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La notion de compétence en éducation et formation. Enjeux et problèmes, Bernard Rey, Éditions de Boeck (septembre 2014) : présentation et interview des Cahiers pédagogiques

30 octobre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

La notion de compétence en éducation et formation. Enjeux et problèmes
Bernard Rey,
Éditions de Boeck, 112 pages, septembre 2014.
ISBN-10 2804186407
ISBN-13 9782804186401

Présentation éditeur

La notion de «  compétences  » continue à provoquer des polémiques, souvent outrancières. C’est pourquoi l’ouvrage de Bernard Rey tombe à point nommé.

L’ouvrage comprend quatre parties. La première revient sur les acceptions de la notion de compétence, en séparant bien son sens économicosocial et son sens scolaire. On pourra contester la vision très négative de la compétence dans le domaine de l’entreprise, mais là n’est pas vraiment le sujet. Ce qui importe, c’est que dans le domaine de la formation, on n’est plus focalisé sur le seul résultat (qui révèlerait la présence d’une compétence en amont), mais bien sur la manière de construire la compétence, avec référence à des règles d’action explicites.
L’auteur pose alors la question essentielle pour les pédagogues : «  Comment peut-on être compétent ?  » (et comment peut-on aider les élèves à le devenir ?). Sont abordées ici les questions du transfert et des familles de situations, qui sont tout sauf simples. Il s’agit bien de permettre aux apprenants de reconnaitre ces familles, de rejeter les éléments de surface (l’emballage du problème de maths par exemple), pour retenir ce qui est permanent et structurel. Et, pour Bernard Rey : «  Que l’élève ne "voie" pas les éléments importants d’une situation à traiter ne signifie pas qu’il soit déficient, mais qu’il cadre cette situation en fonction d’une autre intention.  » Du coup, l’aide consistera à bien l’orienter vers la visée scolaire qu’on veut lui voir adopter, et non à faire des répétitions et des exercices mécaniques à profusion.

Dans la troisième partie, l’auteur aborde la question «  chaude  » du rapport entre savoirs et compétences. Il refuse bien sûr de les opposer et opère un travail important de définition et de champ d’action de l’expression «  savoir  ». Les savoirs, ce peut être des informations qu’il faut être en mesure de mobiliser «  à bon escient  », des «  textes  » structurés (qui peuvent prendre la forme de l’oral) et des pratiques, dont la problématisation qui est essentielle.

La dernière partie est la plus opérationnelle. Bernard Rey nous livre quelques propositions d’action pédagogique. Il conteste fermement que les compétences ne puissent s’acquérir que dans des situations et montre l’importance de la structuration par l’enseignant et de l’entraînement à la pratique de la problématisation. Il précise : «  Dès que la situation ou la tâche comporte des caractéristiques conventionnelles propres aux constructions culturelles humaines, la seule mise en situation ne permettra jamais de démarrer dans l’action, s’il n’y a pas eu, en amont, un apport d’indications permettant à l’acteur d’interpréter la tâche ou la situation.  » On est bien loin de la caricature de l’approche par compétences trop souvent diffusée !

Un ouvrage au final exigeant et rigoureux, mais écrit de manière toujours très abordable et étayé d’exemples très parlants, par un chercheur qui ne se veut jamais donneur de leçons et qui connait bien la pratique des classes.

Jean-Michel Zakhartchouk

 

Questions à Bernard Rey
Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk

Extrait de cahiers-pedagogiques.com : La notion de compétence en éducation et formation

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