit consacré à la maternelle.

Elle demande que ce soit aussi le cas pour la recherche. "Personne ne se demande à quoi ça sert de pratiquer les arts dans l’école première !" On a pourtant une démonstration immédiate de leur utilité avec l’exposition d’un travail mené conjointement par l’école maternelle Gambetta de Chenôve (en REP+) et la MJC où a été lancé avec une médiatrice sociale et une plasticienne un atelier sur l’identité. Des femmes venues de partout dans le monde ont imaginé des "robes", il serait plus exact de parler de sculptures, qui symbolisent leurs parcours. Les petits de l’école ont compris et ont à leur tour conçu, avec la même plasticienne, une robe ornée comme une queue de paon de leurs yeux et de leurs bouches, le corsage étant tissé de leurs prénoms, à moins que ce ne soit de l’idée qu’ils se font de l’écriture de leur prénom… Exposée tout au long de sa réalisation dans le hall de l’école, "la robe" a aussi facilité de dialogue avec les parents, et permis de leur montrer le caractère éducatif d’activités toutes simples, qu’ils peuvent pratiquer aisément, quel que soit leur bagage scolaire. Aider à mettre le couvert participe aux apprentissages premiers, ceux qui permettront ensuite d’entrer dans les mathématiques.

Des identités singulières, mais dans un groupe

Ce travail a aussi permis aux enfants de parler. Or, pour un enfant de deux ans, même s’il prononce à peine quelques mots, les dire devant 25 autres enfants, c’est se préparer à prendre sa place dans les débats de société. L’AGEEM a d’ailleurs publié un cahier "pour faire vivre la laïcité à l’école maternelle", où les élèves sont reconnus et apprennent à se reconnaître comme autant d’individus, de personnes singulières, mais dans un groupe, et à passer du "je" au "nous". C’est pourquoi Isabelle Racoffier considère que "développer la maternelle, c’est développer la démocratie".

Le prochain congrès de l’AGEEM, le 90ème, aura lieu à Albi. Il sera aussi l’occasion de commencer à préparer le centenaire de l’association, née en 1921, en réponse à un appel lancé dans la revue de Fernand Nathan, pour que la maternelle et ses enseignants soient reconnus à égalité avec leurs collègues de l’élémentaire. Il s’agit à présent de retrouver des pratiques spécifiques à l’école maternelle, notamment dans le domaine artistique et en matière d’autonomie des enfants pour lesquels la loi Jospin de 89 qui unifiait maternelle et élémentaire, et les programmes de 2008, qui insistaient sur le "devenir élève", avaient provoqué une déperdition.
• Association des groupes de soutien au soutien

Site de l’AGEEM
Vidéos du congrès

LA ROBE QUI NOUS RACONTE (2 juin 2016)

Extrait de touteduc.fr 06.07.16 : "Développer la maternelle, c’est développer la démocratie" (I. Racoffier, congrès de l’AGEEM)

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