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Le SnuIPP présente les résultats de son enquête sur l’éducation prioritaire dans 60 départements : l’effort de l’Etat est insuffisant mais l’apport varié des maîtres supplémentaires est positif

15 juin 2010 Version imprimable de cet article Version imprimable

  Éducation prioritaire en recherche de souffle

Alors qu’un état des lieux du ministère sur l’éducation prioritaire a été promis pour la fin de l’année scolaire, le SnuIPP vient de rendre public le sien sur son site (1). Le bilan partiel est tiré des renseignements fournis par 60 sections départementales du SnuIPP mais aussi des informations données par 338 équipes d’écoles exerçant en RAR et RRS. Il fait apparaître des réalités de l’éducation prioritaire que la Cour des comptes ne démentirait pas.

En premier lieu, il souligne que l’effort à destination de ces territoires scolaires n’est pas à la hauteur du discours ministériel. Il montre ainsi l’urgence de redessiner un modèle de l’éducation prioritaire, sa spécificité étant peu ou pas respectée. Ainsi, l’écart du nombre d’élèves par classe entre les écoles de ZEP et les autres est seulement de moins 2,25 en maternelle et moins 1,65 en élémentaire pour une moyenne oscillant entre 17 et 25. Près de 43 % des départements notent que leurs moyens RASED ont diminué suite aux suppressions de l’an dernier, 50 % n’ont pas de régime de décharge favorable pour les directeurs et les coordonnateurs, tandis que 33 % ont bénéficié au maximum de 4 jours par an de formation avant tout sur le fonctionnement et la liaison CM2/6ème. Les équipes estiment aussi que la multiplication des dispositifs (accompagnement éducatif, stage de remise à niveau, aide personnalisée) est venue se superposer aux actions existantes contribuant ainsi à brouiller leur travail.

De fait, ces mêmes équipes jugent leur efficacité sur les difficultés des élèves avec nuances. Elles retiennent surtout la possibilité de travailler en petits groupes mais regrettent que c’est trop souvent sur un temps où les élèves sont fatigués et peu disponibles alors que leurs difficultés sont lourdes. Par contre, les enseignants apprécient l’apport varié des maîtres supplémentaires. Ils permettent, sur le temps de classe, des décloisonnements pour travailler en effectif réduit, des co-interventions dans la classe ou la réalisation de projets dans l’école. Mais, leur présence est devenue trop rare.

 

Lire les "premiers éléments d’analyse" (copie ci-dessous)

RAR, RRS : Enquête nationale éducation prioritaire

- Qu’a changé la création des RAR ( Réseau ambition réussite ) au sein de l’Education prioritaire ?

Selon ce premier bilan partiel réalisé par le biais des sections départementales et des équipes d’écoles, les bouleversements ne se situent pas là où tous ceux qui ont l’objectif de contribuer à « la réussite de tous » seraient en droit de l’espérer. A ce titre, on pourrait même reprendre encore aujourd’hui à notre compte les remarques formulés dans le rapport de l’Inspection générale en 2006 intitulé « La contribution de l’éducation prioritaire à l’égalité des chances des élèves ». Non seulement, avec les RAR, on ne note pas d’infléchissement concernant « le ciblage insuffisant du périmètre de l’éducation prioritaire, le pilotage défaillant, le primat donné à la mise en place de « dispositifs », à l’organisation plus qu’aux pratiques d’enseignement ».

Mais, on serait même tenté de dire comme le souligne d’ailleurs la Cour des comptes dans son tout récent rapport que l’effort à destination des ces territoires scolaires n’est pas à la hauteur du discours et de l’affichage ministériel.

Alors que le ministère affirme débloquer 1 milliard d’euros, il semblerait qu’en réalité le coût de l’éducation y soit inférieur d’environ 10 %. L’écart du nombre d’élèves par classe entre les établissements situés en éducation prioritaire et les autres serait seulement de 2 élèves, donnée qui rejoint notre étude partielle qui fait apparaître un écart de +2,25 en maternelle et +1,65 en élémentaire. 15 départements sur 35 ayant répondu ont vu leurs moyens RASED diminué suite à l’opération de suppression/sédentarisation de l’an dernier. 17 départements sur 33 ayant répondu ne bénéficient d’aucun régime de décharge favorable pour les directeurs ou les coordonnateurs exerçant en Education prioritaire.
De même, la formation continue ne permet pas d’alimenter les pratiques des enseignants. Notre bilan indique qu’un tiers des départements sur les 60 qui ont répondu ont bénéficié au maximum de 4 jours par an de formation prioritaire ciblée sur le fonctionnement et la liaison CM2/6ème.
Enfin, la multiplication des dispositifs (accompagnement éducatif, stage de remise à niveau, aide personnalisé) vient souvent se superposer aux actions existantes contribuant ainsi à brouiller le travail des enseignants. Une politique trop souvent couteuse en énergie centrée sur l’organisationnelle qui produit un profond découragement et épuisement sur le terrain.

Pour analyser plus en profondeur ces premières tendances, nous attendons donc avec impatiente le nouveau rapport sur l’Education prioritaire que le ministère doit rendre public dans les prochaines semaines.

Redonner du souffle à l’éducation prioritaire La politique d’éducation prioritaire garde toute sa légitimité. Elle est même le cœur pour une meilleure et réelle réussite des élèves que notre système éducatif ne parvient pas à prendre en compte. Comme le relèvent toutes les enquêtes, pour éviter que les écarts de creusent, comme ce fut le cas dans la dernière période, entre les élèves et les plus performants et les plus en difficultés, c’est sur ces territoires qu’il faut agir en priorité de manière urgente et intelligente.
Si tout le monde en convient, il faut maintenant passer aux actes. Il convient d’engager un effort exceptionnel en faveur des établissements confrontés à la plus grande difficulté scolaire. Celui-ci nécessite différentes mesures significatives ciblées sur les territoires afin de redessiner un modèle efficace de l’Education prioritaire :

* Permettre des fonctionnements d’équipes répondant aux besoins des élèves : maîtres supplémentaires, RASED complets et en nombre suffisant, temps pour les équipes

* Développer la scolarisation maternelle et notamment pour les enfants de moins de trois ans
* Mieux reconnaître les fonctions qui coordonnent et structurent las multiples actions avec un les différents partenaires intervenant en Education prioritaire : temps de décharge, création d’une fonction de coordonnateur

* Assurer un pilotage pédagogique afin d’accompagner les équipes à adapter leurs pratiques d’enseignement : formation continue pour travailler les repères pédagogiques et didactiques (langage, Sens et compréhension des enjeux scolaires, gestion du temps et progression des apprentissages) création de collectifs de travail,

* Mieux articuler les actions périscolaires et scolaires

 

Lire aussi les résultats de l’enquête sur les sections départementales du SnuIPP

Extrait de Fenêtres sur cours, n° 342 page 11

 

Dans le même numéro, un entretien avec Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et l’article ci-dessous :

  Mixité sociale en berne

La libéralisation de la carte scolaire mise en oeuvre depuis la rentrée 2007 n’a bénéficié d’aucune évaluation ministérielle mais une enquête réalisée par le syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale montre que les effets escomptés en terme de mixité sociale sont loin d’être atteints. Les réponses de près de 3 000 collèges et lycées corroborent les observations de la Cour des comptes et de l’Inspection générale. Des résultats accablants : 51,4 % des établissements ZEP-RAR ont une perte importante d’effectifs (jusqu’à 25 % d’élèves en moins dans 11 % d’entre eux) ce qui renforce le mouvement de ghettoïsation. Mais le plus alarmant c’est l’homogénéisation sociale d’établissements moyens de villes moyennes qui sont complètement déstabilisés par la perte de leurs meilleurs éléments.

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