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J.-M. Blanquer devant l’Assemblée nationale : instruction en famille, refus de scolarisation par les maires et mixité sociale (Le Café, ToutEduc et twitt d’Anne-Christine Lang, députée Lrem de Paris)

18 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additifs du 18.12.20 l’après-midi (sur Twitter)

⁦‪@cafepedagogique‬⁩
⁦‪@AChristine_Lang‬⁩ ⁦‪@associationozp‬⁩ c’est tout a fait à votre honneur. Mais cela n’a débouché sur aucune contrainte pour les maires. Rien n’a changé sur le terrain depuis Chilly Mazarin… Vous décrédibilisez vos actions positives c’est dommage
18/12/2020 14:26

 

Anne-Christine Lang [députée Lrem de Paris]
@AChristine_Lang
En réponse à @cafepedagogique et @associationozp
Ce que vous dites n’est pas exact.
Dans la loi Blanquer nous avons porté un amendement sur l’obligation pour les Maires d’inscrire à l’école tous les enfants résidant dans leur commune. Cet amendement a reçu un avis favorable du gouv et a été voté.
C’est désormais la loi.

 

Loi séparatisme : La question sociale finit par remonter
Intéressant débat devant la commission spéciale de l’Assemblée nationale chargé d’examiner le projet de loi séparatisme , devenu "projet de loi confortant le respect des principes de la République". Si JM Blanquer s’en est pris assez violemment aux députés de l’opposition c’est que des critiques se font entendre d’un peu partout sur le texte. Le ministre a du annoncer un amendement sur la généralisation d’un identifiant des enfants, une mesure qui pourrait avoir un impact social.

Quand JM Blanquer démonte involontairement la loi...

"Comment articuler l’article 1 de la loi (sur la neutralité obligatoire des services publics faits par des entreprises privées) et le caractère propre des établissements privés", demande le député centriste Charles de Courson. "Vous limitez l’autorisation de l’instruction en famille à des "situations particulières". Mais c’est quoi une situation particulière ? Combien d’’enfants éduqués en famille sont devenus séparatistes ou terroristes ?", demande t-encore. En quelques questions le bel exposé ministériel sur la loi séparatisme a volé en éclats.

Charles de Courson n’a pas été seul à participer au démontage de la loi. JM Blanquer y a mis involontairement la main. Quand on lui demande de montrer l’utilité de l’article 18 qui crée un délit de menace sur un agent public, il explique qu’un parent d’élève est en prison après avoir menacé un professeur suite à la cérémonie pour S Paty. Il démontre ainsi que cet article est inutile !

Une avancée sur la question sociale de la scolarisation obligatoire

Les critiques sont venues aussi bien de la droite que de la gauche et même parfois de la majorité. A droite comme à gauche on défend la liberté de l’instruction en famille. Mais les interventions se sont focalisées sur les failles de la scolarisation. Avant d’être prise à parti par JM Blanquer, la députée socialiste Cécile Untermeier montre qu’on ne pourra pas controler les enfants instruits secrètement sans identifier les enfants.

C’était une recommandation de la mission Brugnera (LREM) et Pau-Langevin qui n’a pas été retenue. Anne Brugenra le rappelle d’ailleurs dans cette réunion. Mais veiller à identifier tous les enfants en âge d’aller à l’école, comme la loi l’exige, c’est donner la possibilité aux enfants très pauvres d’aller à l’école alors que beaucoup de maires leur refusent la scolarisation. Des associations chiffrent leur nombre à 100 000 enfants. On a là le vrai enjeu de la scolarisation obligatoire.

Finalement le ministre déclare "qu’il est possible qu’il propose un amendement gouvernement" en ce sens. Un identifiant pourrait être crée à partir des fichiers de la Caisse d’allocation familiale. Il sera intéressant de voir si cette mesure voit réellement le jour. elle aurait des conséquences sur le budget de l’éducation nationale mais aussi dans les municipalités. Jusque là le ministre ne ’est pas battu pour faire appliquer le droit à la scolarisation.

Mais pas sur la mixité sociale

JM Blanquer a aussi été interrogé sur la mixité sociale dans les établissements scolaires. "On ne peut pas faire l’impasse sur la promesse d’égalité des chances" a dit AC Lang (LREM). "Je plaide pour un grand plan des collèges adossé à un texte prévoyant la fermeture de certains collèges ségrégés et leur reconstruction avec un objectif de mixité sociale". JM BLanquer lui répond en expliquant que ce qui compte c’est "le projet éducatif et le climat scolaire". La route sera longue pour le grand plan des collèges...

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 18.12.20

 

Instruction en famille : "On peut enrichir le texte" du projet de loi (Jean-Michel Blanquer)

"On peut enrichir le texte" de l’article 21 relatif aux dispositions relatives à l’instruction en famille, a affirmé Jean-Michel Blanquer, hier 17 décembre aux députés qui l’entendaient sur le projet de loi "confortant le respect des principes de la République". Le ministre de l’Education nationale a affirmé "un principe simple", "tout enfant va à l’école", et un "concept directeur", l’intérêt supérieur de l’enfant et son droit "à une éducation complète". Il ne s’agit pas "de supprimer l’ensemble de l’instruction en famille", mais de "l’encadrer", alors que, jusqu’à présent, nous étions dans "une forme d’anarchie" que les phénomènes de société actuels ne permettent plus. Il confirme d’ailleurs, par exemple, qu’un enfant harcelé peut être retiré de l’école par sa famille "en urgence", puisque c’est son intérêt.

Il n’exclut pas le dépôt d’un amendement gouvernemental qui prévoirait qu’un enfant instruit en famille soit inscrit administrativement dans l’école la plus proche de façon à entretenir "un lien organique" avec l’institution. Il serait d’ailleurs possible d’organiser une fois par an un rassemblement de tous les enfants inscrits dans une école, par exemple pour leur parler des valeurs de la République. D’autre part, les CAF pourraient transmettre aux maires l’identité de tous les enfants dont elles ont connaissance de façon, de façon à ce que tous puissent recevoir un identifiant et être suivis.

Interrogé sur le contrôle des enfants instruits dans leur famille, le ministre évoque son renforcement : "nous allons franchir un cran", affirme-t-il. S’agissant des établissements hors-contrat, il indique que la dernière session du baccalauréat avec présentation des livrets scolaires avait permis de constater que certains fonctionnaient "normalement", tandis que d’autres étaient "en dehors des clous", et il envisage d’avoir "des éléments de reconnaissance" qui facilitent le distinguo.

Interrogé sur la mixité sociale, le ministre fait valoir que ce qui compte "avant tout" pour un établissement du 2nd degré est "son projet" et le travail sur "le climat scolaire" qui permet de "recréer de l’attractivité". Il évoque le rôle que jouera dans ce domaine le Conseil d’évaluation de l’école. Il condamne par ailleurs les enseignants qui respectent certes le principe de neutralité religieuse, mais pas le principe de neutralité politique et qui "rendent certains endroits peu attractifs", les parents n’ayant pas envie d’envoyer leurs enfants là "où on essaie de les endoctriner". Il vise implicitement mais très clairement l’influence de La France insoumise.

A noter encore que, pour lui, l’article 18 (relatif à la révélation d’informations permettant d’identifier une personne dans le but de l’exposer à "un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique", punie de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, peines alourdies "lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public") ne concerne pas seulement les forces de l’ordre mais aussi les enseignants. Un père d’élève qui a menacé enseignant est actuellement en prison, a-t-il révélé.

La vidéo ici

Le projet de loi ici (PDF)

Extrait de touteduc.fr du 18.12.20

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