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Grenelle de l’éducation : les annonces de J.-M. Blanquer (Le Café, ToutEduc)

27 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Grenelle : Une revalorisation comparable à celle de 2021 et c’est tout
"Ces changements sont des changements systémiques , c’est la désinfantilisation et la fin de l’individualisme. Notre système ne peut plus être décrit comme immobile et irréformable". Clôturant le Grenelle de l’éducation le 26 mai, JM Blanquer annonce un moment "historique". Mais la revalorisation 2022 se situe tout juste au niveau, fort modeste, de celle de 2021. Qui sera concerné, son application concrète, les contreparties à venir, seront définis en juin. Les décisions sont repoussées à juillet. Soulagement et déception.

400 millions pour un million de salariés

On attendait des décisions à l’issue d’un Grenelle de l’éducation qui avait été présenté comme le début d’un renouveau de l’Ecole. JM Blanquer n’a en fait qu’une seule annonce le 26 mai : celle d’une rallonge budgétaire de 400 millions au titre de la revalorisation du million de personnels de l’éducation nationale.

Comment cette somme sera partagée sera décidé en juillet après discussions avec les organisations syndicales. Sur les autres points, le ministre évoque 3 axes et 12 "engagements" mais qui restent tous à définir. Le ministre définit trois axes : la personnalisation, l’esprit d’équipe et l’amélioration du service public.

Le premier engagement concerne "la reconnaissance de l’engagement des personnels" autrement dit la revalorisation. En 2021, 400 millions ont été attribués. Concrètement tous les enseignants ont bénéficié de 12.50€ par mois au titre de la prime informatique. Et un tiers d’entre eux a eu davantage au titre d’une prime d’attractivité qui est allée aux plus jeunes (échelons 1 à 7). Au maximum cela correspond à 100e par mois.

En 2022 il n’y aura pas davantage. Et la répartition sera fixée avec les syndicats courant juin. Il est possible qu’une partie de cette somme aille à des mesures catégorielles, comme par exemple les directeurs d’école. Le renouvellement éventuel de leur prime de 450€ versée en 2021 reste à négocier.

A ces 400 millions s’ajouteront 100 millions correspondant à des mesures décidées en 2021 mais appliquées en 2022 et 200 millions correspondant à l’application dans l’éducation nationale d’une mesure touchant tous les agents publics : la prise en charge partielle de leur protection sociale par l’Etat. Tous les enseignants toucheront donc en 2022 les 150€ de prime informatique et 180€ de protection sociale plus éventuellement, pour une partie d’entre exu restant à définir, une prime au titre de la revalorisation.

JM Blanquer a beau proclamer cet effort "historique", on reste dans des volumes très limités pour le million d’agents du ministère. Rappelons que N Vallaud Belkacem avait obtenu une rallonge de 3 milliards pour le budget 2017 dont 814 millions pour la revalorisation des enseignants (500 millions pour les accords PPCR et 300 millions au titre de la hausse du point d’indice).

Des carrières personnalisées

Le second "engagement " ministériel et le 4ème sont proches. Le 2d concerne "la possibilité pour chacun de faire connaitre ses compétences" : il s’agit d’offrir des progressions de carrière en échange de la prise de responsabilités. Ce sont donc des mesures individuelles qui restent à définir. Le 4ème concerne la possibilité de prendre des fonctions de CPC ou de chargé de mission d’inspection ou de référent harcèlement. Toutes fonctions supplémentaires en plus du métier d’enseignant. Le troisième "engagement", "être acteur de son parcours professionnel" , consiste en une hausse des taux de promotion à l hors classe (1700 de plus) et à la classe exceptionnelle.

Renforcer le poids hiérarchique

Avec le second axe, JM Blanquer veut développer "l’esprit d’équipe" car "il y a trop d’individualisme dans notre système". En fait les mesures visent surtout à renforcer le pilotage des enseignants par les cadres.

Le 7ème engagement concerne les directeurs d’école. JM Blanquer veut "donner du pouvoir d’agir aux équipes grâce à une direction d’école consolidée". Concrètement il promet 600 emplois consacrés aux décharges des directeurs d’école. Le ministre ne s’engage pas davantage sur le reste notamment le statut du directeur. La loi Rilhac doit trouver une place dans le calendrier parlementaire. Et JM Blanquer ne s’est aps engagé à appliquer les modifications apportées par le Sénat. Il donne en exemple le Québec où les directeurs d’école sont des enseignants recrutés par les commissions scolaires pour exercer la fonction. Ce sont de vrais chefs d’établissement, parfois sur plusieurs écoles. Pour autant beaucoup quittent pour redevenir enseignant comme l’explique cet article. Et ce "modèle" semble en panne. JM Blanquer vise aussi avec le 8ème "engagement" à renforcer les pouvoirs des chefs d’établissement en promettant "plus d’autonomie aux équipes d’établissement".

Deux gadgets encadrent ces mesures. Le 5èem engagement concerne la création d’une association "Préau" qui ferait office de comité d’entreprise. Mais l’intéret d’un comité d’entreprise dépend du volume du versement patronal à son budget. Sur ce point le ministre ne donne aucun chiffre pour le million de salariés. Le 6ème consiste en une nouvelle application, appelée Colibri, qui remplacera l’antique IProf. Il y aura des changements de fond : le DGRH du ministère a promis que dorénavant les applications administratives sauront dire "bonjour"...

Améliorer les remplacements mais comment ?

Le dernier axe concerne "l’amélioration du service public" et c’est là que se nicheront les contreparties. Avec le 11èem engagement JM Blanquer veut "assurer uen continuité pédagogique efficace". Il y a un engagement précis : les chefs d’établissement devront assurer à tous les élèves le volume d’heures d’enseignement du. Ils apprécieront le cadeau car les moyens d’arriver à cela restent à définir. Le ministère parle d’heures supplémentaires pour assurer les remplacements dans le 2d degré mais cette formule testée par G de Robien n’a pas donné ses fruits. Il est question aussi d’avoir des cours en ligne pour remplacer les enseignants ou une application numérique pour mieux gérer les remplaçants.

Le ministre veut aussi améliorer la formation continue et annonce la création d’écoles academiques de formation continue probablement en lien avec Canopé. Il n’entend pourtant pas renoncer aux formations nationales qui absorbent aujourd’hui les moyens pour des formations obligatoires. JM Blanquer n’a pas reparlé des formations obligatoire sur les congés.

Au final les enseignants semblent partagés par deux sentiments. Le premier c’est le soulagement que le ministre n’ait pas pris seul de décision pour le moment et qu’il relance l’agenda social en panne depuis des mois. Le second c’est la déception devant la maigreur de la revalorisation. J M Blanquer dit se fixer comme objectif un début de carrière à 2000€ pour tous les enseignants. Mais on en est très loin et il faudrait un second quinquennat pour l’atteindre à ce rythme là. Le principal enseignement de la journée c’est l’enterrement officiel de la loi de programmation promise. C’est elle qui devait apporter une réelle revalorisation des personnels en étageant sur plusieurs années des revalorisations permettant de ramener les enseignants français au niveau des autres pays. La perspective est toujours dans la communication ministérielle. Mais elle n’est plus dans l’action gouvernementale.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 27.05.21

 

Grenelle de l’éducation : les 12 engagements du ministre
C’est "la désinfantilisation du système qui est engagée", la "fin de l’individualisme", estime Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l’Education nationale a conclu par ces mots "le Grenelle de l’éducation" et il a pris douze engagements qui ont vocation à susciter d’autres évolutions dans l’avenir.

Les quatre premiers s’organisent autour de "la personnalisation"

1 - En matière de rémunération, le ministre veut, à terme, que l’Education nationale rejoigne "le peloton de tête des pays de l’OCDE" et qu’aucun enseignant ne touche moins de 2000€ net/mois "le plus rapidement possible", mais sans s’engager à ce que cet objectif soit atteint en 2022. L’année prochaine, quelque 700 M€ supplémentaires seront consacrés à des augmentations de salaire, 100 M€ pour compléter le budget 2021 (les mesures prises étaient financées à hauteur de 400 M€, mais représentaient 500 M en année pleine, ndlr), 400 M pour des augmentations de salaire pour les débuts et les milieux de carrière, la répartition étant discutée avec les syndicats, 200 M étant consacrés à la protection sociale complémentaire (mutuelle santé) à raison de 180€ de cotisation étant prises en charge (il s’agit d’une mesure interministérielle pour l’ensemble de la fonction publique, ndlr). Le ministre souhaite que le quinquennat suivant voie la masse salariale augmenter "sur la même pente".

2 - Pour "donner à chacun la possibilité de faire connaître ses compétences et ses souhaits", le ministre évoque des promotions de grade accélérées, des taux de promotion à la hors classe accrus, un "élargissement" de l’accès à la classe exceptionnelle, mais aussi sa volonté de faciliter les mobilités, ce qui passe par la reconnaissance de leurs acquis pour ceux qui rejoignent l’Education pour une seconde carrière, mais aussi les mobilités internes, par exemple de l’enseignement général à l’enseignement professionnel ou l’inverse, ou à l’international.

3 - Les inspecteurs auront davantage une mission d’accompagnement, ce qui passe dans le 1er degré par une augmentation du nombre des conseillers pédagogiques et pour le 2nd degré par des aides administratives.

4 - Pour la protection des enseignants, sera créé dans chaque rectorat un "carré régalien" donnant des réponses très rapides aux personnels "chaque fois qu’il y a un risque, une menace", sur les thèmes des valeurs, de la radicalisation, des violences, du harcèlement. La protection fonctionnelle sera systématisée de même que l’accompagnement des personnels pour les dépôts de plainte (une mesure déjà annoncée, ndlr).

Les quatre mesures suivantes ont pour thème "l’esprit d’équipe", "ce qui permet de faire réussir, de se sentir bien", d’avoir "de véritables collectifs pédagogiques" alors que alors que "trop de choses encore cloisonnées".

5 - Pour "permettre aux personnels de bénéficier des avantages sociaux", le ministre évoque une augmentation du budget d’action sociale et "la préfiguration d’une association" offrant aux personnels des accès privilégiés à la culture, au sport..., des réductions, mais aussi un accès facilité au logement pour les jeunes enseignants.

6 - Afin de construire un lien direct avec l’administration, une "appli", déjà expérimentée dans l’académie de Lyon, sera rénovée et étendue sous le nom de "colibri".

7- Le ministre souhaite aller plus loin dans la reconnaissance du métier de directeur d’école en prenant des mesures réglementaires "d’ici à la fin juin". Il travaille à l’inscription de la loi Rilhac dans le calendrier parlementaire, mais sans pouvoir garantir qu’il y parviendra.

8 - Il souhaite également donner "plus d’autonomie" aux collèges et aux lycées. Une charte de pilotage est en train d’être refondée. Il s’agit aussi de "donner aux professeurs qui le souhaitent la possibilité d’exercer des fonctions mixtes", par exemple une part d’enseignement, une part d’appui à la direction ou de coordination,

Quatre autres engagements s’inscrivent dans l’axe "amélioration du service public"

9 - Outre l’observatoire des rémunérations, un "baromètre du bien-être au travail" sera installé au mois de juin.

10 - Les ressources humaines doivent être gérées au plus près des territoires, de l’établissement, du bassin, de l’académie, et "chaque personnel va recevoir la feuille de route RH de son académie".

11 - Afin d’assurer la continuité pédagogique, le ministre évoque des moyens accrus pour une meilleure gestion des remplacements dans le 1er degré, et, dans le 2nd degré, des heures supplémentaires pour l’encadrement des élèves, notamment par des AED ou des enseignants en formation, l’objectif étant "que tout élève ait eu à la fin de l’année toutes les heures prévues".

12 - Enfin le ministre s’engage à "faciliter l’accès à une formation continue davantage diplômante, et répondant davantage aux besoins des personnels comme à ceux de l’institution. Il prend l’exemple de la laïcité alors que l’inspecteur général honoraire Jean-Pierre Obin lui "rend maintenant ses conclusions" sur la formation à la laïcité. Il évoque la création d’ "écoles académiques de la formation continue ", le rôle de Canopé et le "mentorat par les pairs pour les néo titulaires".

Extrait de touteduc.fr du

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