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"Le grand décryptage du quinquennat Macron" en éducation par le think tank libéral "Institut Montaigne" accorde une large place aux dédoublements en EP (août 2021,19 p.)

12 août 2021

Quinquennat Macron : le grand décryptage
ÉDUCATION

Baptiste Larseneur, chargé d’études
Institut Montaigne
Août 2021, 19 p.

Alors que, depuis plus de 20 ans, les évaluations nationales et internationales soulignent l’évolution inquiétante de notre système éducatif, les mesures prises entre 2017 et 2021 forment la trame d’une importante refondation de celui-ci.
À court terme, la priorité résolue donnée au primaire durant ce quinquennat rend difficilement appréciable l’effet des réformes engagées sur l’amélioration de la performance de notre école. Pourtant, l’ampleur et la cohérence de l’action engagée sont perceptibles et semblent assez largement appréhendées par le grand public.
À plus long terme, les mesures mises en œuvre devraient avoir un effet positif sur la réduction de l’échec scolaire comme des inégalités sociales qui y sont attachées.
Plusieurs aspects structurants de la politique éducative conduite depuis
2017 doivent être rappelés : [...]

Extrait de institutmontaigne.org d’août 2021

EXTRAIT (pages 10-11)
À l’issue des conclusions de cette évaluation, on constatera :
• que les effets positifs de cette réforme devraient être amplifiés par le dédoublement des classes de GS, dès lors que la majeure partie de l’évolution des acquis à l’issue de la classe de CP est déterminée par les acquis constitués préalablement à l’entrée au CP ;
• que l’effet du dédoublement des classes sur la performance des élèves en français est moindre que celui constaté en mathématiques. Alors que la France se classe dernière des pays de l’Union européenne à l’évaluation TIMSS - qui évalue le niveau des élèves de CM1 et de 4ème en mathématiques et en sciences - la mise en œuvre du “plan mathématiques”, lancé en février 2018 et co-piloté par le député Cédric Villani et le mathématicien Charles Torossian doit permettre à notre pays de remonter la pente. Ce plan s’appuie notamment sur la mise en œuvre d’objectifs pédagogiques, avec l’instauration de repères de progression, et sur l’accompagnement des enseignants via une formation continue renforcée. Les évaluations réalisées dans le cadre de la prochaine enquête TIMSS (2023) permettront de mesurer les effets de cette politique sur la progression des élèves français en mathématiques, qui doit être érigée au rang de priorité absolue.

Pour libérer son plein potentiel, la politique de dédoublement des classes
suppose encore :
• un effort significatif de formation des enseignants aux techniques d’enseignement de la lecture éprouvées par les projets de recherche scientifique. Plusieurs mesures ont d’ores et déjà été engagées afin de promouvoir des méthodes éprouvées par les travaux de recherche empirique. De façon générale, la création du Conseil scientifique de l’éducation nationale présidé par Stanislas Dehaene, neuroscientifique de renommée internationale et professeur au collège de France, caractérise, à l’instar des évolutions engagées par les pays les plus performants, la volonté de la France de s’appuyer désormais sur les acquis de la recherche pour concevoir les politiques publiques éducatives. Ensuite, plus particulièrement, durant ces quatre dernières années, le ministère de l’éducation nationale a mis à la disposition des professeurs des Guides présentant à la fois l’état de la recherche sur les pédagogies les plus
efficaces ainsi que des conseils pratiques et didactiques pour les mettre en œuvre. Deux guides portent sur la maternelle et trois guides portent sur l’école élémentaire. Conçus comme des outils d’aide à l’enseignement, ces guides ne se confondent pas avec les programmes scolaires et leur appréhension par les enseignants est une des clés de l’amélioration de la performance de notre système éducatif. On notera que si la priorité a été donnée durant ce quinquennat à l’apprentissage du langage et à
l’enseignement systématique et structuré de la lecture, cette démarche doit désormais se poursuivre pour l’enseignement des mathématiques ;

• que “les meilleurs enseignants” puissent être placés devant les élèves présentant les plus grandes difficultés scolaires. Or, aujourd’hui, en France, le système d’affectation des enseignants - dit “du barème” - fonctionne selon le principe de l’indifférenciation des postes.
Ce système conduit à l’affectation des enseignants débutants dans les postes perçus comme les moins attractifs, c’est-à-dire ceux situés en REP et REP+. Le système se prive ainsi d’un levier de rééquilibrage.
La promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron d’affecter en zones d’éducation prioritaire des enseignants ayant au moins trois ans d’ancienneté n’a en revanche pas été engagée. Pour autant, la politique de dédoublement des classes couplée à la revalorisation du traitement des équipes éducatives intervenant en REP + a pour conséquence une stabilisation des équipes pédagogiques. Cela devrait participer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement délivré aux
élèves scolarisés en réseau d’éducation prioritaire. Néanmoins, il semble
nécessaire de renforcer l’attribution de postes, selon la procédure dite
de “postes à profils” afin de pouvoir recruter davantage hors barème.

Une réforme dont le rapport coût-bénéfice ne peut être estimable qu’à
long terme

Le coût du dédoublement des classes était estimé à 154 millions d’euros pour la seule année 2018. Plusieurs études montrent que l’investissement consenti pour engager cette action ambitieuse, au-delà de l’aspect social, pourrait avoir des effets bénéfiques d’un point de vue économique :
• l’investissement dans la petite enfance est sans doute l’investissement le plus rentable qu’un pays puisse faire. D’une part, et selon les travaux du prix Nobel d’économie James Heckman, l’efficacité marginale de l’investissement est fortement décroissante au cours de la scolarité :
pour avoir les mêmes effets qu’un dollar investi lors de la petite enfance, il faudrait investir huit fois plus à l’âge adulte. D’autre part, un dollar investi de la naissance à cinq ans rapporterait de quatre à sept dollars, contre un à quatre dollars pour un dollar investi entre six et douze ans ;
• selon certaines études (IPP, 2017), de telles mesures éducatives deviennent rentables pour la collectivité dès lors qu’elles permettent d’augmenter le futur salaire des bénéficiaires de 1 % ;
• enfin, les coûts associés - cumulés tout au long de la vie - pour chaque décrocheur scolaire sont évalués à 230 000 euros, soit près de 30 milliards de dette contractée chaque année. La réduction de 10 % du décrochage scolaire - rendue réaliste par cette réforme ambitieuse - permettrait donc de réaliser une économie d’environ 3 milliards annuel pour la collectivité.

 

Education : l’Institut Montaigne souligne la frilosité des réformes du quinquennat
La transformation du recrutement des enseignants en zone d’éducation prioritaire, une promesse du candidat Macron, n’a pas eu lieu, relève le think tank.

A huit mois de l’élection présidentielle, quelles leçons tirer du quinquennat Macron ? L’Institut Montaigne vient de mettre en ligne une série de notes d’analyse qui dressent le bilan des réformes entreprises depuis 2017. En se fondant sur des données déjà existantes et publiques, le think tank néolibéral proche de la Macronie passe au crible les réformes du logement, de la fiscalité, de l’enseignement supérieur ou encore de la politique industrielle de l’actuel président. Sur l’école – un domaine dans lequel l’Institut Montaigne a la réputation de murmurer à l’oreille du ministre –, les résultats à quelques mois de la présidentielle révèlent que les améliorations promises peinent parfois à se faire sentir.

En poste depuis quatre ans – une longévité exceptionnelle à l’hôtel de Rochechouart –, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a été nommé juste après l’élection d’Emmanuel Macron. Leur mesure-phare est le dédoublement, amorcé dès la rentrée 2017, des classes dites « charnières » en éducation prioritaire (REP + puis REP), les CP, puis les CE1 et les grandes sections de maternelle. L’Institut Montaigne rappelle les premiers effets « encourageants » de cette réforme : la proportion d’élèves en grande difficulté s’est réduite, mais plus fortement en mathématiques qu’en français.

En revanche, la note souligne que, « pour libérer son plein potentiel », la politique de dédoublement des classes « suppose encore un effort significatif de formation des enseignants ». Et de saluer la publication de guides faisant la synthèse des dernières recherches en matière pédagogique. A ceci près que ces « petits livres orange », arrivés dans les classes dès le printemps 2018, ont parfois été mal perçus par les enseignants et les syndicats, qui y ont vu une injonction portant atteinte à la liberté pédagogique des professionnels.

« Réticence du corps enseignant »
L’Institut Montaigne désigne l’une des promesses du candidat Macron qui n’a pas été tenue, celle de transformer le recrutement pour envoyer des enseignants avec au moins trois ans d’ancienneté dans l’éducation prioritaire. Des politiques d’attractivité (notamment sous la forme de primes) ont permis de « stabiliser » les équipes des établissements les plus difficiles. Mais les enseignants les plus jeunes sont toujours envoyés vers les zones jugées les moins attractives. « Le système se prive ainsi d’un levier de rééquilibrage », fait remarquer l’auteur de la note, qui plaide pour renforcer les recrutements sur candidatures – un système de « postes à profil » qui existe déjà mais reste cantonné à des projets spécifiques.

Extrait de lemonde.fr du 12.08.21

 

Ecole : les effets encore timides du dédoublement des classes en primaire
Le dédoublement des CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire n’a pas permis d’atteindre le « 100 % de réussite au CP » promis par l’exécutif. Pour qu’il soit « pleinement efficace », il faudrait changer « en profondeur » les pratiques pédagogiques des enseignants, plaide l’Institut Montaigne dans une note.

[...] Jean-Michel Blanquer , qui s’apprête à battre le record de longévité comme ministre de l’Education, a dès 2017 mis en oeuvre le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’ éducation prioritaire , l’une des mesures phares du quinquennat. Il doit être généralisé aux grandes sections de maternelle en septembre. Chaque année, 20 % d’une classe d’âge bénéficiera désormais de cette politique, insiste le ministre.

Pourtant, « à court terme », son effet sur « l’amélioration de la performance de notre école » est « difficilement appréciable », écrit l’Institut Montaigne, think tank libéral qui a inspiré le programme éducatif d’Emmanuel Macron...

Extrait de lesechos.fr du 12.08.21

 

Bien mais peut mieux faire : l’Institut Montaigne dresse le bilan du dédoublement des classes
S’il considère que les réformes structurelles mises en œuvre par Jean-Michel Blanquer devraient avoir un effet positif à long terme, le think tank libéral estime néanmoins qu’elles n’ont pas encore libéré leur "plein potentiel".

Extrait de franceinter.fr du 11.08.21

 

Café pédagogique
@cafepedagogique
· 21h
L institut Montaigne fait un bilan très positif de la politique éducative de Blanquer https://institutmontaigne.org/publications/quinquennat-macron-le-grand-decryptage
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