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Belgique. "La remédiation scolaire : une politique du sparadrap ?", bilan d’une étude du mouvement "ChanGements pour l’égalité" (CGé) + Rapport de la fondation Roi Baudoin sur la remédiation

31 janvier 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

La remédiation scolaire : une politique du sparadrap ?
Communiqué de presse 11 janvier 2012 par CHEVALIER Anne, GROSJEAN Sandrine

La remédiation scolaire au secondaire ne permet pas de lutter contre les inégalités sociales. Même si elle permet de garder une forme de cohésion sociale autour du projet de l’École, en maintenant l’espoir chez les jeunes et leur famille, ChanGements pour l’égalité (CGé) dénonçe sa fonction d’individualisation dans le parcours scolaire. C’est la conclusion de notre étude récente menée en parallèle au rapport de la Fondation Roi Baudouin (FRB)

La politique de remédiation scolaire actuelle prétend donner à tous des chances égales de réussite et ainsi lutter contre la dualisation de l’enseignement. Mais de quoi la remédiation scolaire est-elle vraiment faite ? Permet-elle réellement de lutter contre les inégalités scolaires ? Par ailleurs, de plus en plus d’écoles de devoirs, payantes ou non, proposent d’accompagner les élèves pour faire face au travail scolaire et cela dès l’école primaire. L’externalisation de la réussite scolaire est-elle devenue la norme ? L’École n’a-telle pas la capacité d’assumer son objectif essentiel : faire apprendre tous les élèves ?

En première analyse, nous rejoignons le constat de la FRB : au sein des écoles, de nombreux enseignants déploient de la créativité et de l’énergie au service des élèves en difficulté. Le travail de remédiation a une valeur certaine au niveau du maintien ou de la restauration de la motivation des élèves.

Mais en deuxième analyse, les discours que nous avons entendus, pointent la motivation, la responsabilité et l’autonomie de l’élève ainsi que la qualité de la relation pédagogique comme conditions nécessaires à la remédiation. Tous ces éléments, malgré leur pertinence, convergent pour forger une responsabilité individuelle de la réussite ou de l’échec et peuvent conduire à des sentiments d’impuissance ou de culpabilité.

CGé dénonce des pratiques de remédiation qui posent comme prérequis, des attitudes qui devraient être les objectifs mêmes du travail de remédiation. Ceci a pour conséquence de rendre la remédiation principalement accesseible aux élèves au capital culturel et social fourni. Par contre, les élèves issus de milieux moins favorisés risquent de ne pas en profiter faute de comprendre les apports, les attentes et les enjeux du système.

Pour lutter contre les inégalités, CGé insiste sur la nécessité de collectiviser la responsabilité des apprentissages. Nous voulons renforcer le travail d’équipe des enseignants particulièrement au premier degré et revoir radicalement la place de ce degré en lien avec l’enseignement primaire. Nous voulons renforcer les pratiques pédagogiques qui permettent aux élèves de collaborer et de se renforcer comme les membres d’une chorale et non comme les candidats de la star’Ac. Les questions posées par la remédiation au secondaire renvoient à l’urgence et l’importance de mettre tout en œuvre pour que tous puissent entrer dans les apprentissages scolaires dès le fondamental.

Anne Chevalier, secrétaire générale CGé
Sandrine Grosjean, coordinatrice de l’étude Remédiation

Extrait du site CGé du 11.01.2012 : La remédiation scolaire - une politique du sparadrap ? Par Sandrine GROSJEAN

&nbsp :

ETUDE 2011 - Remédiation (57 pages)

 

"La remédiation scolaire en Communauté française. Quelles pratiques en vue de réduire l’échec scolaire ?"
48 écoles de la Communauté française échangent des expériences et se concertent sur une remédiation efficace (2011)

Contenu : La nécessité d’une meilleure remédiation scolaire est partagée par l’ensemble des acteurs de l’enseignement. Elle peut être un moyen efficace de lutte contre l’échec scolaire, plus juste socialement que nombre de dispositifs commerciaux développés en dehors de l’école.
De nombreuses écoles organisent la remédiation. Durant l’année scolaire 2010-2011, la Fondation Roi Baudouin a initié un programme unique d’échange entre 48 établissements d’enseignement secondaire de la Communauté française afin de repérer les pratiques qui rendent efficace la remédiation scolaire et réduisent l’échec.
Ce rapport est un inventaire des initiatives prises sur le terrain en matière de remédiation scolaire et typologie des différentes prises en charge. Il propose également une synthèse des réflexions sur les éléments constitutifs d’une remédiation efficace, en écartant les pratiques inadaptées et en attirant l’attention sur les risques inhérents à la remédiation.
Ce document rend compte du travail d’élaboration de pistes d’actions qui a été effectué en vue d’améliorer l’efficacité et la pertinence de la remédiation scolaire.

Lire le rapport de la Fondation Roi Baudoin

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