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Avant la rentrée, l’historien Sébastien Ledoux analyse dans le Monde les réactions des élèves et des enseignants après les attentats de 2015 (Charlie Hebdo en janvier et le Bataclan en novembre)

29 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

« On attend de l’école qu’elle garantisse une communion totale de la jeunesse avec la nation »
L’historien Sébastien Ledoux, qui a enquêté sur le monde scolaire après les attentats de 2015, détaille les enjeux de la rentrée, lors de laquelle Samuel Paty sera honoré.

[...] Ces difficultés (après l’attentat contre Charlie Hebdo] ont-elles été fréquentes ?
Environ un quart des enseignants et des personnels franciliens que j’ai auditionnés en ont fait état.

[...] Au-delà de la minute de silence, les enseignants doivent aussi amener leurs élèves à réfléchir aux attentats. Que sait-on des pratiques pédagogiques à ce sujet ?
Elles sont variables. En 2015, beaucoup d’enseignants, en dehors de la minute de silence, ont fait cours normalement. D’autres n’ont parlé que de ça pendant des jours. D’autres, encore, ont préféré différer l’échange pour ne pas réagir à chaud.

[...] Samuel Paty a été assassiné pour avoir montré des caricatures de « Charlie ». Les montre-t-on en classe, ces caricatures ?
C’est un outil de débat essentiel. Dans les jours qui ont suivi les attaques contre Charlie, les enseignants ont pris appui en classe sur les caricatures, toutes les caricatures, religieuses, historiques, politiques… Face à des élèves convaincus que « Charlie est contre les musulmans », ou que « Charlie est l’ennemi de l’islam », ils ont rappelé l’histoire et l’usage des caricatures en France, la tradition de dérision autour des religions.

Je ne crois pas qu’il puisse y avoir un repli aujourd’hui, au contraire. Des professeurs qui parlent de désengagement, je n’en ai pas croisé. En revanche, s’exprimait déjà il y a cinq ans un vrai besoin de formation sur la dimension historique de la laïcité, sur le droit, sur la liberté d’expression, sur le blasphème… S’il y a parfois des failles dans les réponses pédagogiques, c’est qu’il y a des failles dans la formation des enseignants.

Extrait de le monde.fr du 28.10.20

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