> 7 - DISPOSITIFS, VIE SCOLAIRE, ÉVALUATION... > Dédoublements, Pdmqdc, Taille des classes > Dédoubl., Pdmqdc, Taille Classes (Actions et Situations locales ou (...) > Le travail du maître supplémentaire en Education prioritaire : expériences à (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Le travail du maître supplémentaire en Education prioritaire : expériences à Lormont (Gironde) et à Aubagne (Bouches-du-Rhône) (dossier du SNUipp-FSU)

16 février 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Un maître supplémentaire par école et si on gérait l’hétérogénéité autrement ?

Cette idée est au cœur des propositions du SNUipp-FSU depuis plus de 20 ans, pour avancer vers la réussite de tous les élèves. Zoom, sur 2 groupes scolaires de Lormont (33) où le travail de Nathalie, maître supplémentaire, existe depuis plus de 10 ans, et est centré sur les 12 classes de grande section, CP et CE1 avec pour objectif principal de lutter contre l’illettrisme.

L’équipe est partie du postulat qu’apprendre à lire se fait en même temps u’apprendre à écrire. L’accent est donc mis, au travers de nombreux projets, sur le sens de la lecture : “ Pourquoi on lit ? Pourquoi on écrit ?”.

L’enseignant supplémentaire bénéficie dans chaque école d’une classe dédiée et de crédits spécifiques alloués par la mairie. Ceci permet régulièrement de dédoubler les classes concernées en groupes hétérogènes, sur des créneaux de ¾ d’heure minimum, dans le but de travailler en petit groupe sur des projets spécifiques (fabrication de livres, expositions, sorties...). Parfois, le dispositif prend la forme d’un “ co-enseignement ” avec l’enseignant de la classe ; les deux enseignants travaillent conjointement dans la classe, avec la même consigne, afin d’animer, par exemple, des ateliers de lecture ou de production d’écrits qui viennent renforcer le travail « classique » de la classe . Ces organisations permettent aux enseignants mutualisation des compétences professionnelles, regards croisés sur les modes d’apprentissages des élèves et leurs erreurs mais aussi davantage de reformulation, guidage, étayage pendant les activités.

Le projet avait été initialement formalisé avec l’IEN, les enseignants de cycle 2 et le maître supplémentaire après deux jours de formation départementale, formation nécessaire, mais qui est aujourd’hui absente. Sans temps spécifique, les enseignants
utilisent les conseils de cycle, ou le plus souvent leur temps personnel, pour se concerter.

Témoignage

Laurence Baussant est membre du bureau national de la FNAME (Fédération nationale des associations de maîtres E) et enseignante spécialisée RASED option E dans une école élémentaire de 10 classes d’Aubagne en REP, qui bénéficie d’un maître supplémentaire sur le cycle 2, et de sa présence 1 jour ½ par semaine.

Comment le travail du maître spécialisé s’insère-t-il dans le travail d’équipe ?
J’organise l’aide aux élèves par un projet d’aide spécialisée. L’élève, les parents, l’enseignant, le maître supplémentaire, le psychologue scolaire, chacun à sa place, sont associés à la construction, la mise en place et l’évaluation de ce projet.

Des réunions statutaires (synthèse RASED, conseil des maîtres...) prévoient un temps de concertation, mais ces temps n’étant pas suffisants, le plus souvent, c’est autour des temps informels du repas de midi et par des emails que nous échangeons et travaillons régulièrement.

En quoi le travail du maître spécialisé est il différent de celui de l’enseignant au sein de sa classe ?
Déchargée de classe, je peux prendre le recul nécessaire, analyser les besoins des enfants et je deviens donc une observatrice spécialisée, une personne ressource, qui aide individuellement ou en petits groupes, dans et hors la classe, sur le temps scolaire.

Mon travail consiste à regarder spécifiquement les stratégies d’apprentissage propres à l’élève et les difficultés qu’il rencontre et à intervenir en prévention et en remédiation en apprenant à l’élève à apprendre à apprendre et à (se) comprendre. Ainsi, je me situe dans une temporalité différente de celle de la classe, mon action n’est pas construite uniquement à partir d’objectifs d’apprentissage mais à partir de l’élève
lui-même et de ses besoins.

Le point de vue du SNUipp-FSU

L’école doit se doter de moyens suffisants (formation, personnels, travail d’équipe...) pour permettre une pédagogie et des projets de prévention de la difficulté scolaire dès la maternelle en synergie avec l’ensemble des acteurs-trices.

Il faut mettre un terme à la tendance à l’externalisation du traitement de la difficulté́ scolaire, cette dernière devant être résolue le plus possible par l’équipe pédagogique au sein de l’école et sur le temps de classe. Le SNUipp-FSU demande que, dans ce cadre, les RASED soient restaurés et développés.

Il ne s’agit pas de faire des Activités Pédagogiques Complémentaires une aide personnalisée déguisée. Par ailleurs, les stages de remise à niveau, également dénoncés par le SNUipp-FSU, doivent être abandonnés. En tout état de cause, ce type de dispositifs ne doit pas se substituer aux aides spécialisées

Extrait du site du SNUipp-FSU du 04.02.2015 : Premières classes - SUPPL. à fenêtres sur Cours - Février 2015 (p 5 du PDF)

Répondre à cet article