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Journée nationale OZP 2015 : L’intervention d’Anne Armand, IGEN (compte rendu du Café pédagogique)

1er juin 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Où en est la réforme de l’éducation prioritaire ? Voulue par V Peillon, lancée par son successeur il y a un an, incarnée par la centaine de Rep+ "préfigurateurs", la réforme est-elle sur les rails ? Le 30 mai, l’Observatoire des zones prioritaire, une association très présente dans l’éducation prioritaire, fait le point en réunissant l’inspectrice générale Anne Armand avec une soixantaine d’acteurs, principalement des coordonateurs. Au coeur des débats : le pilotage. Anne Armand livre quelques éléments des rapports non publiés de l’Inspection générale. Les coordonateurs livrent leur vécu. L’éducation prioritaire est prise dans la culture administrative de l’éducation nationale incarnée par les corps d’inspection...

Des rapports non publiés
"Les réseaux préfigurateurs, préfigurent-ils quelque chose ?" La question est posée par l’inspectrice générale Anne Armand. S’appuyant sur 3 notes non publiées (mai 2014, décembre 2014 et juin 2015) et sur un rapport sur l’accompagnement des réseaux non publié également, A. Armand dresse un bilan contrasté qui part d’un point de départ qui exonère déjà l’institution de certains manquements : "tout le monde a compris que la question est pédagogique et que le problème est l’enseignement dans la classe". Il ne sera donc jamais question des moyens mis par l’institution dans l’éducation prioritaire et du choix fait en 2013 de les centrer sur l’encadrement des réseaux en créant des missions de référents et de coordonateurs.

Quelle place pour les enseignants dans les réseaux ?
Pour Anne Armand, "quand on observe les réseaux, on a le sentiment que les acquis commencent à être visibles". La notion de projet a vraiment été intégrée. Mais "il y a des projets qui vont au plus simple". Plus grave, "les principaux n’en disent pas la même chose que les enseignants", ceux ci sont souvent tenus à l’écart de l’ensemble de la conception du projet dans les réseaux, à commencer par le diagnostic.
A ce niveau là, A Armand n’évoquera pas la question des heures de concertation qui font l’objet d’une bataille syndicale. Créées grâce à la pondération mise en place dans la réforme Peillon, la question dans le secondaire est de savoir si ces heures sont libres ou si elles sont à la disposition du chef d’établissement. Sur le terrain des situations très différentes se sont mises en place sur ces heures souvent fixées le mardi après midi.

Impossible formation ?
Alors que la réforme, qui a abandonné l’idée de faire venir en Rep des enseignants expérimentés, met l’accent sur leur formation, celle-ci semble insuffisante. Pour A Armand, elle en correspond pas toujours aux besoins. "En un an peut-on inventer les formateurs dont on a besoin ?". Plusieurs coordonateurs sont en passe de devenir formateurs mais ce n’est possible que dans les académies où il y a un vivier. La question des Espe est elle aussi posée.

Faire travailler ensemble IEN et IPR pose problème
Mais, selon A Armand et les intervenants, c’est surtout le pilotage qui pose problème dans l’application de la réforme. A Armand évoque le projet de V Peillon de mobiliser les corps d’inspection pour accompagner la réforme. "On n’arrive pas à faire travailler ensemble IEN (inspecteurs du primaire) et IPR (inspecteurs du secondaire)" , explique-t-elle. "Cela parce que les IEN appartiennent aux Dasen (directeurs départementaux de l’éducation)". Chaque niveau administratif surveille son territoire... C’est "les problèmes de liaison entre les différents niveaux de pilotage qui sont mis en avant. "On n’arrive pas à ce que tout fasse système".

 

Marc Douaire, président de l’OZP, semble de cet avis quand il demande que les lettres de mission soient signées par les recteurs et qu’elles échappent au niveau départemental. "La politique académique ne peut être déclinée différemment d’un
département à l’autre".

 

Des coordonateurs noyés dans la paperasse
Mais ce sont les coordonateurs eux-mêmes qui expliquent en quoi cette situation freine le fonctionnement des réseaux. "Mon quotidien est pris par des aspects organisationnels", explique une coordonatrice d’un réseau Rep +. Son temps est pris par l’organisation des remplacements des enseignants du 1er degré qui vont en formation. Elle se retrouve dans une situation de secrétariat administratif dont la réforme aurait du la sortir. "Il y a peu de métier où on doive expliquer à sa hiérarchie ce qu’on fait. Or c’est le cas", explique une autre. Elle doit expliquer à son IEN en quoi consiste sa mission. "Le temps qu’il comprenne il est déjà parti". "Les IEN mettent une année à connaitre le terrain etr partent au bout de 3 ans", explique une autre coordonatrice. "Ce manque de stabilité ne donne pas de légitimité sur le terrain".
Une autre coordinatrice explique que les coordonateurs sont cooptés par les IEN et ils perdent leur légitimité à chaque changement d’IEN. Ailleurs les coordonateurs font l’objet de missions annuelles. En cas de changement le successeur doit tout reprendre à zéro.

La barrière du collège...
L’articulation premier et second degré pose aussi problème. "Pas facile de faire comprendre à un IPR qu’on en sait plus que lui", explique un coordinateur. La plupart des coordonateurs viennent du premier degré. C’es leur univers et dans leur discours il est toujours question de l’IEN et de la "circonscription", un terme propre au premier degré. La frontière entre les degrés reste difficile à franchir alors que le réseau est toujours organisé autour d’un collège. "Je suis obligée d’expliquer ce que je fais aux principaux", raconte une coordinatrice. Or les principaux ont longtemps été les responsables des réseaux..."Faite de cadrage les coordonateurs vont vers ce qu’ils connaissent", explique une coordonatrice. Le lien avec els collèges continue à poser problème et c’est là qu’on retrouve la question des rapports IEN - IPR mis en avant par Anne Armand.

"On ne peut jamais faire table rase de qui existe", dit A Armand pour expliquer le bilan doux - amer de cette réforme. La réforme de l’éducation prioritaire se fait dans une administration cloisonnée où chaque territoire est jalousement gardé. La réforme veut mettre en place un fonctionnement en réseau horizontal. Chaque frontière est l’occasion de conflit de compétences. Encore n’aborde -t-on pas les dernières frontières. "C’est étonnant de vor que la vraie place des collectivités territoriales n’est pas plus claire que celle des parents", dit Anne Armand. "Certaines valeurs se perdent-elles ?"

François Jarraud

Réformer l’éducation prioritaire : le DOSSIER

Les Rencontres d’avril 2014

Le séminaire de décembre 2014

Extrait de cafepedagogique.net du 01.06.15 : Education prioritaire : La réforme se heurte aux barrières administratives

 

Note du Quotidien des ZEP :
Anne Armand publiera prochainement sur notre site une synthèse de son intervention.
Le passage sur les coordonnateurs dans le compte rendu du Café pédagogique s’appuie sur la première partie de l’atelier sur cette catégorie d’acteurs.

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