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Une jeunesse plurielle. Enquête auprès des 18-24 ans, par Olivier Galand et Marc Lazar, rapport de l’Institut Montaigne, février 2022

7 février

L’Institut Montaigne invente une nouvelle classe dangereuse
Drole d’enquête menée par l’Institut Montaigne, proche du pouvoir, auprès de 8000 jeunes de 18 à 24 ans. Selon l’Institut les jeunes sont divisés selon le genre, le capital culturel hérité et l’origine nationale et la religion. Cherchez ce qui manque... L’Institut oppose ainsi 4 jeunesses :les enfants de privilégiés qui sont "démocrates","optimistes" et probablement si sympathiques. Les enfants de familles ouvrières "désengagés". Les "révoltés sensibles au racisme" et les "intégrés transgressifs". "Les jeunes ne sont pas une génération « woke »", s’empresse de préciser l’Institut qui met l’accent sur la religion comme facteur de clivage. "Les jeunes d’origine étrangère et plus encore les jeunes de confession musulmane se distinguent sur plusieurs aspects. Ils sont d’abord, et c’est sans doute un point essentiel, très largement convaincus que la France est une société raciste par nature... Leur conviction d’une France raciste est susceptible de nourrir leur propension à justifier plus que d’autres la violence politique et les comportements déviants, même si elle ne suffit pas à l’expliquer entièrement".

Etude "Une jeunesse plurielle"

Extrait de cafepedagogique.net du 28.02.22

 

Une jeunesse plurielle
Enquête auprès des 18-24 ans

Rapport de l’Institut Montaigne
février 2022
par Olivier Galland et Marc Lazar

Quelles sont les caractéristiques qui permettent de définir la jeunesse française ? Les 18-24 ans, en 2022, sont-ils en rupture avec les précédentes générations ?

Cette enquête d’une ampleur inédite, réalisée au mois de septembre 2021 auprès de 8 000 jeunes Français, s’intéresse aux difficultés ressenties par la jeunesse française dans la vie quotidienne, à ses orientations sociétales et politiques ainsi qu’aux effets de la crise du Covid-19 sur la vie des jeunes.

[...] Des clivages qui contrastent la jeunesse
Les 18-24 ans se différencient selon trois lignes de clivage :

Le sexe et le genre : les jeunes femmes et les jeunes hommes sont très différents dans leur manière de se mobiliser politiquement, et ne se reconnaissent pas dans les mêmes formes de protestation.
Le capital culturel hérité : mesuré selon le nombre de livres présents dans le foyer de leurs parents, cette donnée impacte fortement la participation politique et sociale des jeunes.
L’origine nationale et la religion.

Le rapport (172 pages)
Le résumé (3 pages)

Extrait de institumontaigne.org de février 2022

 

EXTRAIT DU RESUME
[...] Le sentiment d’avoir été mal orienté dans sa scolarité est fortement associé aux attitudes sociopolitiques du groupe des « révoltés » et alimente sans doute sa radicalité. L’insatisfaction à l’égard des études est également un facteur important de mal-être : il y a un lien fort entre l’insatisfaction scolaire et le sentiment d’être malheureux. Capital culturel familial et rapport à la scolarité entendu dans toute sa complexité (réussite ou échec, satisfaction ou non de l’orientation) apparaissent donc comme deux éléments constitutifs de segmentation de la jeunesse qui se dégagent avec netteté de l’enquête.
Enfin, le troisième critère de différenciation est l’origine nationale et la religion, deux critères assez étroitement associés. Les jeunes d’origine étrangère et plus encore les jeunes de confession musulmane se distinguent sur plusieurs aspects. Ils sont d’abord, et c’est sans doute un point essentiel, très largement convaincus que la France est une société raciste par nature. Cette conviction peut être alimentée par les discriminations que subissent ces jeunes à l’embauche et par les tensions qu’ils connaissent avec la police.
Leur conviction d’une France raciste est susceptible de nourrir leur propension à justifier plus que d’autres la violence politique et les comportements déviants, même si elle ne suffit pas à l’expliquer entièrement. On constate aussi que ces jeunes résident dans des départements où le taux de délinquance est significativement plus élevé, ce qui peut favoriser l’acculturation à une culture transgressive. L’enquête a donc fait émerger cet élément préoccupant de différenciation au sein même des jeunes.

 

Voir aussi :

L’impressionnante « désaffiliation » politique des 18-24 ans en France soulignée par une étude
Les jeunes adultes ne se reconnaissent aucune proximité avec un parti ou une tendance politique, souligne une étude de l’Institut Montaigne menée auprès de 8 000 d’entre eux. « Le Monde » en publie les conclusions.

[...] « Révoltés » et « désengagés »
Des chiffres rassemblés, ils ont tiré une typologie leur permettant de caractériser ces jeunesses qui coexistent. Avec deux groupes principaux, quatre sous-groupes, le pluriel est de rigueur. Dans le premier, qui rassemble quasiment un jeune sur deux, tous les registres de l’action et de l’engagement politique sont utilisés, qu’ils soient ou non conventionnels. On y trouve la sous-catégorie des jeunes dits « démocrates protestataires », les plus nombreux (39 %), qui se disent, eux, attachés au vote et aux questions de société. Mais aussi ceux que l’enquête identifie comme des « intégrés transgressifs » (13 %), attachés à la démocratie mais qui se laissent tenter par la violence politique, les incivilités et d’autres comportements déviants.

Dans le second groupe figurent des jeunes éloignés de toutes les formes d’engagement et/ou de participation politique. Parmi eux, « les révoltés » (22 %) : constitués à majorité de femmes, ils disent approuver les « gilets jaunes » – qu’ils aient ou non participé au mouvement –, refusent toute allégeance ou identification territoriale, sont faiblement représentés dans les associations et présentent des traits marqués de détresse psychologique. S’y retrouvent aussi des jeunes dits « désengagés » (26 %), qui se caractérisent par leur désintérêt pour les questions sociétales et politiques et sont peu convaincus de l’importance d’un gouvernement démocratique.

« Je m’appelle Christian Ifasso, j’ai 20 ans et je viens du quartier du Bois-l’Abbé, à Champigny-sur-Marne, dans le 94 [Val-de-Marne]. (…) On se sent moins concernés par ce que les politiciens revendiquent ou veulent faire parce qu’ils s’adressent à des personnes un peu plus responsables que nous, un peu plus grandes, un peu plus âgées. Ça ne correspond pas à ce que les jeunes cherchent. (…) ». A Paris, en janvier 2022.
« Je m’appelle Christian Ifasso, j’ai 20 ans et je viens du quartier du Bois-l’Abbé, à Champigny-sur-Marne, dans le 94 [Val-de-Marne]. (…) On se sent moins concernés par ce que les politiciens revendiquent ou veulent faire parce qu’ils s’adressent à des personnes un peu plus responsables que nous, un peu plus grandes, un peu plus âgées. Ça ne correspond pas à ce que les jeunes cherchent. (…) ». A Paris, en janvier 2022. SAMUEL GRATACAP POUR « LE MONDE »
L’analyse se distingue de précédentes enquêtes, notamment celle des sociologues Laurent Lardeux et Vincent Tiberj, où l’action protestataire de « générations désenchantées » était essentiellement perçue comme un effet déceptif de l’offre politique proposée par la démocratie représentative. Egalement battue en brèche, l’idée d’une « fracture générationnelle », décrite par de nombreux analystes et selon laquelle la jeunesse, tout d’un bloc, entrerait en rupture notamment avec les « boomers » en portant de nouveaux combats identitaires. L’enquête relativise ces revendications, chiffres à l’appui : seuls 11 % des 18-24 ans se disent tout à fait convaincus de l’existence d’un « racisme structurel » en France. Quant aux questions de genre et des droits LGBT, elles mobilisent près d’un tiers des jeunes sondés. Une « minorité importante », disent les enquêteurs, qui conduit à tempérer l’« importance accordée à ce sujet dans les médias ».

Lire la tribune : Article réservé à nos abonnés Vincent Tiberj : d

Extrait de lemonde.fr du 03.02.22

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