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Les disparités d’insertion selon l’origine nationale et le sexe révélées par l’enquête Génération 2004 du CEREQ (juillet 2015)

7 août 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les disparités d’insertion selon l’origine nationale et le sexe révélées par l’enquête Génération 2004 du CEREQ (juillet 2015)

Les sept premières années de vie active de la Génération 2004 - Enquêtes 2007, 2009 et 2011
Hélène Couprié et Christophe Dzykowski (coord.), Deeva
Net.Doc , n° 139 , 2015 , 26 p.

L’enquête Génération 2004 permet de retracer le parcours d’entrée dans la vie active de 19 000 jeunes sortis de formation initiale en France métropolitaine en 2004, interrogés 3 ans, 5 ans et 7 ans après leur sortie. Un calendrier mensuel rétrospectif suit, mois par mois, leur parcours d’activité professionnelle de 2004 à 2011. Le suivi longitudinal offre la possibilité de reconstituer des parcours d’entrée dans la vie active parfois longs et complexes, tout en les reliant au parcours éducatif ainsi qu’à différentes caractéristiques sociodémographiques.

Les graphiques et tableaux sont regroupés en quatre thèmes : insertion professionnelle - mobilité et événements de la vie professionnelle - priorités et perspectives professionnelles - origines, événements familiaux et débuts de carrière

Ce document compile une série de graphiques et tableaux présentés sur le site du Céreq dans la rubrique Accès aux données.

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Extrait de cereq.fr : Les sept premières années de vie active de la Génération 2004 - Enquêtes 2007, 2009 et 2011

 

Insertion : des disparités selon l’origine nationale comparables à celles qui sont reliées au niveau de diplôme (CEREQ)

"Un jeune sortant de formation initiale en 2004 a passé en moyenne 11 mois au chômage au cours des sept premières années de vie active. Si cette durée est peu corrélée au sexe, les disparités selon l’origine nationale sont d’un ordre de grandeur comparable à celles qui sont reliées au niveau de diplôme", tel est l’un des principaux enseignements tiré de l’enquête Génération 2004 du CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), publiée en juillet 2015, et qui permet de retracer le parcours d’entrée dans la vie active de 19 000 jeunes sortis de formation initiale en France métropolitaine en 2004, interrogés 3 ans, 5 ans et 7 ans après leur sortie.

L’observation de cette cohorte montre en effet, alors que plus d’un jeune sur cinq sorti du système scolaire en 2004 est issu de l’immigration (au moins un de ses parents est né à l’étranger), que "seuls ceux dont les deux parents sont nés à l’étranger connaissent un parcours scolaire significativement plus court que les autres". Autre fait saillant, "un individu dont les deux parents sont nés à l’étranger passe en moyenne 7 mois de plus au chômage qu’un individu dont les deux parents sont nés en France". Néanmoins les deux auteurs, Hélène Couprié et Christophe Dzykowski, observent "des écarts selon l’origine géographique", les jeunes d’origine maghrébine cumulant le plus de difficultés, tant au niveau des parcours scolaires que pour s’insérer.

Des parcours scolaires et une insertion plus difficiles pour les jeunes d’origine maghrébine
Ainsi, les jeunes dont les deux parents sont nés au Maghreb sont en proportion les moins diplômés. 37% de cette catégorie de jeunes n’a pas de diplômes et 39% seulement un diplôme de secondaire. "Ces différences de niveau de diplôme à la sortie du système éducatif contribuent à altérer durablement leurs parcours d’entrée dans la vie active", analysent les auteurs. De fait, le taux de chômage de ces derniers "reste très supérieur à celui de la génération observée puisqu’il s’élève encore à 28% en octobre 2011, contre 10% pour les jeunes dont les deux parents sont nés en France". Autre observation, "ces jeunes sont plus sensibles aux fluctuations de l’activité économique ce qui traduit une insertion sur le marché du travail davantage marquée par la précarité de l’emploi".

Pour autant, même si l’ensemble des jeunes dont les deux parents sont nés à l’étranger connaissent les plus forts taux de chômage (18 mois en moyenne sur 7 ans contre 11 pour ceux dont les deux parents ou au moins l’un des deux sont français), en revanche ceux dont les deux parents sont originaires d’Europe du Sud affichent des parcours sensiblement différents. Même si une large minorité n’est titulaire que d’un diplôme de niveau secondaire (50%), seuls 9% d’entre eux ne sont pas diplômés. Et ce sont eux, sur la durée des 7 ans, qui affichent en moyenne les taux de chômage les plus faibles, en dessous même de ceux dont les deux parents sont nés en France. Un écart entre jeunes d’origines étrangères que les auteurs n’analysent cependant pas dans cette note.

Des inégalités de salaires entre sexes accentuées plus le niveau de diplôme est bas et plus il est haut
L’enquête révèle aussi des différences assez classiques entre sexes. Si les différences sont moins marquées au niveau de l’insertion -le taux de chômage des femmes 7 ans après étant même légèrement inférieur à celui des hommes (respectivement 9 et 12%) et différant "essentiellement chez les non-diplômés"-, c’est au niveau des salaires qu’elles le sont davantage.

Outre le fait que "les disparités salariales liées au niveau de diplôme et au sexe ont tendance à s’accentuer au cours des sept premières années de vie active", celles-ci connaissent des pics à la fois aux plus bas et aux plus hauts niveaux de diplômes : ainsi, sept ans après, le salaire médian des hommes non diplômés est en moyenne supérieur de 12% à celui des femmes non diplômées alors qu’avec un master, les hommes peuvent se prévaloir d’un salaire médian de 25% en moyenne supérieur à celui des femmes ayant le même niveau de diplôme. A contrario, observent les auteurs, "les sortants de L3 connaissent les évolutions de salaires médians les plus homogènes entre hommes et femmes".

"Moindre ambition féminine"
Autre caractéristique "sexuée", les femmes sont moins nombreuses à déclarer chercher à progresser professionnellement. "Cette moindre ambition féminine reflète l’existence de difficultés de conciliation entre vie privée et vie professionnelle plus marquées pour les femmes, ainsi que des perspectives différentes sur le marché du travail selon le sexe", analysent les auteurs. Malgré cela, elles sont deux fois moins nombreuses que les hommes à vivre encore chez leurs parents (10%), cette situation étant le plus souvent due, sans différenciation de sexe, au fait d’être en emploi sur un poste à durée déterminée. L’enquête montre d’ailleurs comment les comportements familiaux, à l’instar du départ du domicile parental, mais aussi la mise en couple et la parentalité, "sont reliés à la qualité du processus d’insertion professionnelle à l’œuvre en début de vie active".

Extrait de touteduc.fr du 05.08.2015 : Insertion : des disparités selon l’origine nationale comparables à celles qui sont reliées au niveau de diplôme (CEREQ)

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