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Ajuster le métier enseignant en REP+ (compte rendu de la journée IREA par Tout Educ)

20 juin 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le colloque de l’IREA (l’institut de recherche du SGEN-CFDT), hier 18 juin avait pour thème "les ajustements professionnels de l’enseignant", une formule que Françoise Cros (professeure au CNAM) a traduite par "les postures et les relations aux collègues, aux institutions, aux parents, etc., de la personne dans l’exercice de son métier".

Et pour les décrire était présenté le futur "REP+" du collège Desnos d’Orly (Val-de-Marne) avec ses 8 écoles. Etant ZEP depuis le début de l’éducation prioritaire, classé ensuite "ambition réussite", ses personnels sont habitués à s’inscrire dans une logique de réseau et se fixent comme but "qu’il reste quelque chose d’institué" lorsque les plus anciens d’entre eux partiront, précise Patrick Gontier, l’inspecteur de la circonscription (et ancien secrétaire général de l’UNSA-éducation).

C’est dans ce cadre que les nouveaux métiers de professeur référent ont pu donner une dimension collective au travail avec les écoles, et, souligne Stéphane Reina le principal du collège, que le pilotage a pu prendre toute son importance, notamment pour le profilage des postes. Nadia Akiouche, coordinatrice du réseau a facilité les partenariats et contribué à une "culture partagée 1er et second degrés" qu’a renforcée Leïla Ibrahim, coordinatrice de discipline qui a mis en place un manuel commun de français du CM1 à la 5ème.

Du temps pour la concertation
Le temps de concertation que va donner aux enseignants le statut "REP+" va permettre de combattre "les résistances des collègues", de s’approprier un nouveau livret de compétences et de mettre en place les co-interventions de deux professeurs en français ainsi qu’une "unité pédagogique" pour des élèves allophones...
Mais, s’inquiète Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire et co-rédacteur du projet pour l’école de Terra nova, le maintien des statuts "opposés aux missions" constitue un frein au travail commun. Il estime d’ailleurs que les départs à la retraite de nombreux enseignants ces dernières années auraient pu être l’occasion pour l’Etat de faire évoluer le métier. Mais ils n’ont pas été compensés par l’arrivée massive de jeunes professeurs dont, de plus, la formation était réduite au disciplinaire. Il ajoute que rétablir l’autorité du professeur, à savoir la capacité à se faire obéir sans contrainte et sans persuasion (selon la formule d’Hannah Arendt), suppose une éthique de la justice sociale, ce qui passe par la mixité sociale.

La journée a aussi été l’occasion de souligner la nécessité pour les enseignants de s’emparer de leur part d’autonomie pour innover : l’organisation hebdomadaire du temps n’est pas une obligation, enseigner peut être un plaisir, on peut avoir une approche systémique du pilotage des établissements et mettre en relation bien-être des personnels et bien-être des élèves, construire avec ces derniers leur évaluation, développer une atmosphère de confiance, amener les élèves à s’impliquer dans leur travail... comme l’ont montré Ingrid Depaquet, coordinatrice du micro- lycée de Paris, Yann Forestier, enseignant au lycée Le Verrier de Saint-Lô et Anne Panvier, proviseur adjoint du lycée professionnel Louis Girard à Malakoff.

L’innovation ne tombe pas du ciel

Les échanges ont bien montré que l’innovation "ne tombe pas du ciel" ; elle suppose qu’on laisse du temps au temps, que le professeur référent ait toute sa place, que des chercheurs et des formateurs viennent aider les équipes... Il faudrait aussi, souligne Françoise Cros, donner une marge au local en matière d’évaluation dans un contexte de normalisation de plus en plus forte. Elle souligne pourtant que les résultats de l’enquête PISA, en faisant émerger ce qu’on attend des élèves, interrogent les enseignants.

Extrait de touteduc.fr du 19.06.14 : Les ajustements des enseignants aux réalités de terrain : quand l’innovation ne tombe pas du ciel

 

Voir aussi avec les deux mêmes intervenants : Journée OZP 2014. Atelier 3 : Du temps pour le travail en équipe et l’évolution du métier

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