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L’essentiel de deux longs entretiens du Monde et du Parisien avec Pap Ndiaye

27 juin

Pap Ndiaye, le ministre qui veut réconcilier la nation

ENQUÊTE
Taxé de « wokisme » et d’indigénisme par l’extrême droite, critiqué par une partie de la gauche pour son analyse des inégalités dont sont victimes les minorités, le nouveau ministre de l’éducation nationale et historien de la condition noire en France rejette l’idée d’un « ministère idéologique ».

C’est un penseur majeur de la question des minorités, un historien, spécialiste des droits civiques américains, qui fait son entrée dans le temple du pacte républicain. Un intellectuel noir, dont l’histoire familiale est en partie issue de celles des colonies, qui prend un poste qu’avait en son temps occupé Jules Ferry. Pap Ndiaye n’ignore ni la force symbolique ni la portée historique de cette nomination. Il les revendique même. Peut-être est-ce même pour cela qu’il a accepté. Sans doute est-ce également pour cette raison qu’il a été tant conspué.

Par l’extrême droite lepéniste : « Ce choix de mettre à la tête de l’éducation nationale un homme qui défend l’indigénisme, le racialisme, le wokisme, est terrifiant pour les parents que nous sommes » (Marine Le Pen sur Twitter). Par l’ultranationalisme zemmouriste (Eric Zemmour, sur BFM-TV) : « Emmanuel Macron avait affirmé qu’il fallait déconstruire l’histoire de France. Il passe aux travaux pratiques avec monsieur Pap Ndiaye. » Mais également par des républicains nationalistes, assimilant le nouvel antiracisme au disqualifiant « islamo-gauchisme ».

[...] Le sociologue Stéphane Beaud et l’historien Gérard Noiriel critiquent ainsi « la finalité identitaire » de La Condition noire et reprochent à Pap Ndiaye de ne pas suffisamment dissocié les analyses du savant et les prises de position du militant (Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une théorie, Agone, 2021).

[...] Pap Ndiaye l’assure : « Il n’y a pas plus républicain que moi », conscient que « l’école a du mal avec les pauvres » parce qu’elle ne corrige pas assez les inégalités de naissance et peine à enrayer la reproduction sociale.

Extrait de lemonde.fr/idees/ du 24.06.22

 

Pap Ndiaye : « Il n’y a pas de compromis à avoir avec le RN, c’est ma boussole politique »
EXCLUSIF. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale nous accorde sa première interview. Il revient sur sa nomination chahutée et nous dévoile ses propositions pour renouer la confiance avec le corps enseignant.

C’est sa première interview de ministre. Silencieux depuis sa nomination qui a fait polémique, Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Éducation nationale – seule surprise du nouveau gouvernement formé après la réélection d’Emmanuel Macron, aux antipodes de son prédécesseur Jean-Michel Blanquer – nous a reçus plus d’une heure et demie, rue de Grenelle, vendredi 24 juin dans la matinée.

[...] L’école telle qu’elle est classiquement organisée, c’est un face-à-face entre l’enseignant et sa classe. Dans les études européennes sur la réussite scolaire ou l’attractivité du métier d’enseignant, quand on pense collectivement l’enseignement, les résultats et la satisfaction des enseignants sont bien meilleurs. C’est ce qui se fait à Marseille actuellement dans l’expérimentation menée au sein de 59 écoles.

Extrait de leparisien.fr du 25.06.22

 

Pap Ndiaye annonce une hausse de rémunération des enseignants en 2023
Dans une interview au « Parisien », le ministre de l’éducation nationale promet aussi un professeur dans chaque classe à la rentrée, malgré les difficultés de recrutement que rencontre son ministère.

Un ministre déterminé, malgré les incertitudes qui planent sur le gouvernement. Dans une longue interview au Parisien, parue dimanche 26 juin, Pap Ndiaye s’exprime pour la première fois depuis sa nomination et précise ses ambitions à la tête du ministère de l’éducation. Il annonce notamment des hausses de salaires à venir pour les enseignants.

« La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2 000 euros net. Ce sera en 2023. Par ailleurs, nous mettrons en place une part salariale conditionnée à des tâches nouvelles. »

Dans cet entretien fleuve, M. Ndiaye a en outre promis « un prof devant chaque classe à la rentrée » malgré les problèmes de recrutement auxquels fait face l’éducation nationale.

Le ministre rapporte aussi que l’éducation nationale a dénombré 627 signalements pour des atteintes à la laïcité de décembre 2021 à mars 2022 dans les écoles, collèges et lycées.

Ces chiffres sont « globalement stables » par rapport aux trois premiers mois de l’année scolaire 2021-2022 (neuf signalements de moins) mais la part des tenues religieuses dans le total a augmenté et celles-ci représentent 22 % du total des signalements, a exposé le ministre. Elles ont fait polémique ces dernières semaines dans les médias, et sont proscrites depuis la loi de 2004 sur les signes religieux ostensibles.

Moins de verticalité
Sur le retour pour l’instant facultatif d’au moins 1 h 30 de maths pour tous dans le tronc commun de première, M. Ndiaye devrait rendre ce volume horaire « obligatoire en 2023 ». « C’est l’hypothèse la plus probable », a-t-il dit.

Tout en faisant vœu de moins de « verticalité » que son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, et en plaidant pour que l’école réduise davantage les inégalités scolaires, M. Ndiaye se place dans la « continuité » de l’action menée ces dernières années et réaffirme qu’il ne reviendra pas sur Parcoursup et la réforme du lycée.

Le ministre, qui a été critiqué par l’extrême droite dès sa nomination, a aussi indiqué dans cette interview qu’à ses yeux, il n’y a « pas de compromis » à avoir avec le Rassemblement national (RN), ajoutant que telle était sa « boussole politique ». « Le RN a une longue histoire qui s’ancre profondément dans l’antirépublicanisme. Ce n’est pas parce que le Front national parle de République, qu’il est républicain », a-t-il poursuivi, en ciblant la préférence nationale.

Extrait de lemonde.fr du 26.06.22

 

Pap Ndiaye, son programme et ses "points d’inflexion" pour l’Éducation
Discret depuis sa nomination, le ministre de l’Éducation nationale dévoile ses priorités pour l’école et cible le Rassemblement national, un parti qui "sort", selon lui, de la République.
Salaire des profs, Parcoursup, concertation... Pap Ndiaye dévoile son programme et ses points d’inflexion

POLITIQUE - C’est la première fois qu’il s’exprime aussi longuement depuis sa nomination. Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Éducation nationale dévoile son ambition et ses priorités dans un entretien fleuve publié le samedi 25 juin par Le Parisien.

Le successeur de Jean-Michel Blanquer, couvert de critiques par l’extrême droite lors de son arrivée rue de Grenelle, dit vouloir sortir de cette “alternative simpliste qui serait soit la continuité parfaite, soit le virage à 180° et la rupture” avec le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

S’il explique qu’il ne touchera pas à certains totems comme le système Parcoursup ou la réforme du bac, l’historien promet malgré tout davantage de concertations et des “points d’inflexion” sur le “bien-être à l’école”, l’écologie dans les programmes ou la lutte contre les inégalités. En somme, explique-t-il, comme point de départ à son action, “l’école française ne réussit pas sur tout (...) elle se débrouille très mal avec les enfants défavorisés. Cette situation n’est pas acceptable.”

Quel salaire pour les profs ?
Première confirmation : le salaire des professeurs débutants va être significativement revalorisé, comme Emmanuel Macron l’avait promis au cours de son premier quinquennat, pour passer à 2000 euros net par mois. Une mesure très attendue par le monde de l’éducation pour rendre plus attractif un métier qui peine à recruter, en témoigne l’affaire du recrutement en “speed dating” à l’académie de Versailles. [...]

Extrait de huffingtonpost.fr du 26.06.22

 

Pap Ndiaye promet 2000€ pour les professeurs débutants
En annonçant un salaire net de départ de 2000€ en 2023, Pap Ndiaye fait le buzz. Pourtant rien de neuf dans ces propos qui reprennent de vieilles promesses de JM Blanquer. Dans cet entretien donné au Parisien, le ministre de l’éducation nationale revient surtout sur sa feuille de route. Force est de constater qu’elle est dans une totale orthodoxie par rapport aux annonces d’Emmanuel Macron. Interrogé sur la rupture ou la continuité avec JM Blanquer, Pap Ndiaye semble préférer la continuité...

2000€ nets ?

"La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2000 euros net. Ce sera en 2023. Par ailleurs , nous mettrons en place une part salariale conditionnée à des tâches nouvelles". Cette annonce a fait beaucoup réagir car elle ne parle que des enseignants débutants, semblant laisser de coté les autres enseignants. Pour un débutant cela représente environ 500€ par mois d’augmentation, beaucoup plus que les récentes prime Grenelle.

On sait depuis une rencontre avec les syndicats que la date de cette revalorisation pourrait être septembre 2023. E, fait, Pap Ndiaye reprend les annonces du président de la République début juin en ce qui concerne le double niveau de rémunération avec le nouveau "pacte" proposé ou imposé aux enseignants avec une rémunération au mérite. Quant à la barre des 2000€ nets, elle a été avancée plusieurs fois par JM Blanquer , sur Europe 1 le 8 mai 2019 ou encore le 31 août 2021 sur BFM. Il semble pourtant que le budget 2023 ne soit pas arrêté si on en croit P Ndiaye dans le même entretien où il dit qu’il "y a une enveloppe budgétaire à caler". Elle ne l’est donc pas encore.

Une mesure qui interroge la fonction publique

Les syndicats ont réagi à ces propos. Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa, estime que le ministre "n’en dit pas assez" mais salue "un bon changement de cap" dans le contexte actuel. Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu, rappelle qu’il faut actuellement 15 ans d’ancienneté pour atteindre 2000€. "Il faut revaloriser toute la grille et pas que les débutants", dit-elle, rappelant "qu’on a déjà entendu cette promesse". Pour Gérard Aschiéri, ancien secrétaire général du Snes Fsu, "ce serait rendre caduc le droit à une carrière.. et substituer de fait une fonction publique d’emploi à la fonction publique de carrière". Une perspective qui est bien en accord avec la philosophie de la loi de transformation de la fonction publique.

La seule annonce nouvelle

La plupart des autres déclarations du ministre reprennent aussi les annonces présidentielles. Anisi, P Ndiaye parle de formations qui "ne soient plus organisées sur le temps d’enseignement", des propos qui rappellent le Grenelle de l’éducation et la Cour des Comptes, et qui sont déjà traduites dans un décret signé par son prédécesseur. Pour les absences courtes, il dit "réfléchir à la meilleure manière de faire que les absences - qui sont légitimes - soient compensées". Et il imagine qu’un professeur absent soit remplacée par un autre collègue d’une autre discipline quitte à ce que ce remplacement soit compensé par le professeur absent à son retour. Apparemment cela remet en question la base même du congé maladie. Sauf si on met en place l’annualisation, chère au Grenelle de l’éducation et à la Cour des Comptes, dont l’influence au ministère a été soulignée.

Finalement il y a une seule annonce nouvelle dans l’entretien avec Pap Ndiaye. Le ministre dit que l’horaire de maths en 1ère dans le tronc commun sera "obligatoire en 2023", un point qui n’était pas encore certain. Mais il ajoute que "c’est l’hypothèse la plus probable"...

Rupture ou continuité ?

Pap Ndiaye continue à jouer avec la question de la rupture ou de la continuité avec son prédécesseur. Interrogé sur ce point, le ministre dit vouloir "échapper à une alternative simpliste" et ajoute qu’il "y aura des éléments de continuité forte... L’école c’est le lieu des savoirs fondamentaux... On retouche, on améliore mais on ne change rien fondamentalement sur Parcoursup, la réforme du lycée. Et il y aura des inflexions nouvelles et fortes".

En attendant, Pap Ndiaye promet "un dialogue sincère et respectueux" avec les syndicats tout en ajoutant "ce n’est pas de la cogestion et nous ne serons pas d’accord sur tout". Rupture ou continuité ?

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 27.06.22

 

Pap Ndiaye : des "points d’inflexion avec (s)on prédécesseur" (Interview au Parisien - Aujourd’hui en France)

"L’école française se débrouille très mal avec les enfants défavorisés (...) Est-ce que, oui ou non, on admet ces inégalités scolaires ? C’est donc une priorité, à laquelle s’ajoute la question de l’environnement." Le Parisien-Aujourd’hui en France publie, ce 26 juin, une longue interview du ministre de l’Education nationale. Pap Ndiaye y répond à des questions attendues sur le paysage politique, mais y donne aussi quelques indications sur sa conception de l’Ecole et de son action.

En ce qui concerne les bâtiments, qui dépendent des collectivités mais qui sont "mal équipés pour résister aux vagues de chaleur", il estime que le ministère "peut être une force d’impulsion". Mais, toujours sur les questions environnementales, il indique qu’il a saisi le Conseil supérieur des programmes "pour que les différentes disciplines intègrent de façon beaucoup plus substantielle les thématiques liées au réchauffement climatique". Le ministre évoque un autre "point d’inflexion avec (s)on prédécesseur" : mettre l’accent sur "le bien être des élèves et des équipes éducatives".

Interrogé sur sa relation avec les syndicats, il veut "renouer un dialogue sincère et respectueux" mais "ce n’est pas de la cogestion". Sur la "grande concertation" annoncée pour la rentrée, il précise qu’il s’agira "de concertations à l’échelle des écoles" et qui "mettent l’accent sur la dimension collective" des projets pédagogiques, "dans la foulée de ce qui se fait à Marseille (...). Il s’agit de donner aux équipes pédagogiques des possibilités qu’elles n’ont pas pour l’instant, comme le recrutement de postes à exigence particulière".

Le ministre confirme qu’en 2023, le salaire "de départ des jeunes enseignants" sera "au-dessus des 2 000 € net", et que la hausse des rémunérations sera, pour partie "conditionnée à des tâches nouvelles". En ce qui concerne les remplacements dans le 2nd degré, il évoque la possibilité qu’un professeur de lettres remplace un professeur d’histoire-géographie, mais pour faire "double dose de français", tandis qu’à son retour, son collègue "compensera en prenant sur les heures de français". Quant à la formation continue, elle pourrait être organisée hors temps d’enseignement. Il ne reprend pas à son compte l’expression de "job dating" pour le recrutement de contractuels et nie qu’il s’agisse de "procédures expéditives". En ce qui concerne les AESH, la réflexion est en cours pour leur donner "un volume d’heures suffisant".

Il indique par ailleurs qu’il n’y a "pas tant d’inscrits que cela" pour les 1h30 de mathématiques ajoutées au tronc commun, ce qui "peut (l’) encourager à passer au caractère obligatoire en 2023". Et sur les signes religieux à l’école, les signalements sont "globalement stables et même en légère baisse" malgré une hausse "pour les tenues religieuses" : "C’est lié au phénomène des abayas." Il commente : "quand on est ado, on aime provoquer. La tenue ne signifie pas nécessairement un engagement dans une démarche religieuse."

Extrait de touteduc.fr du 26.06.22

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