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"Le pilotage et la coordination d’une ZEP : l’exemple de Metz-Borny", dans "Education et Formations" (octobre-décembre 2001)

13 mai 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

LE PILOTAGE ET LA COORDINATION D’UNE ZEP : L’EXEMPLE DE METZ-BORNY

Ce texte est extrait du numéro 61 (octobre-décembre 2001) de la revue Education et Formations : Le pilotage de l’éducation prioritaire

 

Introduction de la rédaction de la revue :
"Le pilotage de l’éducation prioritaire est abordé à partir de quatre entrées :

- le pilotage national par la direction de l’enseignement scolaire (DESCO) au ministère de l’Éducation nationale, par Jean-Claude Emin ;
- les indicateurs communs de pilotage (ICoTEP), mis à la disposition des acteurs de terrain, par Françoise Oeuvrard ;
- un exemple de dispositif de pilotage mis en place dans une académie, celle de Montpellier, par Jean-Luc Cousquer ;
- enfin, le rôle des coordonnateurs de ZEP, décrit à travers l’exemple de l’élaboration du contrat de réussite du ZEP-REP (zone d’éducation prioritaire-réseau d’éducation prioritaire) de Metz-Borny, par Jean-François Schmitt.

 

Un quartier prioritaire
dans tous les sens du terme

Ensemble de 20 000 habitants, situé dans la périphérie
de la ville de Metz, classé zone franche au titre de la
politique de la ville et retenu depuis juillet 2000 dans le
cadre des grands projets de ville (GPV), émanation des
nouveaux contrats de ville (2000-2006),voilà pour le paysage
socio-économique et culturel dans lequel évoluent
les quelques 300 enseignants et 4 000 élèves des écoles et
établissements de l’éducation prioritaire du quartier. Un
collège et douze écoles sont dans la ZEP et un collège, un
lycée professionnel et quatre écoles sont en REP.


Vous avez dit contrat ?

Contrat de ville, contrat local de sécurité, contrat
éducatif local, contrat de réussite... l’heure semble à la
contractualisation tous azimuts,mêmesi à l’évidence de
nombreuses passerelles relient ces dispositifs dont l’objectif
commun est une meilleure prise en charge par et
pour la population elle-même des multiples difficultés
inhérentes au quartier. Dans cette optique, l’éducation
prioritaire assume bien entendu un rôle fondamental
tant à travers le contrat de réussite dont elle reste le
maître d’oeuvre que par le contrat éducatif local dont elle
constitue le partenaire privilégié, deux éléments associés
pour donner corps au volet éducation du contrat ville en
général et du GPV en particulier.
Autre volet du contrat, le contrat local de sécurité
(CLS), quant à lui, pourra s’appuyer sur les travaux du
groupe local de sécurité (GLS), autre instance de l’éducation
prioritaire réunissant l’ensemble des partenaires
concernés par les questions relatives à la sécurité et à la
prévention dans l’école et son environnement immédiat
d’une part, et sur la réflexion du comité d’éducation à la
santé et à la citoyenneté (CESC) en matière de prévention
santé et citoyenneté d’autre part.

Un pilotage cohérent

Si l’articulation cohérente de tous ces dispositifs paraît
indispensable, elle ne devient effective qu’à travers
un pilotage efficace dont la principale difficulté consiste
à adapter en permanence l’intention du discours, si
noble soit-elle, à la réalité du terrain.
Information, concertation, mise en cohérence et
évaluations des actions, régulation, négociation et gestion
des moyens, relations avec l’ensemble de la communauté
éducative et avec les partenaires de l’école,
telles sont les multiples tâches ou défis auxquels se
trouve confrontée l’équipe de pilotage du ZEP-REP au
sein de laquelle le coordonnateur s’affirme alors comme
un élément incontournable. Sous le contrôle du responsable
de zone, il s’évertue à tout mettre en oeuvre pour
contribuer au développement des dispositifs cités
précédemment.


Coordonnateur : un rôle-clé

Illustration de ce rôle à travers les multiples péripéties
ayant émaillé les différentes phases de l’élaboration
du contrat de réussite à Metz-Borny au cours desquelles
le rôle du coordonnateur a consisté successivement à :
- rassembler, convoquer et animer les nombreuses
réunions préparatoires à l’élaboration du contrat ;
- assurer la rédaction du document final ;
- recenser et présenter les actions liées aux objectifs
du contrat de réussite nécessitant l’attribution de
moyens spécifiques ;
- participer à la négociation des moyens nécessaires
à la mise en oeuvre des actions avec les autorités
académiques, puis remettre en phase ces moyens avec
les besoins exprimés sur le terrain ;
- préparer et animer le conseil de réseau au cours duquel
le contrat de réussite a été présenté à l’ensemble
des partenaires institutionnels et associatifs, des élus,
des parents d’élèves, compléter le cas échéant l’information
de ces partenaires ;
- négocier avec les collègues du premier degré
l’acceptation de modifications souhaitées dans un
second temps à la fois par certains partenaires et par
l’autorité hiérarchique, malgré leurs réticences, voire
leurs espoirs déçus... ;
- présenter et expliquer la version modifiée au cours
d’un second conseil de réseau avant signature par
l’ensemble des partenaires impliqués à divers titres
dans le dit contrat.

À l’issue de ce parcours parsemé d’obstacles, mené à
bien, on peut affirmer, sans conteste, que pour le coordonnateur
les principaux atouts ont été :
- son identification à l’ensemble de la communauté
éducative en tant que collègue et non comme représentant
de la hiérarchie administrative ;
- la qualité des relations partenariales développées
tout au long des 18 années de pratique active de la
ZEP ;
- une bonne connaissance de l’École et de son environnement
dans le quartier et des multiples acteurs et
de leur champ d’action ;
- le fait d’avoir toujours associé les acteurs de ter -
rain à la réflexion en privilégiant le dialogue et la
concertation ;
- une mission clairement définie au niveau départemental
et des conditions d’exercice permettant de se
consacrer pleinement à sa tâche : installation auprès
du responsable, décharge totale de service, moyens de
fonctionnement, réunions départementales régulières
des coordonnateurs, pilotage par une mission départementale
ZEP.

Il faut ajouter que cette période fertile en rebondissements
a malgré tout permis de mettre en place,
outre une réflexion effective sur les conditions de
réussite des élèves, une véritable liaison inter-degrés de
la maternelle au lycée, sur des projets communs, d’ouvrir
davantage l’École sur son environnement au niveau
du collège et du lycée : actions d’insertion, conventions
partenariales...

Par ailleurs, il serait réducteur d’imaginer que
l’action du coordonnateur puisse se limiter à l’élaboration
et au suivi du contrat de réussite bien qu’il en soit
le catalyseur principal, en ce sens qu’il représente le
lien essentiel entre tous les partenaires impliqués dans
ce contrat. Il faut y ajouter les nombreuses sollicitations
relatives à la mise en place d’autres dispositifs
existant dans ce type de quartier. Le coordonnateur se
transforme alors en personne ressource pour toutes
sortes de diagnostics, recensement ou analyse préalable
en tant qu’interlocuteur commun à toutes les écoles et
collèges du quartier et aux associations intervenant dans
le domaine périscolaire. Jouissant de la confiance du
plus grand nombre, il est à même de tout entendre et par
sa participation aux conseils d’école ou d’administration,
d’informer ou d’être informé en temps réel sur
l’évolution de l’ensemble des dispositifs développés dans
le cadre ou en lien avec l’éducation prioritaire.

Jean François SCHMITT
Coordonnateur de la ZEP-REP
de Metz-Borny-Hauts de Blémont

 

Le contrat de réussite du REP-ZEP de Metz-Borny
Le contrat peut se résumer ainsi :

- trois axes prioritaires : maîtrise de la langue orale et écrite, lutte contre l’échec scolaire, éducation à la citoyenneté ;

- de multiples actions déclinées de la maternelle au lycée incluant selon les cas des dimensions d’apprentissage,
d’éducation de culture ou d’insertion, en particulier des liaisons inter-cycles ou inter-degrés bâties sur des activités supports
telles que la rencontre autour d’albums (grande section/CP), un Défi lecture (CM2/sixième), l’exploitation des
évaluations, une harmonisation des programmations, un travail d’orientation (collège/LP), partenariats avec les associations
et l’université (accompagnement scolaire, technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement
[TICE], langues vivantes) ;

- une analyse des besoins exprimés en lien avec ces actions : la création d’une classe d’intégration scolaire (CLIS)
pour l’intégration, des équipements TICE. le renforcement des bibliothèques centres documentaires (BCD), les formations
continues adaptées et inter-degrés, des sorties pédagogiques ;

-l’engagement des équipes enseignantes à favoriser tous les partenariats (parents, associations, collectivités territoriales),
à travailler en équipe, mais aussi l’engagement des autorités académiques à répondre aux besoins exprimés et
à accompagner la mise en oeuvre du contrat, et celui des partenaires à maintenir les moyens nécessaires et à réaliser un partenariat efficace.

Dans ce contrat, le rôle du coordonnateur est :
- un rôle administratif de relais d’information à tous les niveaux, d’impulsion et de régulation, de rédacteur, de participation
à la négociation et à la gestion des moyens ;
- de liaison avec l’ensemble des partenaires ;
- d’animateur pédagogique aidant à l’élaboration et à la mise en oeuvre d’actions, coordonnant les actions inter-cycles et inter-degrés, animant les commissions thématiques transversales.

 

Lire le numéro complet d’Education et Formations intitulé "Le pilotage de l’éducation prioritaire"

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