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Ecole, collectivités, projets éducatifs de territoires, numérique... Un malaise (Université d’été de PRISME)

3 juillet 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Ecole, collectivités, projets éducatifs de territoires, numérique... Un malaise
Université d’été de PRISME

Les collectivités se sont impliquées dans les PRE, les programmes de réussite éducative, et doivent s’investir dans les PEDT, projets éducatifs de territoire, après avoir monté des PEL, projets éducatifs locaux... Jean Roucou évoque leur "malaise" lorsqu’il lance, hier 1er juillet, l’université d’été de PRISME et de la fédération des PEP dont le président, Jean-Pierre Villain, évoque pour sa part une "crise de la pensée politique". Les intervenants ne partagent pas tous les mêmes inquiétudes, mais ils font tous le constat que la place de l’école et de l’éducation est en train de changer radicalement sans que les institutions ni les acteurs aient toujours les moyens, ou l’envie de penser ces changements. André Sirota, président des CEMEA et thérapeute, insiste d’ailleurs sur la nécessité pour les enseignants d’avoir une formation aux ressorts psychologiques qui travaillent les groupes, alors qu’on leur demande de travailler collectivement.

"A quelles conditions la construction d’un PEDT peut-elle être pertinente ?" demande Sébastien Bouteix (POLOC, observatoire des politiques éducatives locales) qui souligne que les débats sont souvent "tellement techniques que les gens n’y comprennent rien", et que leur parole est "confisquée". L’implication de l’Education nationale est très variable, le DASEN (directeur départemental) peut faire preuve de beaucoup de volontarisme sans que les inspecteurs de circonscription suivent... […]

L’école n’est plus au centre

Mais, plus positivement, il relève que "quand on parle d’un vrai projet d’établissement", et il insiste sur "vrai", "on parle aussi d’un projet de quartier", car les deux vont ensemble. Et il note que la loi de refondation, en prévoyant que l’école est "inclusive", introduit une nouveauté. Jusqu’à présent, elle était inclusive au sens de l’inclusion des individus dans la Nation, ou dans la République, mais elle n’avait jamais eu pour finalité l’inclusion sociale. Didier Jacquemain (délégué général des Francas) estime d’ailleurs qu’on ne devrait plus parler "d’associations complémentaires de l’école publique", ni d’activités "périscolaires", puisque "l’Ecole n’est plus au centre".

Mais Marie Richard (vice-présidente éducation du CG de Seine-et-Marne) est plus pessimiste, "toutes les collectivités ne veulent pas jouer un rôle éducatif" alors que la loi leur confie un rôle dans la lutte contre les inégalités. Bernard Toulemonde (ancien recteur, inspecteur général honoraire) n’en constate pas moins "une pénétration croissante des collectivités au sein des établissements scolaires" […]

Des savoirs sans connaissance

[…] Expert éducation auprès de l’UNESCO, [Alain Bollon] il évoque les constats que font les instances internationales, en attendant de disposer d’évaluations scientifiques probantes des effets sur les élèves de l’informatique. "Ils apprennent autrement", "ailleurs qu’à l’école", "sans maître", "à leur rythme", "sans peur et sans risque". Mais avec quelle "distance critique" ? "Quel partages affectifs avec le groupe ?", "Quelle validation ?" Ils acquièrent des "savoirs multiples", mais comment passer de ces savoirs à une authentique connaissance ? Dans les Andes, des tablettes ont été distribuées aux enfants. Ils ont multiplié leurs savoirs par 4, leur connaissance a été divisée par deux. Ils demandent d’ailleurs des "intercesseurs", des adultes référents qui les préservent du caractère magique de ces matériels et leur permettent de s’approprier réellement ces savoirs qui leur sont transmis avec la machine. Et l’expert de s’interroger. "La forme scolaire peut disparaître" et la prédiction d’Ivan Illitch, avec qui il a d’ailleurs travaillé, se réaliser. Est-ce un bien ? Il pointe le risque d’une école "low cost", où des tablettes très bon marché, distribuées par les américains ou les Britanniques au Nigéria par exemple, permettent l’acquisition d’un savoir minimal. Et il ajoute : "notre génération est peut-être la dernière à avoir la prétention d’éduquer la suivante".

Extrait du site touteduc.fr du 02.07.2014 : Ecole, collectivités, projets éducatifs de territoires, numérique... Un malaise

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