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Cour des Comptes : un rapport à charge contre l’éducation prioritaire
La Cour des Comptes vient de rendre un rapport ce 6 mai 2025 donnant 2 orientations pour une refondation « sans délai » de l’éducation prioritaire : « Mettre en cohérence l’ensemble des moyens » et « simplifier les mécanismes d’allocation ». En clair : comment supprimer rapidement la politique actuelle d’éducation prioritaire.
Dans une logique de démantèlement accéléré du système éducatif, les conclusions de la Cour des Comptes s’inscrivent dans la lignée du Rapport CAREL (Agnès CAREL, députée Horizons dont le but affiché est la suppression de l’éducation prioritaire et son remplacement par une contractualisation au cas par cas).
Un rapport rédigé par la commission d’enquête présidé par Roger CHUDEAU (député RN) en 2023.
Dans ce rapport destiné à dresser un bilan de l’éducation prioritaire, ce dernier prétendait s’attaquer à un « totem » sans « tabou » : dans son introduction, il y déroule en fait tous les poncifs racistes de l’extrême droite.
Aparté : tiens, tiens, ce monsieur est député du Loir-et-Cher, département où un certain milliardaire réactionnaire sévit en y finançant une de ses premières écoles privées hors contrat non mixtes (Pierre-Édouard Stérin pour ne pas le nommer)...
Le rapport de la Cour des Comptes [de mai 2025] affirme que le budget alloué à l’éducation prioritaire est passé d’environ 1,1 milliard à 2,6 milliards d’euros – en grande partie due à la hausse des indemnités REP+ (0,3 milliards) et au dédoublement des classes GS CP CE1 (0,8 milliards) – ; une carte pas mise à jour depuis 10 ans qui ne correspondrait plus aux besoins, avec une mauvaise répartition territoriale ; et des effets limités sur la réussite des élèves.
À aucun moment n’est abordé le sujet du privé ni de la ségrégation sociale. Si le « niveau scolaire des élèves issus de milieux plus défavorisés est en baisse depuis vingt ans » n’est-ce pas du en priorité au fait que les inégalités sociales augmentent ? Les fortes disparités en termes de loyer renforcent la ghettoïsation des pauvres et le séparatisme des riches (voir la position de la France dans le graphique ci-dessous). Elles impactent donc directement les cartes scolaires dans les villes, mais aussi dans les campagnes : Saint-Michel-l’Observatoire ou Pierrevert ce n’est pas Roumoules ou Barême.
N’y aurait-il pas également à l’heure actuelle un manque de formation des enseignant·es ainsi qu’un manque de reconnaissance de leur travail ? Et le recours à la contractualisation ? La dégradation des conditions de travail ? Les classes surchargées ? On en parle ?
Pas de problème !! Pour la Cour des Comptes RAS de ce côté là. Au contraire, il est plutôt question de favoriser le « renouvellement régulier des équipes pour conserver une dynamique pédagogique ». Traduisons-les : il s’agit de ne surtout pas stabiliser des équipes qui pourraient en effet avoir des propositions pédagogiques différentes de celles prônées par la hiérarchie. Pour Moscovici et consorts, l’idéal ce sont des enseignant·es contractuel·les, vassalisé·es, corvéables et interchangeables.
Autre point auquel nous portons singulièrement attention dans notre département : la création de la Cité éducative de Manosque. Au vu de ce rapport dans lequel les Cités éducatives sont plébiscitées, nous craignons que celle-ci vienne en remplacement des REP actuels. Les crédits actuels alloués via une labellisation REP – donc selon l’IPS et sans contrepartie – deviendraient alors conditionnés au bon vouloir de la hiérarchie en fonction d’objectifs à remplir, comme cela est actuellement le cas pour le CLA (Contrat local d’accompagnement) de l’école des Tilleuls.
La FSU-SNUipp 04 défend les REP et particulièrement les points suivants développés dans le Rapport Carel par l’ancien député des Alpes-de-Haute-Provence, Léo WALTER :
👉 Maintenir et renforcer les dispositifs d’incitation salariale et de stabilisation des équipes Éducation prioritaire : La Cour des Comptes poursuit l’attaquedans les REP+.
👉 Maintenir et renforcer les aménagements pédagogiques qui ont fait leurs preuves (en particulier le dédoublement des GS/CP/CE1) et les élargir au rural, à tout le primaire, voire au collège.
👉 Revoir les critères d’attribution des labels REP et REP+, en les décorrélant du collège et en prenant en compte comme indicateur principal l’IPS de chaque établissement (collège mais aussi école) mais aussi la question de l’isolement. Avoir également une attention particulière pour les « écoles orphelines », en particulier en milieu rural et dans les outre-mer.
👉 Associer beaucoup plus clairement la politique de la ville à la réflexion sur les politiques d’éducation prioritaire.
👉 Développer et renforcer des « Plateformes enfance/jeunesse », associant tous les professionnels autour d’une tranche d’âge donnée (école, collège, mais aussi lycée quand cela se justifie) ; objectif auquel ne répondent pas les « Cités éducatives » dans leur forme actuelle.
Évidemment il convient de porter une attention plus particulière aux RASED et aux ESMS (Établissement ou service social ou médico-social) dans ces réseaux d’éducation prioritaire, bien qu’ils soient actuellement en net recrudescence sur tout le territoire.
Rapport de la Cour des Comptes
Extrait de 04.snuipp.fr du 13.05.25
Education Prioritaire : La Cour des comptes appelle à une réforme...
La Cour des comptes alerte, la FSU-SNUipp exige des actes ! Dans son rapport publié le 6 mai 2025, la Cour des comptes dresse un constat accablant de la politique d’éducation prioritaire menée depuis plus de quarante ans.
Dans son rapport publié le 6 mai 2025, la Cour des comptes dresse un constat accablant de la politique d’éducation prioritaire menée depuis plus de quarante ans. Malgré les ambitions affichées depuis 1981, les écarts de réussite entre les élèves des écoles relevant de l’éducation prioritaire et les autres ne se réduisent pas. Pire : la ségrégation scolaire et sociale s’aggrave, et la carte de l’éducation prioritaire apparaît aujourd’hui obsolète, rigide et inéquitable.
| La FSU-SNUipp partage ce constat mais réaffirme que les moyens alloués à l’éducation prioritaire sont insuffisants et mal répartis, et que les personnels en première ligne ne sont pas suffisamment soutenus |
Une carte dépassée, des écoles oubliées :
La Cour souligne que la carte actuelle, figée depuis plus de dix ans, ne reflète plus les réalités sociales des territoires. Trop d’écoles situées dans des zones défavorisées ne bénéficient d’aucun dispositif. Le pilotage centré sur les collèges engendre une invisibilisation des écoles primaires, notamment celles dites « orphelines ».
| La FSU-SNUipp exige une redéfinition urgente de la carte de l’éducation prioritaire, à partir d’indicateurs actualisés, transparents, et prenant en compte les réalités vécues dans les écoles, pas seulement les données administratives. |
Une logique binaire inadaptée aux besoins :
La distinction rigide entre REP et non-REP empêche toute adaptation fine aux besoins réels. L’absence de progressivité dans l’attribution des moyens empêche de prendre en compte les situations particulières et évolutives des écoles. La complexité des dispositifs annexes (CLA, TER...) renforce le flou et l’illisibilité.
| La FSU-SNUipp revendique une allocation progressive et équitable des moyens, construite avec les équipes pédagogiques, qui permette de répondre concrètement aux besoins des élèves. |
Un manque de moyens humains et de reconnaissance :
Le rapport pointe la difficulté à rendre attractifs les postes en éducation prioritaire. La revalorisation par primes en REP+ ne suffit pas à répondre à la charge de travail et aux défis quotidiens. Les enseignants et enseignantes doivent être reconnus dans leur engagement, et accompagnés durablement.
| La FSU-SNUipp demande un plan pluriannuel de recrutement, de formation initiale et continue, et de soutien des personnels en éducation prioritaire. Cela passe par une véritable amélioration des conditions de travail, y compris la stabilité des équipes. | Des mesures ponctuelles, des effets limités : Le dédoublement des classes en CP, CE1 et grande section, plébiscité par les équipes, montre des résultats positifs à court terme, notamment sur le climat scolaire. Mais sans continuité pédagogique et sans moyens accrus au collège, ses effets s’estompent. |
Pour la FSU-SNUipp, cette mesure doit s’inscrire dans une politique cohérente, du premier au second degré, qui articule baisse des effectifs, stabilité des personnels, accompagnement pédagogique, et soutien aux élèves. |
Une vision globale pour une véritable égalité :
La Cour des comptes appelle à refonder l’éducation prioritaire autour d’indicateurs plus équitables, d’une plus grande souplesse dans les dispositifs, et d’une stratégie de mixité sociale ambitieuse. Le statu quo est intenable dans un contexte où les inégalités se creusent.
| La FSU-SNUipp partage cette exigence : il faut donner les moyens à toutes les écoles de faire réussir tous les élèves, partout sur le territoire, et particulièrement là où les besoins sont les plus criants. Nous continuerons à porter, avec et pour les collègues, une école publique plus juste, plus ambitieuse, plus humaine. |
Extrait de 52.snuipp.fr du 12.05.25
Note du QZ : pour l’instant, aucun syndicat national n’a commenté ni même signalé ce rapport.