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Le CNESCO fait 10 propositions pour lutter contre les ghettos scolaires, dont un plan d’urgence pour 100 collèges et un bonus à l’orientation pour les élèves

16 juin 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), qu’elle [Nathalie Mons, ndlr] préside, a présenté, lundi 15 juin, une dizaine de préconisations sur la question.

Parmi elles figure en bonne place un « plan d’urgence » consacré à 100 établissements. « Ces collèges les plus ségrégués, nous les connaissons, ce sont des lieux dévastateurs pour les apprentissages comme pour les attitudes citoyennes,explique Nathalie Mons. Il ne s’agit pas d’en donner la liste mais d’y mener, dans les années à venir, des actions simultanées en espérant changer la donne ».

En guise d’action, la sociologue évoque des ajustements de carte scolaire, le développement d’une offre de formation (scolaire, para-scolaire et périscolaire de qualité), un encadrement pédagogique attractif… le tout à lancer « en parallèle »
. « Après deux-trois ans, au terme d’une évaluation, si le collège reste enclavé, qu’il n’attire toujours pas d’élèves, il ne faut pas s’empêcher d’envisager de le fermer », dit-elle.
Ne pas s’empêcher non plus d’inclure, dans l’appareil statistique de mesure de la mixité sociale et scolaire à mettre en place « en urgence », des données sur le pays de naissance des élèves et de leurs familles - en dépassant les polémiques sur les statistiques ethniques.

Extrait de lmonde.fr du 15.06.15 : La boîte à outils pour lutter contre les ghettos scolaires

 

Pour dépasser « 40 ans d’immobilisme » des politiques publiques, le Cnesco suggère d’agir « d’urgence dans les 100 collèges les plus ségrégés » en améliorant l’offre de formation, y compris périscolaire, et en renforçant l’encadrement pédagogique.

Mais la proposition la plus novatrice consiste, pour donner une attractivité nouvelle à ces établissements, à instaurer pour certains de leurs élèves « un bonus » au moment de l’orientation. En clair, les familles qui y inscrivent leurs enfants pourraient plus facilement obtenir ensuite une place dans un lycée prisé ou dans des filières de l’enseignement supérieur demandées.

Extrait de lacroix.fr du 15.06.15 : Des pistes pour en finir avec les ghettos scolaires

 

[...] Autre enseignement [de l’étude commandée par le CNESCO] : à chaque terrain, sa boîte à outils. S’ils s’inscrivent bien dans une politique nationale, les outils de la mixité sociale à l’école (ajustements de carte scolaire, quotas d’élèves dans les établissements, transports…) doivent être adaptés aux contextes locaux car construire la mixité sociale à l’école prend des formes différentes dans la ruralité, les terrains socialement mixtes ou, au contraire, les contextes socialement ultra-ségrégués…

Formation des professionnels de l’éducation, réseau de transports et hébergements accessibles sont aussi indispensables pour rendre efficaces ces politiques dans la durée.

Mais il est surtout fondamental d’informer en développant une communication en direction des parents : une politique de mixité sociale ne fonctionnera que si les parents y adhèrent.

Extrait de leplus.nouvelobs.com du 15.06.15 : Mixité sociale à l’école. Regardons ce qui se fait à l’étranger et inspirons nous-en

 

"Engager une action d’urgence dans les 100 collèges les plus ségrégés". C’est l’appel lancé par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) qui publie le 15 juin ses préconisations. Issues d’un cheminement scientifique de grande qualité, les préconisations du Cnesco veulent rompre avec 40 années d’immobilisme face à une ségrégation sociale, scolaire et ethnique croissante dans les établissements français. Pour le Cnesco la première urgence c’est d’en finir avec les "établissements ghettos". La formule montre la volonté de cette institution officielle indépendante à "parler vrai" et à recentrer le débat éducatif sur ses vraies priorités.

L’immobilisme français mis en évidence
A l’origine de ces préconisations, le Cnesco, avec le Conseil supérieur de l’éducation du Québec et le CIEP, a mené un travail de recherche de très grande qualité. Fin mai, le Cnesco publie deux rapports de recherche. L’un d’eux, le rapport Ly- Riegert, met en évidence la ségrégation sociale dans l’école française. Il établit l’existence "d’établissements ghettos" où la ségrégation sociale et ethnique est à son maximum. Le rapport prouve aussi que la moitié des collèges établissent des classes de niveau ce qui renforce la ségrégation perçue par les élèves. Troisième point important, le rapport montre un "quasi immobilisme" depuis 40 ans pour permettre la mixité sociale. Le ministère préfère se boucher les yeux : "aucun appareil national complet de mesure statistique de la mixité sociale et scolaire n’a vu encore le jour", souligne le rapport. Le rapport montre les éffets négatifs aussi bisn sur le climat scolaire que sur les résultats des élèves de cette situation.

Face à l’immobilisme français, d’autres pays ont su réduire la ségrégation sociale. Le second rapport international a mis en évidence des politiques menées dans plusieurs pays. Le colloque international qu’a conduit le Cnesco à Paris les 4 et 5 juin a permis une rencontre exceptionnelle de chercheurs et d’acteurs. De nombreux exemples de politiques menées en Europe et en Amérique du Nord ont été donnés qui ouvrent le champ des possibles. C’ets fort de cet acquis que le Cnesco , conformément au rôle que lui donne la loi d’orientation sur l’Ecole, publie ses préconisations.

En finir avec les collèges ghettos
La première concerne les collèges ghettos. "Les 100 collèges les plus ségrégués doivent faire l’objet d’un diagnostic et d’un plan d’action visant à garantir davantage de mixités sociales et scolaire dans ces établissements", écrit le Cnesco. "Comme le montrent certains exemples réussis de déségrégation de collèges en France, des ajustements de carte scolaire doivent contribuer à diversifier socialement et scolairement les publics. Ils doivent être associés, simultanément, à une politique d’attractivité des établissements par une offre de formation, scolaire, parascolaire et périscolaire de qualité (devoirs surveillés, séjours linguistiques, équipements numériques, sportifs, par exemple) mais aussi par un encadrement pédagogique riche". Le Cnesco demande aussi que la relation avec les parent soit développée et une priorité d’accès pour ces élèves vers les lycées renommés.

Le Cnesco va plus loin que faire cette préconisation. Il annonce une action qui va faire des vagues rue de Grenelle : "le Cnesco établira, pour ces établissements, une évaluation des mesures prises en faveur de davantage de mixités sociales et scolaire, dans son rapport sur les Inégalités territoriales dans l’école française, qu’il rendra public fin 2016".

Faire de la mixité sociale un objectif pour tout nouvel établissement
"Que tout projet de construction ou de restructuration d’école primaire et de collège, porté par les collectivités territoriales, intègre un « volet mixités sociales et scolaire » explicite". Le Cnesco demande par exemple que les nouveaux lycées soient systématiquement polyvalents associant le général, le technologique et le professionnel, soigneusement mis à part dans le système français. Dans l’immédiat des fusions d’établissements anciens pourrait accélérer la déségrégation.

Autoriser les boites à outil locales
Le colloque du Cnesco a mis en évidence le fait que les politiques de mixité doivent s’adapter aux conditions locales. Le Cnesco préconise que le ministère autorise les expérimentations locales en la matière. Concrètement il préconise la refonte de la carte scolaire en créant des secteurs avec plusieurs collèges, ce que permet un décret d e2014. Mais cette refonte d ela carte suppose la collaboration des conseils départementaux. Le Cnesco reprend aussi une suggestion qui a l’aval du principal syndicat de chefs d’établissements, une refonte d ela carte scolaire tenant compte des lignes de transport pour brasser les milieux sociaux. Il envisage aussi la mise en réseau d’établissements intégrés et complémentaires, une mesure qui pourrait être propre à l’éducation nationale.

Des mesures à long terme
Le Cnesco envisage aussi le long terme en demandant une formation des enseignants aux problématiques de mixité sociale et la mise en place d’un outil de mesure de la mixité aux différents niveaux territoriaux. La Depp est en train de travailler à un outil de ce genre. Mais le Cnesco souhaite que ce nouvel outil prenne aussi en charge les résultats scolaires, le pays de naissance des élèves et de leurs parents. Enfin le Cnesco ne fait pas l’impasse sur le privé en demandant "qu’une politique budgétaire incitative" l’invite à encourager la mixité sociale. Le 17 avril, P Balmand, secrétaire général d e l’enseignement catholique, annonçait qu’il travaillait sur la question.

Le Cnjesco demande aussi "une grande campagne nationale de sensibilisation en direction du grand public" pour sensibiliser aux effets négatifs de la ségrégation. Cela renvoie à une autre idée forte du Cnesco : l’importance des parents dans la lutte contre la ségrégation. Enfin il demande un effort de recherche et annonce l’ouverture d’une plate forme numérique d’échanges sur les actions éducatives en faveur de la mixité.

Extrait de cafepedagogique.net du 16.06.15 : Ségrégation sociale à l’Ecole : Le Cnesco demande une action immédiate dans 100 collèges ghettos

 

Les préconisations du CNESCO

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